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La vente des actifs de la minière Baffinland sera orchestrée par des tiers indépendants désignés par la cour, a tranché une juge.
La juge de la Cour supérieure de l'Ontario a été appelée à se prononcer sur le processus de vente la semaine dernière, alors que la minière a entamé des procédures afin de se placer à l'abri de ses créanciers.
La minière Baffinland, propriétaire de la mine de fer de Mary River au Nunavut, affiche une dette de 2,6 milliards de dollars. La compagnie a demandé à la cour d’autoriser la vente de certains de ses actifs afin de lui permettre de poursuivre ses activités.
Or, Exportation et développement Canada, la société d’État fédérale qui a prêté 660 millions de dollars à la minière cette année, s’est opposée à la façon dont la compagnie voulait procéder à la vente.
La minière souhaitait que ses actionnaires prennent en charge la vente des actifs, alors que le gouvernement fédéral ainsi que la plupart des autres créanciers ont fait valoir que le processus devait plutôt être supervisé par des tiers indépendants, nommés par la cour.
La juge Jana Steele a tranché en faveur de ces derniers.
N’est-il pas préférable qu’une personne n’ayant aucun parti pris dirige le processus?, a demandé la juge Steele dans sa décision.
Dans une déclaration écrite, Peter Akman, un représentant de la minière, a affirmé que la compagnie se plierait à la décision de la cour pour arriver à un résultat concluant.
Notre priorité demeure la sécurité et la continuité des activités, ainsi que l’avenir à long terme de la mine de Mary River pour nos travailleurs, nos partenaires inuit et les communautés qui en dépendent, a-t-il ajouté.
Avec ses 1200 employés, Mary River compte parmi les plus importants employeurs privés du Nunavut, représentant environ 25 % du PIB du Nunavut.
Priorité aux travailleurs
La fermeture potentielle et la vente de la minière Baffinland ont suscité d’importantes discussions politiques au Nunavut.
Le premier ministre John Main a rappelé les conséquences que pourrait avoir la fermeture de la mine, tandis que la sénatrice du Nunavut, Nancy Karetak-Lindell, s’est dite inquiète que la mine, si elle était vendue, ne tombe aux mains d’entreprises étrangères.
Lori Idlout, députée du Nunavut, estime que la protection des travailleurs doit être la priorité.
Nous savons qu’il y a des travailleurs inuit et j’espère vraiment qu’ils pourront conserver leur emploi. Cela devrait toujours être notre priorité absolue, a déclaré Lori Idlout.
La fermeture de la minière et ses pertes d’emplois subséquentes auraient un effet domino à travers le territoire, soutient Kent Fellows, économiste à l’Université de Calgary.
Quand on réfléchit à une vague de chômage qui pourrait provenir d’une fermeture comme celle-ci, il faut penser à toutes les autres entreprises qui vont en payer le prix, souligne l’économiste : les magasins du coin, l’industrie hôtelière, les épiceries ou les cafés.
Kent Fellows estime toutefois que les déboires de la minière Baffinland surviennent au moment où le marché des minéraux critiques est en pleine expansion.
Je m’attends donc à ce que, si la mine devait fermer, quelqu’un d’autre lève la main pour essayer de la relancer, ajoute-t-il.
Avec les informations d'Arty Sarkisian (nouvelle fenêtre)


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