NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
6 octobre. Dans une note publiée ce samedi 3 octobre, Jean-Luc Mélenchon livre une analyse sur les événements actuels, un cadrage pour comprendre le réel et organiser l’action. Il montre que le 6 octobre sera le point de ralliement, un point de départ d’une nouvelle série pour en finir avec un système à l’agonie. L’Insoumission […]
6 octobre. Dans une note publiée ce samedi 3 octobre, Jean-Luc Mélenchon livre une analyse sur les événements actuels, un cadrage pour comprendre le réel et organiser l’action. Il montre que le 6 octobre sera le point de ralliement, un point de départ d’une nouvelle série pour en finir avec un système à l’agonie. L’Insoumission relaye son analyse dans ses colonnes.
Comprendre les évènements actuels
Aucune méthode rationnelle de réponse à la situation dix jours après le début des événements lycéens ! Le gouvernement s’enlise dans un absurde discours anti-LFI et compte sur le déchaînement des violences policières sur le terrain pour lui offrir les images dont il a besoin. Le larbinage médiatique suit. Une statistique parmi d’autres, celle du journal télévisé de France 2, certainement le plus caricatural du PAF avec celui de BFM. 75 % du temps sur les dégâts et 8 % sur les revendications.
Télés et radios se sont faits aussi un devoir de relayer la « question posée » de la dissolution de notre mouvement. BFM a interrogé sur le sujet tous ceux qui passaient sur ses plateaux. On comprend quelle ambiance il s’agit de créer. Ceux qui nous accusent de « récupérer » se sont saisis des événements pour récupérer une possibilité de discréditer LFI dans la campagne présidentielle. Le Pen a saisi la balle au bond : « l’ordre doit être rétabli », a-t-elle claironné.
Les « partis de l’ordre » vont fleurir. Ils sont la nouvelle étape de la décomposition de la sphère politique française. La mode Trump-Bolsonaro-Milei entre en Europe. RN en France, AfD en Allemagne : le tableau se construit. La droite traditionnelle coule. Retailleau en est réduit à parler de moi pour qu’on parle de lui. Mais, bien sûr, il y a surtout la résistance des sociétés agressées par les politiques libérales.
Ce résumé tient lieu de cadrage des événements actuels, sans entrer dans leurs détails pourtant tous essentiels, car la façon dont le réel se déploie est décisive pour organiser l’action. C’est à ce propos que je veux proposer ici un regard explicatif.
L’indignation contre les violences de la répression alimente une nouvelle dynamique
La nonchalance du gouvernement, et du ministre de l’Éducation en particulier, est suspecte. Elle a produit dix jours de mobilisation sans réponse. Il est vrai qu’il n’existe aucune expérience personnelle, dans ce gouvernement, de la gestion des crises de la jeunesse et de leur caractère singulier au pays de Mai 68. Résultat, pour l’heure : un certain enlisement et la multiplication des face-à-face jeunesse-police. Du coup, à cette heure, l’indignation contre les violences de la répression alimente une nouvelle dynamique.
Elle s’étend dans tous les compartiments de la société. En atteste le communiqué du Syndicat de la magistrature, qui la dénonce à son tour. Le gouvernement a tout de suite visé LFI comme le diable de confort. Mal lui en a pris. Cela nous a valu une surcote considérable dans les lycées, alors que nous étions déjà bien reçus partout. Mais comment cela s’est-il mis en place ?
Les Insoumis ont partie liée à ce mouvement parce qu’il a commencé à Créteil, dans une circonscription et dans un département où les Insoumis sont nombreux, influents et organisés. Il s’agit de la circonscription de Clémence Guetté. Le lien interne s’est immédiatement mis en place, car c’est aussi le département de Louis Boyard, député référent de la jeunesse au groupe parlementaire dont la présidente, Mathilde Panot, est également une députée du département.
