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La Ville de Québec ne va finalement pas convertir le garage municipal de la Canardière en un centre multifonctionnel à vocation d’économie sociale et communautaire, malgré une promesse de l'administration du maire Bruno Marchand. L'état du bâtiment, les coûts associés à sa requalification et au déménagement des employés sont évoqués.
L'engagement, imbriqué dans la Vision des quartiers de la Canardière, avait été réitéré en mars 2025.
La Ville de Québec confirme son intention d’aller de l’avant avec la requalification de l’actuel garage de la Canardière en un centre multifonctionnel à vocation d’économie sociale et communautaire, pouvait-on lire dans un communiqué de la Ville ce jour-là.
Or, cette promesse, répondant à une demande de la Table citoyenne Littoral Est, ne tient plus.
Le garage Canardière accueille des employés de la Ville qui offre des services essentiels à la population. Les relocaliser engendrerait des coûts importants, des défis opérationnels majeurs et des contraintes à la fois techniques et réglementaires, explique Jean-Pascal Lavoie, porte-parole de la Ville de Québec.
La Ville n'a toutefois pas fourni de chiffre pour soutenir sa position. Selon nos informations, la facture serait de plusieurs dizaines de millions de dollars, pour déménager le personnel municipal et pour moderniser le bâtiment.

L'administration de Bruno Marchand recule sur sa promesse de convertir le garage.
Photo : Radio-Canada / Sébastien Vachon
Des contraintes majeures
Cette décision survient après la réalisation d'une étude technique annoncée par l'administration du maire Bruno Marchand, toujours en mars 2025. Ironiquement, cette étude devait marquer le début du projet de conversion, et non en être le fossoyeur.
L’étude technique demandée permettra d’établir un portrait de l’état du bâtiment et d’évaluer son potentiel de requalification en vue d’un changement d’usages, affirmait l'ex-conseillère Maude Mercier Larouche, qui se targuait alors de passer à l'action pour redonner l'immeuble à la population.
Les analyses auront finalement révélé que le bâtiment, construit en 1926, n'est pas adapté pour une requalification à un coût raisonnable.

Le garage municipal du chemin de la Canardière est occupé par une partie des travaux publics ainsi que la Division de la foresterie urbaine et de l'horticulture.
Photo : Radio-Canada / Sébastien Vachon
Parmi les contraintes, Jean-Pascal Lavoie cite le remplacement des systèmes électromécaniques, le respect des exigences de sécurité incendie et d’accessibilité universelle, les interventions sur la structure, la gestion de matériaux dangereux et des sols contaminés.
La Ville affirme également qu'elle n'a trouvé aucun site adéquat pour y déménager son personnel et les équipements. L'objectif étant désormais d'en maintenir la vocation actuelle, des travaux majeurs seront nécessaires.
Outre une partie des travaux publics, la Division de la foresterie urbaine et de l'horticulture est également logée au 1252, chemin de la Canardière.
À court terme, compte tenu de l'état du bâtiment, la Ville planifie entreprendre les travaux nécessaires au maintien et à la pérennité du bâtiment, et ce, afin d'assurer le maintien des services à la population.
Construit en 1926 et agrandi en 1946, le garage municipal de la Canardière appartenait à la Québec Power Co. Le bâtiment était destiné aux réparations et à l’entreposage du tramway de Québec de l'époque.
Mobilisation citoyenne
L'idée de convertir le garage de la Canardière avait émané d'une mobilisation citoyenne, notamment dans le cadre des consultations publiques de la Ville de Québec pour le développement de la vision des quartiers de la Canardière.
La Table citoyenne Littoral Est souhaitait d'abord y aménager un centre à vocation sociale et communautaire autogéré. Si la Ville avait déjà écarté le modèle d'autogestion, elle était cependant favorable aux activités proposées par la Table.
Cette dernière proposait d'y inclure des ateliers, des espaces partagés, des locaux pour les organismes communautaires, des lieux de création et de diffusion, des services de proximité et des logements sociaux.

Une étudiante a produit cette infographie qui représente la vision de la Table citoyenne Littoral Est, présentée en 2023. (Photo d'archives)
Photo : Fournie par la Table citoyenne Littoral Est
Informée de la décision de la Ville par Radio-Canada, Marie-Hélène Deshaies, présidente de la Table citoyenne Littoral Est, cachait mal sa surprise, vendredi.
Elle a relaté la tenue d'une rencontre avec deux élues de l'administration Marchand, en septembre, au cours de laquelle il n'était pas question d'abandonner le projet de requalification. On m'a dit qu'ils se donnaient jusqu'à la fin de leur mandat pour prendre une décision, rapporte Mme Deshaies.
L'enjeu des coûts et certaines contraintes techniques ont été évoquées, convient-elle. Mme Deshaies assure cependant que tous les scénarios étaient encore sur la table au début de l'automne. On est très inquiet, a-t-elle laissé tomber.
La Ville affirme de son côté qu'elle maintient le dialogue avec la Table citoyenne Littoral Est. En parallèle, la Ville de Québec continue de travailler avec les citoyens sur un projet porteur pour la communauté, indique Jean-Pascal Lavoie.
Mais pour Mme Deshaies, le projet doit impérativement se faire dans le garage municipal.


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