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Il y a trois ans jour pour jour, le Hamas menait l’attaque la plus meurtrière de l'histoire d'Israël. Retour sur l'histoire d'un mouvement né dans les années 1980, devenu maître de Gaza en 2007, et dont l'offensive du 7 octobre 2023 a bouleversé le Proche-Orient.
Mehdy Andalous et Célia Merckens - Aujourd'hui à 18:00 | mis à jour aujourd'hui à 18:03 - Temps de lecture :
Le 7 octobre 2023, environ 3 000 miliciens du Hamas s’infiltrent en Israël depuis la bande de Gaza. Ils tuent 1 180 personnes, dont 801 civils selon les données israéliennes, et capturent 252 otages. Pour comprendre cette attaque – la plus meurtrière subie par le pays – il faut remonter à la création du mouvement. Dans les années 1980, les territoires palestiniens, sous occupation israélienne depuis la guerre des Six Jours de 1967, sont en ébullition. La première intifada éclate en 1987, contre l’occupation israélienne à Gaza et en Cisjordanie. Le Hamas est officiellement fondé la même année par le cheikh Ahmed Yassine avec une charte qui prône la création d’un régime islamique en Palestine, la destruction d’Israël et affiche un antisémitisme assumé.
En 1993, les accords d’Oslo donnent l'espoir d'une coexistence pacifique entre Israël et la Palestine. l'État hébreu reconnaît l’OLP comme représentant des Palestiniens, tandis qu’une Autorité palestinienne est créée pour administrer une partie de la Cisjordanie et de Gaza. Mais le Hamas refuse cet accord, comme d’autres mouvements palestiniens, et multiplie les attentats-suicides en Israël. L’échec progressif du processus de paix va renforcer sa position. La colonisation se poursuit en Cisjordanie, l’État palestinien promis ne voit pas le jour.
« L'idéologie du Hamas est extrêmement forte »
En janvier 2006, c’est un tournant majeur pour le mouvement, qui remporte les élections législatives palestiniennes avec 56 % des suffrages. « C’est un vote populaire, les Palestiniens n’ont pas vraiment d’espoir dans les accords d’Oslo, qui ne leur permettaient en réalité qu’une “semi-autonomie”, et pensent que rien n’empêchera la colonisation de leur territoire », note Sébastien Boussois, chercheur en sciences politiques et spécialiste du Moyen-Orient. Si, avec ce vote, « les Palestiniens ont fait le choix de la violence », note l’expert, la victoire se heurte cependant immédiatement au boycott de la communauté internationale. Le Fatah quitte Gaza, dont le Hamas prend le contrôle total.
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Depuis, les attaques israéliennes entretiennent un cycle de violences dans bande de Gaza. Pour la population gazaouie, la situation devient de plus en plus invivable, entre blocus, pauvreté, bombardements israéliens et autoritarisme du Hamas. En parallèle, l’organisation voit avec inquiétude la normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes, notamment le rapprochement avec l’Arabie saoudite. C’est dans ce contexte que survient l’attaque de 2023.
Trois ans après le 7 octobre, Gaza demeure un territoire morcelé, où le Hamas, affaibli, conserve une force de nuisance armée. « Savoir combien de combattants il reste du Hamas est difficile, mais ce qui est sûr, c’est que son idéologie étant extrêmement forte, on peut supposer qu’à Gaza, pour les jeunes qui ne sont pas morts, il y ait des générations de jeunes Gazaouis qui n’auront qu’une envie dans les années à venir : se venger », indique Sébastien Boussois.


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