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La testostérone était censée n’avoir aucun lien avec le cancer : ces 11 cohortes internationales montrent exactement l’inverse

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Des hommes présentant un faible taux de testostérone avaient 18 % plus de risques de mourir d’un cancer des années plus tard, selon une étude portant sur plus de 26 000 hommes suivis pendant plusieurs décennies dans 11 cohortes internationales. Publiée dans The Lancet Healthy Longevity, cette recherche identifie un seuil précis — et des nuances importantes pour le cancer de la prostate.



Ce que vous allez apprendre

  • Quel seuil de testostérone est associé à un risque accru de cancer selon cette étude
  • Pourquoi le cancer de la prostate obéit à un schéma hormonal différent des autres cancers
  • Ce que les chercheurs recommandent — et ce qu’ils déconseillent formellement — face à ces résultats


26 000 hommes, 11 cohortes, plusieurs décennies

L’étude AIMS (Androgens In Men Study), dirigée par le professeur Bu Yeap de l’Université d’Australie-Occidentale et publiée dans The Lancet Healthy Longevity, est l’une des analyses les plus ambitieuses jamais menées sur le lien entre hormones sexuelles masculines et cancer.

Les chercheurs ont analysé des échantillons sanguins prélevés tôt dans la vie de plus de 26 000 hommes participant à 11 études de cohorte en Australie, aux États-Unis et en Europe, puis ont suivi les cas de cancer survenus chez ces mêmes hommes au fil des décennies. Les hormones mesurées incluaient la testostérone, la dihydrotestostérone, la globuline de liaison aux hormones sexuelles et l’hormone lutéinisante.

Un seuil précis à 8,6 nmol/L

Le résultat le plus concret de l’étude est l’identification d’un seuil : les hommes dont le taux de testostérone de base était inférieur à 8,6 nanomoles par litre présentaient un risque accru de cancer ultérieur. Les hommes dans le quintile inférieur de testostérone avaient 18 % plus de risques de mourir d’un cancer que ceux du quintile supérieur — et ce, même après prise en compte de l’âge et d’autres facteurs de santé.

Pour référence, le taux normal chez les jeunes hommes en bonne santé se situe généralement entre 10 et 30 nmol/L. Ce taux peut être influencé par des facteurs modifiables — indice de masse corporelle, activité physique — ainsi que par des affections médicales comme le diabète.

Le cancer de la prostate : un schéma différent

Un résultat contre-intuitif émerge concernant le cancer de la prostate. Contrairement aux autres cancers, la testostérone naturelle ne semble pas liée au risque de développer un cancer de la prostate. C’est une distinction importante : bien que la réduction du taux de testostérone soit utilisée comme traitement contre ce cancer, cela ne signifie pas que les niveaux naturels en constituent un facteur de risque.

En revanche, de faibles taux de globuline de liaison aux hormones sexuelles et d’hormone lutéinisante sont associés à un risque plus élevé de cancer de la prostate — deux hormones distinctes du système de régulation hormonal.

Ce que ces résultats ne signifient pas

Yeap est explicite sur ce point : ces résultats ne constituent pas une recommandation de prendre des suppléments de testostérone pour réduire le risque de cancer. Aucune preuve n’existe actuellement que l’administration de testostérone réduit ce risque.

La recommandation est plus pragmatique : les hommes présentant un faible taux de testostérone, quelle qu’en soit la cause, devraient consulter un médecin pour un bilan complet. Un faible taux peut révéler d’autres problèmes de santé ou facteurs de risque à prendre en charge — et peut constituer une incitation concrète à adopter des comportements de vie plus sains et à effectuer des examens réguliers.

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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