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- « C'était la maison de mes ancêtres » : 48h avec ceux qui ont tout perdu dans ...
Après le passage du mégafeu qui a détruit 183 habitations au Porge (Gironde), dans cette commune de 3 500 habitants au nord du bassin d'Arcachon, les habitants et pompiers sur place constatent l’ampleur des dégâts. Reportage.
Matis Gardent et Célia Merckens - Aujourd'hui à 17:50 | mis à jour aujourd'hui à 17:53 - Temps de lecture :
Des arbres calcinés, de la terre noircie et des ruines entassées sur le sol. Dans le village du Porge (Gironde), devenu un paysage silencieux, la plupart des habitants ont quitté les lieux, évacués peu après le début des incendies la semaine dernière. D’autres, restés sur place, se font discrets en la présence des journalistes. « Là il y avait une grange », désigne Matthieu Plessis, habitant du village, en pointant du doigt un champ de ruines. « Il y avait aussi des voitures, toutes brûlées, mais on a quand même sauvé le tracteur, c’est déjà pas mal », lance-t-il, un sourire amer aux lèvres. « Je ne vois plus rien à part de la désolation. Ici, c’était la maison de mes ancêtres, ma grand-mère est née dans cette maison et il n’y a plus rien », décrit le quadragénaire devant l’habitation qui datait de 1910.
Depuis le début des feux, dans ce village de 3 500 habitants situé au nord du bassin d'Arcachon, 183 habitations sont parties en fumée. Le quartier de Matthieu Plessis, lui, a entièrement brûlé, dévoré par des flammes qui mesuraient jusqu’à 20 mètres. « On ne sait pas comment ça va se passer d’un point de vue financier, en attendant de le savoir, on est SDF », se désole-t-il.
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« Il ne restait plus que les fondations »
Au-delà des habitations, les pertes touchent aussi la végétation, des champs entiers étant calcinés, ainsi que la faune locale, plusieurs chevreuils n'ayant pas survécu au sinistre. Pour le maire du Porge, Martial Zaninetti, le constat est sans appel : « C'est une catastrophe pour la commune, l'ensemble de la périphérie et du village a été brûlé. »
Depuis le drame, un endroit a été improvisé comme point de rassemblement pour les pompiers, les secours et les bénévoles de la mairie, devenu le cœur du village. Des repas y sont servis, des matelas sont posés au sol pour offrir du repos aux soldats du feu déployés sur place. « C'est très impressionnant. Un jour en passant, on a vu une maison, le lendemain, on est revenus, il ne restait plus que les fondations », confie l'un des pompiers volontaires, venu prêter main forte.
Malgré la fatigue et parfois, le sentiment d'impuissance, leur détermination reste intacte : « On va faire notre boulot jusqu'au bout, on va aller au bout de nos limites pour aider le plus de gens possible. » Un discours en adéquation avec celui du capitaine Matthieu Jomain, sapeur-pompier et chargé de la communication. « Les troupes sont fatiguées, usées, certaines abîmées - nous avons des collègues qui se sont blessés sur l’opération - mais l’état d’esprit demeure combatif, car il s’agit de défendre notre habitat. »


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