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Après trois ans de réflexion, la justice française confirme qu’attaquer des enfants au couteau pourrait justifier un procès.
Annecy, 8 juin 2023 : six victimes, dont quatre enfants
Ce matin-là, sur l’aire de jeux du Pâquier, à quelques pas du lac d’Annecy, un homme armé d’un couteau s’en prend à plusieurs personnes. Parmi ses victimes figurent quatre enfants âgés de 22 à 36 mois et deux promeneurs septuagénaires.
Les images filmées par des témoins circulent rapidement. On y voit notamment un homme intervenir avec son sac à dos pour tenter d’éloigner l’agresseur. Les policiers finissent par interpeller le suspect.
Le bilan est terrible : six blessés, dont plusieurs grièvement atteints. Aucun décès n’est à déplorer. Le pays découvre alors le nom d’Abdalmasih Hanoun, ressortissant syrien de 31 ans, arrivé en France quelques mois auparavant.
À l’époque, Le Média en 4-4-2 avait suivi cette attaque dès le 8 juin 2023. La justice avait rapidement écarté la piste terroriste.
Deux expertises psychiatriques, deux conclusions différentes
La question centrale de l’instruction est devenue celle du discernement de l’accusé au moment des faits.
Une première expertise psychiatrique conclut à une abolition de son discernement. Si cette conclusion était retenue juridiquement, elle ferait obstacle à un procès pénal classique.
Une seconde expertise aboutit à une appréciation différente : le discernement aurait été altéré, mais pas aboli. Une distinction fondamentale puisque l’altération n’empêche pas une personne de répondre de ses actes devant une juridiction criminelle.
Trois années après l’attaque, les juges doivent donc trancher entre deux appréciations médicales aux conséquences judiciaires radicalement différentes. Pour les victimes et leurs proches, l’attente se prolonge.
6 octobre 2026 : la justice confirme le renvoi aux assises
Le 1er juin 2026, les juges d’instruction avaient ordonné la mise en accusation d’Abdalmasih Hanoun. Son avocat avait contesté cette décision en juillet.
Nouvelle étape le 6 octobre : la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Chambéry confirme son renvoi devant la cour d’assises de Haute-Savoie.
Selon les précisions communiquées le 7 octobre par la procureure Line Bonnet, l’accusé devra répondre de treize tentatives d’assassinat, de violences avec arme sur deux victimes et de rébellion avec arme.
Pourquoi treize tentatives d’assassinat alors que six personnes ont été blessées ? Parce que les qualifications judiciaires portent aussi sur des actes présumés visant des personnes qui n’ont pas nécessairement été touchées.
La décision peut encore faire l’objet d’un pourvoi en cassation. Un procès avait initialement été envisagé pour mars 2027, mais cette échéance n’est plus garantie. Le calendrier dépend désormais du caractère définitif du renvoi.
Une affaire sortie des gros titres, mais pas des tribunaux
On se souvient des images de l’attaque, de l’émotion nationale et des déclarations politiques. Les étapes successives de la procédure ont ensuite bénéficié d’une visibilité médiatique bien moindre.
Le silence relatif de l’actualité ne signifie pourtant pas que l’instruction était abandonnée. Elle s’est poursuivie jusqu’à sa clôture en mars 2026, avant les décisions de renvoi et les recours.
Un procès permettrait notamment d’entendre les expertises, d’examiner les circonstances de l’attaque et de donner aux parties civiles l’occasion de faire valoir leurs droits.
Abdalmasih Hanoun demeure présumé innocent des infractions qui lui sont reprochées tant qu’aucune décision définitive de condamnation n’a été rendue. Quant aux familles des victimes, elles attendent toujours que cette procédure aboutisse à une audience.
Actuellement les déclarations d’Emmanuel Macron sur Kevin, le tireur de Trappes, occupent les gros titres. Ce serait le « premier » acte terroriste en raison de la « couleur de peau ou de la religion ». Seuls les Kevin seraient racistes.
Macron saisit l’occasion des manifestations du 17 et du 24 octobre pour opportunément diviser les Français. Se demander pourquoi les reports du procès d’Abdalmasih Hanoun, dont les médias avaient fait leurs unes en 2023, se déroulent dans un silence total relève très certainement du complotisme.


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