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La Victoire de Montréal remporte la première Coupe Walter de son existence grâce à deux buts d'Abby Roque, combiné à un blanchissage de la gardienne Ann-Renée Desbiens.
Après deux éliminations rapides lors des saisons précédentes, la Victoire de Montréal a enfin réussi à mettre la main sur le trophée remis à la meilleure équipe de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF).
Les Montréalaises ont battu la Charge 4-0 lors du quatrième match de la série qui avait lieu au Centre Canadian Tire, à Ottawa.
La capitaine Marie-Philip Poulin, déjà auréolée de trois médailles d’or olympiques et deux d’argent, en plus de deux coupes Clarkson avec les Canadiennes de Montréal, remporte donc le seul titre qui manquait à son impressionnante carrière. Après la rencontre, elle a aussi reçu le prix Ilana Kloss, remis à la joueuse la plus utile des séries.
Ç'a été toute une année avec tellement de hauts et de bas, mais je suis tellement heureuse de remporter la coupe avec ce groupe, a lancé Poulin quelques secondes après avoir soulevé le trophée.

La capitaine de la Victoire de Montréal, Marie-Philip Poulin, soulève sa première Coupe Walter en trois saisons dans la LPHF.
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
Ça fait tellement de bien. L’année a été difficile mentalement et physiquement. De pouvoir finir ça avec la cerise sur le sundae avec ce groupe-là, c’est quelque chose!
Quand on a demandé à Abby Roque si elle avait volé le mot clutch dans le surnom de Poulin (Capitaine clutch) pour ce dernier match, elle a fait montre de modestie.
J’étais surtout contente de lui permettre de sortir du banc des pénalités, a-t-elle dit sur le but en désavantage numérique qui mettait fin à la punition de la no 29. Personne ne peut lui enlever ce nom, mais je me sentais si bien d’aider l’équipe à gagner. J’ai été chanceuse, mais tout le monde a contribué. Il y avait tellement de blessures, de maladie, personne n’a utilisé d’excuse aujourd’hui. Je suis fière de nous!

Abby Roque a été l'héroïne de cette quatrième rencontre de la finale de la coupe Walter.
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
Plus de 12 300 spectateurs ont assisté à l’attribution d’une première Coupe Walter en territoire canadien. La gardienne Ann-Renée Desbiens a encore eu un grand mot à dire dans le succès de la Victoire avec 23 arrêts.
J’ai beaucoup de palpitations, je ne mentirai pas! On a gagné en équipe et tout le monde a contribué. Je suis fière de l’avoir fait avec elles, a souligné Desbiens. Nous sommes des battantes, on s’est battu jusqu’à la fin. Chapeau à Ottawa pour leur opposition, mais c’est la meilleure équipe qui a gagné.

Les joueuses de la Victoire célèbrent leur triomphe.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
L'attaquante Catherine Dubois, qui est passée bien près d'abandonner sa carrière de hockey, mesurait le chemin parcouru. Je n’y aurais pas cru il y a quelques années. Je ne pensais pas que cette ligue pouvait exister et gagner la Coupe Walter. C’est juste incroyable ce qu’on vit, a souligné Dubois.
Mon processus a été différent de plusieurs joueuses, mais toutes les femmes ici ont bûché pour se rendre où on est aujourd'hui. Nous sommes championnes!
Une autre Québécoise de l'équipe, Alexandra Labelle, a aussi réfléchi à l'évolution du hockey féminin au cours des dernières années et à la réalisation de la Victoire. Je ne pouvais pas rêver à ça il n’y a pas si longtemps. Maintenant, on peut y rêver et je la soulève [la coupe Walter] aujourd’hui. C’est encore plus spécial, a dit Labelle. [Quand j’ai soulevé le trophée], je pensais à mes coéquipières, à ma famille et à tous mes sacrifices, je me suis souvenu de tout ça.

Une joueuse de la Victoire de Montréal verse une bière sur la tête de l'entraîneuse Kori Cheverie après avoir remporté la Coupe Walter.
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
Kori Cheverie est aussi devenue la première entraîneuse à remporter le trophée, qui avait été gagné par un entraîneur, avec le Frost du Minnesota, lors des deux premières saisons.
C’est tellement fantastique! Nous avons travaillé tellement fort. J’ai soulevé le trophée comme entraîneuse, mais c’est tout le groupe sur la patinoire qui l’a emporté [ce soir]. Il y a quelque chose de vraiment spécial avec ce groupe, a dit Cheverie.
La fierté avant la tristesse pour la Charge
Le mot fierté est revenu à de multiples reprises lors du court point de presse de la Charge après la rencontre.
Quand tu joues pour un championnat, tu veux le gagner. Nous sommes donc évidemment déçues. Mais, ce qu’on retient de la saison, ce sont les émotions et la fierté, a déclaré l’entraîneuse Carla MacLeod. Personne ne nous a donné de crédit cette saison. Ces femmes ont été meilleures chaque jour. Nous voulions une meilleure fin, mais nous devons être fières.

