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Life 28/04/2026 15:10
Les jeux auxquels jouent les enfants dans leur petite enfance seraient des indicateurs de leur futur bien-être, révèle une étude australienne.
Se déguiser en super-héros, soigner sa peluche malade, promener une poupée en poussette, prétendre être une exploratrice, préparer un repas imaginaire sur sa petite kitchenette… Tous ces jeux, auxquels adorent jouer les enfants à partir de l’âge de deux ou trois ans, sont loin d’être anodins.
Appelés « jeux symboliques » ou d’imitation, ils sont depuis longtemps encouragés par les professionnels de l’enfance, puisqu’ils visent à renforcer la créativité des tout-petits, à développer leurs compétences sociales et le langage. D’après une étude australienne récemment publiée dans l’Early Childhood Education Journal, ces jeux mettant en scène des situations imaginaires seraient aussi particulièrement positifs pour la future santé mentale des enfants, avant même qu’ils n’entament leur scolarité.
« Nous avons constaté que les différences de capacité à jouer à faire semblant très tôt dans la vie étaient liées à des différences dans les résultats en matière de santé mentale plusieurs années plus tard », explique dans un communiqué le Fontini Dr Vasilopoulos, qui a dirigé les travaux.
Moins d’agressivité et plus d’empathie
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les données concernant plus de 1 400 enfants australiens âgés de deux à trois ans, en particulier l’évaluation de leurs capacités de jeu symbolique. Ils ont par la suite demandé aux parents et aux éducateurs de remplir des rapports concernant leur santé mentale à deux reprises : quand les enfants étaient âgés de quatre à cinq ans, puis de six à sept ans.
Ils ont alors constaté que les petits enfants jouant régulièrement à des jeux d’imitation étaient aussi ceux, quelques années plus tard, qui présentaient les meilleurs résultats en matière de santé mentale : ils étaient moins agressifs et étaient plus enclins à adopter des comportements prosociaux (aider, partager, consoler, coopérer avec les autres…).
« Ces résultats sont particulièrement pertinents aujourd’hui, alors que de nombreux enfants passent plus de temps devant les écrans, participent à des activités plus structurées et ont moins d’occasions de jouer librement et de manière imaginative, assure le Dr Vasilopoulos. On a parfois tendance à négliger le jeu symbolique, pourtant il joue un rôle important dans le soutien de la santé mentale des enfants. »
Une implication de zones spécifiques du cerveau
Si cette étude est intéressante, c’est aussi parce qu’elle va à rebours des travaux précédemment menés, qui avaient tous conclu que si les jeux symboliques étaient associés à meilleure santé mentale ultérieure, c’est parce qu’ils étaient propices à développer la régulation émotionnelle des enfants. Or, ce n’est pas ce qu’ont constaté les chercheurs ici. « On suppose souvent que la régulation émotionnelle – la capacité à gérer ses émotions et à y répondre – explique comment le jeu précoce influence la santé mentale ultérieure, mais nos résultats ne confirment pas cette hypothèse », explique le Dr Vasilopoulos. « Lorsque la régulation émotionnelle est prise en compte, le lien observé disparaît, ce qui laisse penser que d’autres processus développementaux, moins bien compris, pourraient être impliqués. »
Pour expliquer le lien entre jeu d’imagination et santé mentale, les chercheurs préfèrent avancer l’explication de ce qu’ils appellent la « cognition incarnée ». « Lors de jeux symboliques, les enfants sollicitent vraisemblablement des régions motrices du cerveau impliquées dans l’attention et l’anxiété. Ce lien potentiel souligne combien il reste à découvrir sur l’influence des jeux symboliques sur la santé mentale », détaillent-ils dans le communiqué.
Comment soutenir les jeux créatifs de son enfant ?
D’où l’importance, pour les adultes, de soutenir les jeux symboliques auxquels s’adonne son enfant. Pour les aider dans cet exercice, les chercheurs ont des conseils : le laisser jouer naturellement, sans chercher à en faire une leçon, par exemple en corrigeant un mot mal nommé ou utilisé.
Ils préconisent également d’attendre que l’enfant « initie » le jeu en donnant ses propres règles ou la marche à suivre et ne pas lui donner d’instructions : mieux vaut répondre par de simples observations ou commentaires sur les actions qu’il mène.
Enfin, il est important pour le parent de participer activement au jeu en incarnant, par exemple, un personnage dans son « monde imaginaire » : un client de son restaurant, un monstre qui attaque son château… « Le jeu symbolique n’a pas besoin d’être compliqué ni didactique, insiste le Dr Vasilopoulos. Ce type d’implication douce et spontanée de l’enfant pourrait être un moyen pratique de développer les compétences en jeu symbolique que nos recherches associent à une meilleure santé mentale plus tard dans l’enfance. »


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