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À la suite du déversement de sédiments qui a bruni une partie du lac Saint-Pierre au printemps 2025 à Mont-Carmel, les travaux correctifs sont sur le point de se terminer.
Causé à l'origine par des coupes forestières qui avaient entraîné de grandes quantités de sédiments dans le plan d'eau, l'incident a forcé le Groupement forestier du Grand-Portage à procéder à des travaux de restauration de l’écosystème sur le terrain.
On essaie de voir tout l’événement comme une façon de s'améliorer, affirme la chargée de projet pour le Groupement forestier, Maryse Hénault-Tessier.

Des travaux d'enrochement et des toiles de rétention des sédiments ont été installés le long du ruisseau qui alimente le lac Saint-Pierre.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Depuis l’automne 2025, plusieurs interventions en amont de la zone touchée ont été réalisées, notamment la modification du ponceau, la stabilisation des rives du ruisseau concerné ainsi que la création de bassins de rétention stratégiques pour filtrer et ralentir l’écoulement lors de gros coups d’eau.

Le même ruisseau lors des travaux forestiers non conformes réalisés au printemps 2025. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté de Simon Côté
On a également acheté du matériel de prévention, comme des bandes de tissus pour retenir les sédiments, pour être plus agiles si, malgré toutes nos précautions, on soupçonnait un incident de ce genre dans le futur, indique Mme Hénault-Tessier, en se remémorant qu’à l’époque, ils avaient installé des balles de foin en urgence pour mitiger les dégâts, en vain.
Une formation terrain bonifiée pour les équipes
Au-delà des travaux physiques, elle explique que le groupement a actualisé la formation de l'ensemble de ses équipes, ingénieurs et équipes terrain, afin d'éviter qu'un tel incident ne se reproduise.

Maryse Hénault-Tessier, chargée de projets pour le Groupement forestier Grand-Portage.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
C'est sûr que le technicien et l'ingénieur forestier vont avoir regardé de façon globale tout le milieu, analysé s'il y a des zones humides ou quoi que ce soit. Mais arrivé sur le terrain, il faut aussi s'assurer que ce soit bien appliqué, puis d'être sensible à ça, estime Maryse Hénault-Tessier.
Les travailleurs forestiers peuvent constater qu’il y a plus de dénivellation que prévu au départ ou que les conditions météorologiques ne sont pas propices à des travaux forestiers.

« Il y a de petites ornières qu’on doit enlever, il faut vider les bassins de décantation, des choses comme ça, mais tout sera finalisé. Quand on revient sur le terrain, on s’assure aussi de remettre des végétaux en même temps », assure la chargée de projet.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Ce qui est arrivé cette fois-ci, c'était à cause de la période de l'année et des conditions météorologiques. Tout cela joue. Ça peut faire en sorte que le contremaître dise "on arrête, on reprendra ça plus tard" parce qu'il y a trop de risques à cause de la pluie, à cause de X, Y, Z raison, souligne-t-elle.
Une facture de près de 100 000 $
Bien que l’amende administrative initiale imposée par le ministère de l'Environnement n'était que de 10 000 $, le coût de la remise en état environnementale s’avère beaucoup plus lourd pour le groupement forestier.
Mme Hénault-Tessier estime que la facture s'élève actuellement à près de 100 000 $.
On ne veut pas faire des choses comme ça à répétition!, lance-t-elle.
Les riverains satisfaits de la tournure des événements
Du côté de l'Association des propriétaires du lac Saint-Pierre, on se montre grandement satisfait de la proactivité du Groupement forestier.
On ne s'attendait pas à ce qu’ils aillent jusque-là pour se prendre en main, affirme son président, Denis Lévesque.

Denis Lévesque, président de l'Association des propriétaires du lac Saint-Pierre.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Il observe que l'organisme est allé au-delà des exigences minimales, notamment en embauchant des plongeurs biologistes pour documenter l'état du fond du lac.
En parallèle, l'Association a fait réaliser la toute première cartographie officielle du bassin versant du lac.
La MRC aurait dû faire réaliser ce plan-là il y a des années et le donner au groupement forestier. Le ruisseau en question, pour le commun des mortels, beaucoup de monde pense qu'il coule vers la rivière et le fleuve, mais ce n’est pas ça! Il vient alimenter le lac, explique-t-il.
Un message de prévention pour l'ensemble de la province
Pour Denis Lévesque, cet incident doit servir de leçon à l'ensemble des lacs du Québec.
Le gros message qui devrait être fait à tout le monde, de tous les lacs : demandez vos plans de bassin versant, puis donnez ça à tous ceux qui ont affaire à travailler aux alentours de vos lacs. En ayant les plans des bassins versants, ça va enlever bien des problèmes, avance-t-il.

Cet été, l'eau est plus limpide que jamais, constate M. Lévesque.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Je suis sûr que le groupement forestier, s'il avait eu toute l'information du bassin versant, il aurait dit "on va travailler autrement, il faut sortir de notre bois sur la neige et après ça on sortira plus rien, on va attendre à l'hiver".
Une concertation à long terme
Le Groupement forestier n'en reste pas là et assurera un suivi environnemental et des analyses de la qualité de l'eau aussi l’an prochain.
De plus, une rencontre annuelle réunit désormais les riverains, le Groupement, l'organisme de bassin versant, les deux municipalités concernées, ainsi que la MRC de Kamouraska, afin d'assurer une collaboration étroite et transparente pour la protection du lac, et prévenir les incidents en amont.

Une soixantaine de personnes ont des propriétés autour du lac Saint-Pierre, qui est à cheval entre Mont-Carmel et Saint-Gabriel-Lalemant.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Les riverains, ils ont vu qu'on voulait s'investir et on va continuer d’être à leur écoute, affirme la chargée de projet.
Denis Lévesque affirme qu’à la suite de l’incident, plusieurs craignaient de voir réduits à néant les efforts des riverains des dix dernières années pour retrouver un lac en bonne santé.
Force est de constater que cet incident malheureux n’a finalement pas donné le coup de grâce au petit lac.
M. Lévesque affirme qu’il n’a jamais vu l’eau aussi claire et que plusieurs riverains de longue date osent, pour la première fois cette année, se baigner devant leur propriété.


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