NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Une élue de Rillieux-la-Pape et son conjoint ont été violemment agressés samedi 29 août à la sortie du match OL - Le Havre. Le motif raciste a été retenu pour l'enquête en cours.
Sur le même thèmeGroupama StadiumInsécuritéOlympique Lyonnais (OL)
Par Théo Zuili Publié le 2 sept. 2026 à 14h10
« On a été lynchés sur la place publique devant des gens qui ricanaient. Si on n’était pas des ‘sales Arabes’ comme il l’a dit, peut-être que quelqu’un serait intervenu ou aurait appelé les secours. » Meriem Bouchedda, élue municipale d’opposition (divers gauche) à Rillieux-la-Pape (Rhône), dans la métropole de Lyon, se dit « traumatisée ».
À la sortie du match OL – Le Havre samedi 29 août 2026 au Groupama Stadium de Décines-Charpieu, elle et son conjoint sont violemment agressés par un groupe de supporters alors qu’ils cherchent à rejoindre leur voiture. Elle témoigne auprès d’actu Lyon.
« Sales bougnoules »
Il est un peu plus de minuit lorsque Meriem Bouchedda et son conjoint, employé au stade ce soir-là, quittent le Groupama Stadium. Le couple se trouve encore sur le parvis, dans la descente où sont habituellement contrôlés les billets, lorsqu’il croise « un groupe de six hommes ». Certains portent des écharpes de l’OL et ont des bières à la main, retrace l’élue.
« Ils nous ont regardés et ont dit : ‘Sales bougnoules’. On s’est dit qu’on ferait mieux de continuer notre chemin. Puis ils ont répété : ‘Sales Arabes’. » Son conjoint finit par demander à qui s’adressent ces insultes. Selon l’élue, la situation dégénère alors brutalement.
« Tout est allé très vite. Mon conjoint a été jeté au sol. Il y avait un agresseur principal qui s’acharnait sur lui et les autres jetaient des coups de pied, dans la tête, dans le ventre. »
« Je les suppliais d’arrêter »
Meriem Bouchedda tente de s’interposer, mais elle est à son tour attrapée par le bras et projetée au sol. « Je me relevais, on me rejetait par terre. J’ai eu le débardeur déchiré et une fracture du poignet droit. »
Elle hurle alors pour tenter d’alerter les clients d’un bar plus loin. « Des supporters sont arrivés et ont demandé à l’agresseur ce qui se passait. Il leur a répondu : ‘T’inquiète, c’est des sales Arabes, ils méritent.' »
Meriem Bouchedda estime qu’une quinzaine à une vingtaine de supporters se trouvent alors autour de l’agresseur, dont certains portant des écharpes du virage nord. Selon elle, personne n’intervient. « Je les suppliais d’appeler la police ou d’intervenir, mais ils riaient. »
Pendant ce temps, son conjoint est toujours au sol, le visage « en sang ». L’agresseur principal l’étrangle, raconte-t-elle. « Je leur ai dit : ‘Lâchez-le, il va mourir.’ C’est seulement à partir de ce moment-là qu’il l’a lâché. Puis un autre lui a mis un coup de pied dans la tête. »
Environ 7 minutes de « lynchage » et 15 jours d’ITT
« Mon conjoint est au sol en sang, a du mal à respirer, moi je tremble, et ils repartent en nous ignorant et buvant leur bière, finissant leur clope. Comme si on était des animaux, alors qu’on a rien fait. »
Selon les horaires que l’élue est parvenue à reconstituer grâce à son téléphone, l’agression a duré sept minutes. Un moment « qui m’a paru une éternité ». Dans le groupe de témoins, un seul homme est venu lui parler une fois les auteurs repartis. « Je te conseille de partir d’ici, c’est tous des fachos. »
Ce n'est pas l'agression qui m'a le plus impacté : c'est le fait que je crie à l'aide, au secours, à genoux par terre, en train de supplier que quelqu'un appelle la police, et qu'on me regarde droit dans les yeux en rigolant. Ce n'était pas une, pas deux, pas trois, mais une vingtaine de personnes, et c'est ça le plus gros traumatisme : se sentir déshumanisés, comme si on ne méritait pas d'être aidés.
C’est elle qui appelle la police vers 0h27. Les forces de l’ordre arrivent plus tard, alors que les pompiers prennent déjà en charge les deux victimes, selon son témoignage. Tous deux sont conduits à l’hôpital dans la nuit et se voient prescrire 15 jours d’ITT chacun.
Un choc psychologique
« On est très choqués. Mon conjoint a été vraiment amoché, mais c’est surtout le choc psychologique qui est vraiment important. » Meriem Bouchedda explique ne plus dormir. « J’ai systématiquement cette image en tête de mon conjoint qui allait mourir. Je suis épuisée, je suis sidérée et je suis hyper inquiète. »
Le couple a déposé plainte dimanche pour violences en réunion ayant entraîné une ITT supérieure à huit jours avec la circonstance aggravante de racisme et non-assistance à personne en danger.
L’Olympique lyonnais s’est porté partie civile et le couple a déjà rendez-vous au commissariat pour faire avancer l’enquête. Meriem Bouchedda a pu enregistrer en vidéo les visages de plusieurs mis en cause et les flux des caméras de surveillance seront vraisemblablement utiles aux policiers.
« Ces personnes sont encore dehors », une enquête en cours
Celle qui « attend que les auteurs soient arrêtés et que justice soit faite » réclame plus de moyens de sécurité au stade. « C’est inadmissible que des groupes violents puissent agir en impunité sur le parvis du stade, ce n’est pas possible, d’autant plus que ce n’est pas la première fois et que tout le monde est au courant que ça arrive. »
Ces personnes sont encore dehors. Si ça arrive si facilement, c'est qu'ils ne sont pas à leur coup d'essai. Je me vois pas sortir seule, encore moins le soir, ni retourner à de grands évènements sportifs. Je suis une femme, j'étais avec mon compagnon, on essayait juste de rentrer chez nous. Personne n'est à l'abri.
La réaction rapide des autorités est expliquée selon elle par la médiatisation immédiate de l’affaire. Elle ne peut s’empêcher de penser : « Si je n’étais pas élue, ça ne se serait jamais passé de la même façon ».
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.


6 hour_ago
38



























.jpg)






French (CA)