Les joueuses de la Charge tentent de se réconforter après avoir perdu la finale de la Coupe Walter.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
La capitaine Brianne Jenner et la vétérane Jocelyne Larocque ont évidemment renchéri sur ce point. Je suis tellement fière de tout le monde et reconnaissante de faire partie de cette équipe, a ajouté Jenner. C'est un des meilleurs groupes que j'ai connus.
Oui, ce groupe a été si spécial et résilient. Nous avons connu tellement d'adversité, mais nous avons eu du plaisir et de l'amour aussi, a philosophé Larocque. C'est un groupe fier, je vais m'en souvenir pour toujours.
L'adversité s'est vécue sur la glace, mais surtout en coulisse cette saison dans la capitale. L'entraîneuse Carla MacLeod a annoncé combattre un cancer en novembre dernier. Très rapidement, toute l'équipe et les partisans se sont rangés derrière elle.

L'entraîneuse de la Charge d'Ottawa, Carla MacLeod a connu une année difficile.
Photo : Radio-Canada / Felix Desroches
C’est incroyable qu’elle vienne chaque jour avec la même énergie, la même positivité et la même passion d’être à l’aréna. C’était contagieux pour toute l’organisation. Nous n’avez aucune idée de ce qu’elle a traversé et ça été inspirant d’en être témoins, a raconté Jenner, qui a rendu son entraîneuse très émotive.
Nous avons un travail tellement extraordinaire. Mais, nous traversons tous des choses dans nos vies qui nous mettent au défi, a soufflé MacLeod les larmes aux yeux. J’ai eu de plus grands défis que je n'aurais pu anticiper cette année.
L'entraîneuse a poursuivi sa réponse, très inspirée, pendant près de deux minutes.Comme meneuse, tu ne veux jamais quitter ton équipe. Quand je l’ai fait, tout le monde m’a appuyé, c'est incroyable, a expliqué MacLeod pleine de reconnaissance. Je suis fière d'elles sur la glace, mais surtout comme femmes et comme leaders. J’avais tellement besoin de ça. Je suis reconnaissante, pour ces femmes, ce groupe, cette équipe. Ç'a été toute une année.
Abby Roque trouve le fond du filet
Les deux formations, probablement conscientes de l’enjeu de cette rencontre, ont amorcé le match avec un brin de nervosité. Les passes imprécises et les jeux brisés ont été plus nombreux qu'à l'habitude.
Les occasions de marquer se sont faites rares jusqu’à ce que Nadia Mattivi soit punie pour avoir donné de la bande à Fanuza Kadirova. La défenseuse Jocelyne Larocque a obtenu un lancer sur Ann-Renée Desbiens, qui veillait au grain, réalisant l’arrêt avant que la rondelle ne touche le poteau à sa droite.
Le jeu s’est animé davantage en deuxième période alors qu’Ottawa a obtenu deux occasions de marquer en début d’engagement. D’abord sur une attaque à trois contre deux lors de laquelle Sarah Wozniewicz a toutefois tiré au-dessus du filet de la Victoire.

Marie-Philip Poulin saute dans les bras de Abby Roque après le but de cette dernière en finale de la Coupe Walter.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Emily Clark, toujours à la recherche d’un premier point en série, a ensuite coupé au filet pour remettre la rondelle à Jocelyne Larocque, venue appuyer l’attaque, qui a été frustrée par la jambière de Desbiens.
La Victoire s'est finalement inscrite au pointage lorsque Abby Roque, positionnée près de la bande, a dirigé un lancer qui semblait anodin, mais qui a dévié sur le bâton de la défenseuse Rory Guilday et ainsi trompé la vigilance de Gwyneth Philips.
Wozniewicz, bien présente dans cette rencontre, a ensuite obtenu une deuxième chance de marquer, mais la rondelle a frappé le poteau droit de la cage montréalaise. Emily Clark a ensuite obtenu une échappée en battant de vitesse la défense adverse, mais Desbiens veillait au grain.
Le clou dans le cercueil
La Charge a démarré la troisième période en force, consciente du temps qui commençait à manquer pour prolonger la finale, mais sans réellement arriver à se créer des occasions tangibles.
C’est toutefois la Victoire qui a conforté son avance lors d’une pénalité imposée à Marie-Philip Poulin pour obstruction. Après avoir battu de vitesse Brianne Jenner, transformée en défenseuse, Abby Roque s’est présentée seule devant Philips pour la battre du revers et obtenir son deuxième but du match.

Abby Roque (11) a battu la gardienne Gwyneth Philips à deux occasions pour se mériter la première étoile de la dernière rencontre de la finale de la Coupe Walter.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Jenner venait d’être frustrée à deux occasions par Ann-Renée Desbiens, après avoir été laissée seule dans l’enclave sur l’avantage numérique.
Maggie Flaherty a finalement cloué le dernier clou dans le cercueil de la Charge alors que son tir de la ligne bleue a semblé changer de trajectoire pour se frayer un chemin derrière Gwyneth Philips. Jenner, encore elle, a ensuite fait une erreur en retournant devant son filet donnant en offrande la rondelle à Lina Ljunblom qui n’en demandait pas tant et ajoutait un quatrième but pour Montréal.
C’en était fait des espoirs d’Ottawa pour une deuxième année de suite en finale.
Avec les informations de Christine Roger


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