Ici une caractéristique nouvelle. Dans le passé, les lycées se mettaient d’abord en mouvement dans les beaux quartiers. Ici, ce sont les banlieues les premières engagées. Les beaux quartiers sont arrivés en dernier. Le déploiement insoumis s’est donc opéré spontanément partout, puisque c’était sur les territoires insoumis. Il a été relayé aussitôt par les réseaux sociaux et les appels des jeunes, de leurs parents ou de leurs enseignants, pour solliciter la présence des députés insoumis dans tout le pays, en protection des jeunes. Comme d’habitude, nous avons été les seuls politiques sur place devant les lycées, donc seuls à devoir organiser la protection des jeunes.
Cette question est devenue notre principal objectif, compte tenu de ce que nous observions sur le terrain. Non seulement la violence des gazages et tirs, mais les actes d’insubordination de policiers n’obéissant pas aux consignes des commissaires quand nous les avions négociées pour calmer les situations. C’est sur cet objectif de protection que nous nous sommes organisés en responsabilité. Nous savions qu’en le faisant, nous rompions l’encerclement des lycéens voulu par l’officialité médiatique hostile et la police. Sur place, les professeurs et les membres des équipes éducatives ont immédiatement bien reçu le renfort de parents et de militants s’interposant entre eux et la police.
Depuis, ce sont les syndicats et les militants de toute la gauche qui constituent des chaînes de protection et s’interposent comme nous l’avions proposé. Et, dès le début, il a été clair que le gouvernement ou bien ne savait que faire, ou bien jouait le pourrissement. Pourquoi ? Il a agi surtout dans l’espoir de transformer le problème des lycéens en problème sécuritaire, faute de pouvoir mettre la main à la poche pour répondre aux revendications. Depuis lundi, ce sont plus de cinq mille interpellations.
Davantage qu’au plus fort de mai 1968. Et Nuñez s’en vante. Cela a bien aidé à rassembler contre sa politique. Il ne faut pas perdre de vue le moment où tout cela arrive : le projet de budget de l’État est désormais déposé. On connaît sa mécanique parlementaire. Elle conduit au 49.3 et à la censure du gouvernement. Désormais donc, sur la scène politique, la gestion burlesque du temps politique par le gouvernement a réussi à faire coïncider ces deux séries d’événements : un soulèvement de la jeunesse et la discussion du budget qui la concerne… Alors, le tableau s’est encore métamorphosé en peu de temps.
Structuration et jonction des mouvements
Une première étape de structuration a été franchie avec la tenue d’une coordination organisée des lycéens. Elle s’est mise en place en milieu de semaine. Elle a conduit à un appel commun des syndicats de lycéens en vue d’une manifestation le 6 octobre. Un premier pas décisif était ainsi fait. Le paysage pouvait aussitôt se redessiner plus largement autour de ce rendez-vous. Et alors sont intervenues deux modifications essentielles dans le rapport de force.
Tandis que le gouvernement s’enfonçait avec toute sa presse dans le ciblage de LFI et de ses « proxys de l’ultragauche » selon le vocabulaire réservé jusque là à l’Iran, le tableau se transformait. D’abord, ce sont les jeunes des universités entrant dans la lutte aux côtés des lycéens. Des assemblées étudiantes très nombreuses se sont réunies et ont décidé l’appel à la mobilisation du 6 aux côtés des lycéens. Tous les syndicats étudiants ont emboîté la démarche, inclue la FAGE, inhabituelle dans cet exercice. Cette jonction sous cette forme et dans cet ordre est une première dans l’histoire des mouvements de jeunesse en France. On en était là.
Vinrent alors les appels de tous les syndicats de l’enseignement. Six appellent ensemble à la grève et à la manifestation du 6 octobre. Un événement que cette jonction des personnels et des jeunes. Puis à mesure que se multipliaient les violences policières et l’acharnement médiatique en continu, chacun compris mieux ce qui était désormais en cause. La décision des confédérations syndicales fut prise et elle a changé de fond en comble le rapport de force. Elles appelèrent à la protection des jeunes et à la solidarité avec leurs revendications. De là, vint quasi aussitôt une initiative de la CGT proposant une intersyndicale. Et celle-ci de lancer à son tour un appel à la manifestation du 6 octobre.
