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La venue en France du prince héritier saoudien, reçu par Emmanuel Macron dimanche et lundi, a été vivement critiquée par plusieurs syndicats de journalistes en raison de sa probable implication dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, en 2018.
La rédaction - Aujourd'hui à 17:30 | mis à jour aujourd'hui à 18:29 - Temps de lecture :
« Cette nouvelle invitation du prince héritier par Emmanuel Macron sonne comme une provocation pour les défenseurs de la liberté de la presse et de la liberté d'expression », affirment dans un communiqué le SNJ (Syndicat national des journalistes), le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO. Reçu à l’Élysée pour « renforcer le partenariat stratégique » entre les deux pays, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a entamé sa visite dimanche par la cérémonie de clôture de l'Esports World Cup, avant de signer plusieurs accords, dont la construction de trois parcs d’attractions en Île-de-France.
L’un d’eux, sur le thème de l’univers de Dragon Ball, représente un investissement de six milliards d’euros et la création de 22 000 emplois à terme. « Du jamais-vu depuis Disneyland Paris », a déclaré, sur X, Emmanuel Macron.
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Mais c'est surtout la question des droits humains, soulevée par cette visite officielle, qui cristallise à nouveau les débats. Pour rappel, en octobre 2018, le journaliste Jamal Khashoggi, critique du pouvoir saoudien, a été assassiné et démembré au sein du consulat saoudien à Istanbul, un crime qualifié « d'exécution extrajudiciaire dont l'Arabie saoudite est responsable » par une enquête des Nations unies. Les services de renseignement américains avaient conclu que Mohammed ben Salmane avait personnellement « approuvé » l'opération, une accusation que Riyad continue de rejeter, attribuant les faits à des agents ayant agi seuls.
« Paillasson pour dictateurs »
En France, une plainte pour « tortures et disparitions forcées » a été déposée dès 2021 par les associations Trial International et Reporters sans frontières, une procédure toujours en cours d'instruction. Dans leur communiqué commun, le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO rappellent également que 18 journalistes seraient aujourd'hui emprisonnés en Arabie saoudite, selon le dernier décompte de RSF.
Cette rencontre n'est pourtant pas la première. En décembre 2021, Emmanuel Macron avait été l'un des premiers dirigeants occidentaux à rencontrer "MBS" en Arabie saoudite après l'affaire Khashoggi. En juillet 2022, le prince héritier avait ensuite été reçu à Paris, ce qui avait déjà suscité de vives critiques à gauche. Julien Bayou, alors secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts, dénonçait une France transformée en « paillasson pour dictateurs en quête de réhabilitation sur la scène internationale ». Depuis, les visites du prince héritier saoudien en France se sont multipliées, portées par le poids économique du royaume.


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