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Le Canada et le Mexique présentent un front (à peu près) uni pour le réexamen de l’ACEUM

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Le Canada et le Mexique disent vouloir présenter un front uni dans leur défense de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) face aux États-Unis, mais non sans avancer, parfois, en ordre dispersé.

De passage au Canada à la tête d’une mission commerciale qui s’est d’abord arrêtée à Toronto, le ministre mexicain de l’Économie, Marcelo Ebrard, et son hôte, le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, ont réitéré, vendredi, à Montréal, leur intention commune de défendre bec et ongles l’accord commercial trilatéral qui lie leurs deux pays à leur voisin américain.

Les deux hommes étaient les invités du Conseil des relations internationales de Montréal pour une conférence sous forme d’échange sur la scène dont le thème était « Deux puissances moyennes face au géant américain ». Ils y ont relevé « la situation très spéciale et difficile » dans laquelle leur voisin commun les a placés il y a un peu plus d’un an. Ils y ont parlé d’amitié et de resserrement des liens entre les deux pays. Et ils y ont traité de leurs priorités dans le cadre du réexamen de l’ACEUM.

On essaiera, bien sûr, de convaincre les Américains de lever leurs tarifs sectoriels, par exemple dans les secteurs de l’acier, de l’aluminium et de l’automobile, a expliqué le Mexicain. Mais « le point de départ », « l’objectif principal », sera de maintenir, autant que faire se peut, l’accord tel qu’il a été conclu en 2018, avec Donald Trump lui-même.

Trop dépendant de qui ?

Il y va, a-t-il fait valoir, des intérêts économiques non seulement du Mexique ou du Canada, mais aussi des États-Unis, ainsi que de la compétitivité de l’Amérique du Nord dans un monde en transformation économique et géopolitique rapide. Le ministre Ebrard voudrait d’ailleurs que les trois pays en profitent pour commencer à réfléchir à comment ils pourraient être encore plus forts ensemble, notamment à la réduction de leur dépendance à l’égard des pays de l’Asie en matière, par exemple, de produits pharmaceutiques et électroniques.

Dominic LeBlanc a repris, presque mot à mot, les mêmes arguments. Il a indiqué, à son tour, qu’on devrait apprendre à faire face à la concurrence de « certains pays asiatiques » et « de pays qui ne sont pas des économies de marché ». Mais quant à la dépendance économique, il a d’abord parlé « d’être moins dépendant, moins tributaire d’un certain partenaire commercial auquel on pense, mais d’autres aussi ».

Plus tard, lors d’un point de presse, Dominic LeBlanc a rappelé la promesse du premier ministre canadien, Mark Carney, de doubler les échanges commerciaux du Canada avec des pays autres que les États-Unis. Il ne voyait toutefois pas de divergence de point de vue entre cet objectif et celui du Mexique de réduire sa dépendance et celle de l’Amérique du Nord à l’égard de l’Asie notamment par le resserrement des liens régionaux.

Négociations à vitesses variables

Le ministre canadien ne fait pas de cas non plus du fait que les négociations entre le Mexique et les États-Unis sur le réexamen de l’ACEUM doivent officiellement commencer dans deux semaines pendant que le Canada se fait accuser par certains, à Washington et à Ottawa, de se traîner volontairement les pieds dans l’espoir que le temps joue en sa faveur. « Les Américains ne pensent pas que nous nous traînons les pieds, a déclaré aux journalistes Dominic LeBlanc. Ils savent que nous sommes prêts. »

Marcelo Ebrard n’a pas voulu se mêler de la façon dont le Canada mène ses négociations avec les États-Unis. « Nous allons donc commencer nos échanges bientôt. Et je suis convaincu que, à un moment donné, le Canada va nous rejoindre dans ces échanges. »

Les deux hommes ont dit qu’il était normal qu’une partie des négociations se fasse sur une base bilatérale, pour tenir compte des spécificités des relations entre les trois pays. Mais que ces démarches ne devaient d’aucune façon remettre en cause la nature profonde de leur ménage à trois. « Ce serait trop coûteux » de faire autrement et « il faudrait trop de temps », a déclaré le ministre mexicain.

Optimiste

Somme toute, ces négociations commerciales s’annoncent plutôt bien finalement, pense-t-il. « Il y a un an, j’étais plus pessimiste. Mais aujourd’hui, le Mexique et le Canada se trouvent dans une meilleure position et devraient être optimistes quant au renouvellement de l’ACEUM. »

C’est que « la réalité fait son œuvre », dit Marcelo Ebrard, et qu’il est de plus en plus difficile de nier — y compris à Washington — l’intérêt que les trois pays ont à entretenir leurs liens économiques. « Ce sera beaucoup de travail. Ça ne se fera pas sans difficultés, sans incertitude, sans surprises. Mais je crois qu’on peut faire face à cela. »

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