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Des chercheurs de l'Université Laval (UL) ont installé des capteurs dans des dizaines de logements sans climatiseur à Québec et Lévis pour l’été. L’objectif est de mieux comprendre quels types de logements sont les plus touchés par la chaleur, pour mieux cibler les interventions à faire lors de canicules.
Michel Jean vient de passer une nuit chaude lorsque Jeanne Picher-Labrie passe le visiter ce matin-là, dans son appartement de Lévis.
Hier, j'ai regardé, avant de me coucher, vers 23 h, c'était à 28 °C dans ma chambre, [...] à l'extérieur c'était 18 °C. Donc, il y a facilement 10 °C de différence, précise-t-il.

L'un des 90 capteurs thermiques qui ont été installés dans les 75 logements des participants.
Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau
Si la professionnelle de recherche lui rend visite ce matin-là, c’est pour nous montrer le petit capteur, de quelques centimètres, que son équipe a installé sur le mur de l'appartement.
Ce n'est pas plus gros que ça. On l'installe sur un mur du logement avec un autocollant. Ça reste là pendant tout l'été, explique celle qui travaille au département de géographie de l’Université Laval.
Toutes les heures, l'appareil enregistre la température intérieure, explique-t-elle. On essaie de l'installer dans la pièce où la personne, le participant passe le plus de temps.
Michel Jean fait partie des 75 participants à un projet de recherche, qui vise à mieux mesurer les températures intérieures des logements sans air climatisé.

Jeanne Picher-Labrie est professionnelle de recherche au sein de l'équipe.
Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau
L'objectif, c'est de mieux comprendre l'exposition de la population, mais aussi de mieux comprendre quels types de bâtiment, quels types de logements, sont plus vulnérables à la chaleur, donc à quels endroits dans la ville on retrouve des logements où les chaleurs excèdent les seuils de sécurité, explique Mme Picher-Labrie.
Le capteur restera installé là jusqu'à la fin de l’été. L’équipe de recherche viendra ensuite le récupérer pour en extraire les données.
Un meilleur portrait pour mieux s'adapter
C'est le professeur Marc-André Bourgault, du département de géographie de l’Université Laval, qui chapeaute le projet.
On sait exactement la température qu'il va faire avec les stations météorologiques [...], mais on n'a aucune information sur les températures intérieures des bâtiments, constate-t-il.
Or, avec les bouleversements climatiques, des données sur les températures intérieures seront essentielles, croit-il. L’objectif final est donc d’avoir de l'information pour favoriser des mesures d'adaptation face aux vagues de chaleur, précise-t-il.

Le professeur Marc-André Bourgault.
Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau
D’ailleurs, Santé Canada finance le projet. Les chercheurs collaborent également avec les directions de Santé publique de Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale. Les autorités espèrent ainsi mieux cibler leurs interventions lors de canicules et de vagues de chaleur dans le futur.
Les augmentations [de température] qu'on a aujourd'hui au Québec ou sur l'ensemble du Canada sont deux fois plus importantes que les moyennes mondiales [...] et ça a des effets sur les températures intérieures des bâtiments, explique-t-il.
Et des logements plus chauds peuvent avoir des effets sur la santé à court et moyen termes.
La chaleur peut avoir des impacts cardiovasculaires, ça peut donner des maux de tête, des vomissements. [Il y a aussi] les coups de chaleur. Dans un cas extrême, ça peut avoir des impacts aussi, à moyen terme. Pour les personnes de plus de 60 ans, ça peut représenter un risque supplémentaire pour la santé, décrit le professeur.
Le projet de recherche se poursuivra l’été prochain. D’ailleurs, l’équipe est toujours à la recherche de participants dans les différents quartiers de Québec et Lévis.


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