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La tornade de Saint-Bonaventure rapportée en 1975

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HISTOIRE. «[C’est] incontestablement l’incident le plus marquant du mois, si ce n’est de l’année entière.» C’est en ces mots que le regretté journaliste Benoît Paré décrit la tornade de Saint-Bonaventure dans le résumé des événements s’étant déroulés en juillet 1975. La Parole avait consacré une couverture de six pages au sinistre et à ses sinistrés dans l’édition du 30 juillet, dont voici un petit condensé.

Tout d’abord, un rappel des faits s’impose. Le 24 juillet 1975, à 17 h 54, une tornade avec des rafales allant jusqu’à 160 km/h traverse le cœur du village de Saint-Bonaventure sur une zone de 3 km. En moins de cinq minutes, une centaine de bâtiments et de maisons sont touchés par le phénomène météorologique.

Une quarantaine environ est à moitié ou complètement démolie. C’est le cas de l’église du village, qui a notamment perdu ses deux clochers. Des débris et de la végétation jonchent les rues.

L’événement fait trois morts sur le coup : Mme Georges-Étienne Saint-Laurent et ses deux enfants, Patrice et Patricia, lesquels ont tous trois perdu la vie après que la roulotte qu’ils habitaient eût été emportée par le vent. Quarante blessés sont recensés en date du 30 juillet 1975.

Certaines maisons étaient complètement inhabitables après le passage de la tornade. (Photo : Histoire Drummond, Fonds La Parole; P89-750730-035)

«C’était comme la fin du monde»

Le média écrit drummondvillois a rapporté plusieurs témoignages de résidents ayant vécu le sinistre à l’instant T. Une dame de 70 ans, qui cherchait désespérément le rideau de sa chambre contenant toutes ses économies dans le rebord de la draperie, avouait avoir eu peur durant le passage de la tornade.

«Quand il s’est mis à souffler fort, mon mari m’a serrée par le bras et m’a emmenée au sous-sol. J’étais assise près de l’escalier, et je souhaitais que personne ne soit blessé. J’ai allumé un cierge, sorti l’eau bénite, et récité deux Angélus. Quand nous sommes sortis à l’extérieur, nous étions trempes comme des canards», relatait-elle sous le couvert de l’anonymat.

Fabien Beauchemin, quant à lui, avait bien voulu narrer «le terrible cauchemar qu’il a vécu», en compagnie de son épouse, de sa nièce et de son neveu, à La Parole. «Lorsque tout a commencé, nous nous apprêtions à souper. Puis, en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, c’était la catastrophe», avait-il débuté.

«Il ventait et il pleuvait tellement qu’il nous était impossible de voir clairement de l’autre côté de la rue. Puis, tout à coup, les vitres ont volé en éclats. Nous avions peine à nous entendre dans la maison tellement le bruit était fort. Il fallait crier pour se comprendre. Nous nous sommes cachés derrière le frigidaire. C’était le seul endroit qui demeurait inexposé aux vitres et aux autres débris qui passaient dans la maison. À un certain moment, j’ai vraiment cru que tout était fini. J’ai même récité mon acte de contribution. Le tout a peut-être duré cinq ou six minutes, mais croyez-moi, il s’agissait vraiment de minutes interminables», avait raconté M. Beauchemin.

Des bénévoles sont venus prêter main-forte aux sinistrés durant les jours qui ont suivi le sinistre. (Photo : Histoire Drummond, Fonds La Parole; P89-750730-02)

«C’était comme la fin du monde», avait pour sa part décrit le curé Théophile Côté. Ce dernier relatait que personne ne se trouvait dans l’église au moment du sinistre. Son lieu de culte a été victime de pillages, comme quelques autres maisons ravagées après le passage de la tornade.

De l’aide, mais pas une zone sinistrée

L’aide pour les sinistrés ne s’est pas fait attendre. Une cinquantaine de bénévoles, certains venant de la Protection civile et de l’Organisation des mesures d’urgence (OMU) de Drummondville, ont débarqué le soir du 24 juillet, à 19 h, à Saint-Bonaventure.

Des équipes de recherches ont été déployées pour retrouver de potentiels sinistrés enfouis sous des débris jusqu’à 3 h du matin, dans la nuit du 25 juillet. La grande opération de nettoyage dans les rues de la municipalité a ensuite été mise en marche.

Un passage d’un des articles, intitulé «La Protection civile et l’OMU : mission accomplie», soulignait que, selon Marc Gaudreault, directeur du service de sauvetage de l’OMU, «il est assez difficile d’évaluer le nombre de volontaires qui ont participé au plus gros de l’opération, mais il est certain que la réponse a été fort généreuse en cette période de l’année où plusieurs [personnes] sont en vacances».

Présent à Saint-Bonaventure, le dimanche 27 juillet, le premier ministre de l’époque, Robert Bourassa, avait indiqué que le gouvernement n’aurait pas besoin d’adopter de législation spéciale pour venir en aide aux sinistrés de la municipalité, ni même de déclarer celle-ci comme étant une «zone sinistrée». La contribution gouvernementale se manifesterait toutefois dans le cadre des programmes existants.

Le maire de Saint-Bonaventure, Jean-Paul Pépin, déplorait que le gouvernement provincial dût combler la différence entre le fonds de secours, mis en place par les Caisses populaires du Québec, et la somme des dommages causés aux résidences de la municipalité. Le premier magistrat rapportait à La Parole que plusieurs sinistrés n’étaient assurés que pour le 1/5 de la valeur totale de leurs biens, ce qui les plaçait dans une position quelque peu précaire.

«Restera à évaluer cette différence lorsque les compagnies d’assurances auront définitivement statué sur l’ampleur des dégâts», notait en terminant Benoît Paré dans son résumé paru dans l’édition de La Parole du 6 août 1975.

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