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Depuis le début de l'année 2026, les incendies ont déjà ravagé plus de 115 000 hectares en France, dont 42 000 à Saumos, en Gironde, jusqu’à devenir « hors de contrôle ». Au-delà des conditions de terrain difficile, un symptôme du manque de moyen face à l'urgence climatique.
Lou Bernard et Célia Merckens - Aujourd'hui à 17:40 | mis à jour aujourd'hui à 18:00 - Temps de lecture :
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« Le feu est hors de contrôle », ont rapporté les médias en évoquant l’incendie déclenché le 22 juillet à Saumos, en Gironde. Depuis le début de l'année, 115 000 hectares ont brûlé dans l'Hexagone et 250 000 en Europe, dépassant la moyenne des 20 dernières années, évaluée à 138 242 hectares selon les chiffres de l'EFFIS, système européen d'information sur les feux de forêt. Face à l'ampleur des dégâts, les moyens humains et matériels sont pourtant considérables.
Contrairement à une idée reçue, l'eau n'est pas le seul outil des pompiers pour combattre un incendie. Les soldats du feu cherchent aussi à orienter les flammes vers des zones moins végétalisées, en s'appuyant sur la météo : le vent, la pluie. Les moyens aériens, comme les Canadair ou les Dash, ne servent pas directement à éteindre le feu, mais à assister les équipes au sol. « Un feu avance en triangle, en s’élargissant. Il y a un foyer, qui est le point initial et les flancs, où le feu est moins virulent. C’est là qu’on a besoin de la flotte aérienne, parce qu’elle permet de faire baisser l’intensité pour permettre aux gens qui sont au sol de l’éteindre », explique Sébastien Delavoux, pompier et membre de la CGT des Sdis.
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Mais ces méthodes se heurtent à des réalités de terrain complexes. En Gironde, la monoculture de pins, un bois hautement combustible, complique fortement la tâche. Les conditions extérieures peuvent aussi se montrer très défavorables, entre le vent, les fortes chaleurs et l'étendue des flammes. « En quelques minutes, le feu peut changer de direction. C'est extrêmement compliqué pour les pompiers de prévoir, surtout à l’échelle de plusieurs milliers d’hectares, le temps d'acheminement et de préparation du matériel peut prendre plusieurs dizaines de minutes », détaille le professionnel.
« Cet été, toutes les digues ont cédé »
Au-délà des conditions de terrain difficiles, les équipes sur place se heurtent aussi à la progression du réchauffement climatique : « Les scientifiques nous disent depuis longtemps que le phénomène va s'intensifier. Les feux seront plus forts, plus fréquents, toucheront une aire géographique plus large, avec une saisonnalité qui commencera plus tôt et finira plus tard. Ils annonçaient des phénomènes exceptionnels autour de 2030-2040. Ce qu'on constate sur le terrain, c'est qu'on y est déjà », alerte Sébastien Delavoux, pompier et membre de la CGT des Sdis.
En 2010, le rapport interministériel Chatry pointait déjà le manque de moyens face à l'expansion des risques. Seize ans plus tard, la situation n'aurait pas progressé, selon les pompiers, elle aurait même régressé : « Les risques augmentent, mais nos moyens sont des réponses aux risques d'hier, pas à ceux d'aujourd'hui ni de demain. » Par exemple, le « délai de présentation du premier engin » sur les lieux d'un sinistre a augmenté en moyenne de deux minutes depuis 2012, le camion le plus proche pouvant parfois se trouver à 50 kilomètres du départ de feu. « Cet été, toutes les digues ont cédé », déplore Sébastien Delavoux : « on a envoyé des CCF au milieu de la forêt alors que ce ne sont pas des engins faits pour ça, on a envoyé des gens au-delà de la fatigue éteindre des feux. » Avec, à l'avenir, un risque supplémentaire selon les scientifiques, voir un jour plusieurs mégafeux se déclencher simultanément, rendant impossible l'entraide internationale dont la France a pu bénéficier cette année.


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