La CGT est entrée vigoureusement en mouvement. Elle a ouvert ses locaux aux jeunes, proposé le dépôt par ses soins des parcours de manifestation, organisé le renfort décisif pour la protection des jeunes. Sur le terrain, des cortèges de salariés se sont formés en direction des lycées pour assurer cette protection comme au Havre. Partout, le signal est donné de la jonction des forces.
Ainsi, à Nantes, on voit un appel à soutien des jeunes signé par toutes les organisations politiques de gauche, de Place Publique de Glucksmann au POI de Jérôme Legavre. Cet exemple illustre un état d’esprit. Personne ne rejoint la campagne de la macronie contre LFI. Le contraire de la situation des révoltes urbaines dans l’affaire Nahel. L’isolement de LFI est rompu. La conjonction des syndicats de salariés avec le mouvement de jeunesse et de l’opposition parlementaire de gauche fonde une protection mutuelle en tortue et rend possible une dynamique d’ensemble.
La presse du 2 octobre est une caricature de la traditionnelle mobilisation de la réaction en France. Sauf « l’Humanité » fidèle dans son soutien aux luttes populaires, tout le reste est fait d’images d’incendie ou de comportement juvénile volontairement outré par les photographes à gages. Les insultes contre LFI et contre moi, personnellement, sont dans toutes les colonnes et les bandeaux de l’information en continu au milieu des images à charge. Du point de vue de l’information, c’est une déchéance consommée.
Du point de vue de la conquête des esprits, c’est pour nous une aubaine. D’abord, parce qu’elle réanime la culture d’hostilité contre la presse des milliardaires. Ensuite, parce qu’elle creuse l’écart entre le ressenti et l’image rendue pour des milliers de familles auxquelles leurs jeunes racontent la réalité.
D’où les 61 % d’opinions favorables au mouvement détectés par un sondage peu commenté. Un robuste dégagisme politique s’alimente à cette source. Le retournement de la première impression va faire son chemin. Bientôt les zélés de la répression vont être aussi marginalisés que les négationnistes du génocide à Gaza. Filmer des poubelles qui brûlent et cacher les violences policières va devenir une ignominie comparable. Les charges à cheval, les éborgnements, les gens roués de coups, tout cela est nié. Mais tout cela existe.
Les témoins sont là. La mémoire retiendra la sale besogne d’invisibilisation accomplie par ces soi-disant moyens d’information. Car pendant ce temps des millions de vues de vidéos circulent dans la jeunesse et sur tous les réseaux sociaux qui racontent une réalité bien plus crédible et contagieuse. Le temps du bourrage de crâne ne fonctionne plus que pour une minorité rivée à son poste de télé.
Le 6 octobre, un point de ralliement général
Le 6 octobre est un point de ralliement général, un point de départ. Cette date ouvre une série à coup sûr. Le 17 octobre est dans les esprits. Le gouvernement dispose donc de peu de temps pour imaginer une sortie de crise. Il est peu crédible de l’en croire capable. Mieux vaut alors s’organiser pour accompagner cette période de mobilisation et de prise de conscience politique en lui ouvrant un débouché sur 2027. Le devoir est d’aider et de protéger nos jeunes.
C’est pourquoi j’ai proposé, comme d’autres, de disposer des « casques blancs » ou des brassards blancs autour et dans les manifestations du 6 octobre comme cela fut fait dans le passé après la mort de Malik Oussekine ou en protection des manifestations lycéennes des années 90. Je suis certain que cela sera une protection et une force de modération efficace comme on a vu dans chaque circonstance ou des lignes d’adultes se sont disposées et « interposées » (j’utilise le terme des années où cela fut fait).
Dans cette circonstance comme dans d’autres l’enjeu, c’est encore une fois l’idée de ne pas permettre le tri des jeunes par les médias, la police, la macronie et le RN alliés entre « bons jeunes » et les autres. Une fois de plus, il s’agit de défendre l’idée d’un seul peuple qui ne considère pas sa jeunesse comme un ennemi de l’intérieur. Les images de télé sont une chose, la réalité, une autre. Ce dont il est question, c’est de permettre aux jeunes de « réussir » leur vie en réussissant leurs études.


1 hour_ago
25



























.jpg)






French (CA)