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La taxe devait initialement s’ajouter au nouveau droit de douane européen de 3 euros, mais le gouvernement a renoncé à ce cumul au nom d’une harmonisation à l’échelle des Vingt-Sept.

Des agents des douanes françaises inspectent des colis, dans un entrepôt de Lesquin (Nord), le 12 novembre 2025. Des agents des douanes françaises inspectent des colis, dans un entrepôt de Lesquin (Nord), le 12 novembre 2025.

La taxe française de 2 euros sur les colis, instaurée en mars mais contournée par les plateformes asiatiques, sera « suspendue » mercredi 1er juillet, jour d’introduction d’un droit de douane européen de 3 euros auquel elle devait initialement s’ajouter, a annoncé, mardi 30 juin, le gouvernement français à l’Agence France-Presse (AFP).

« Comme nous sommes dans un marché unique, que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe [sur les] colis » en plus du nouveau « droit de douane de 3 euros » européen, a expliqué à l’AFP le cabinet du ministre du commerce, Serge Papin, changeant son fusil d’épaule.

Au 1er mars, la France a mis en place une taxe de 2 euros par catégorie d’articles achetés sur les plateformes d’e-commerce extra-européennes pour freiner l’afflux de « colis », de moins de 150 euros, en provenance de Chine.

Une taxe contournée par les plateformes asiatiques

Cette mesure devait initialement se cumuler dès juillet avec un droit de douane européen de 3 euros par type d’article commandé, appliqué sur le sol de l’Union européenne, portant le total à 5 euros par catégorie d’articles. La taxe nationale devait ensuite être remplacée par un dispositif similaire, intégralement européen, prévu en novembre, harmonisant ainsi les règles pour l’ensemble du marché unique.

Mais les acteurs visés, parmi lesquels Shein, Temu et AliExpress, ont trouvé la parade en expédiant par avion les marchandises dans d’autres pays européens, puis en les acheminant par la route jusqu’en France.

D’où un « déport de volume » de « l’ordre de 90 % depuis le 1er mars », avait estimé à la mi-mai le directeur général des douanes, Florian Colas, évaluant le rendement de la taxe à « 2,3 millions [d’euros] par mois », loin des 400 millions d’euros prévus sur l’année par le budget 2026.

Interrogé, fin mars, sur l’éventuelle suspension de cette mesure, option déjà choisie par l’Italie, Serge Papin avait qualifié son contournement d’« éphémère ». Mais avec une taxation supérieure à celle de ses voisins, la France risquait d’être lésée de juillet à novembre.

« On adore nos amis belges, mais il n’est pas normal (…) qu’il n’y ait qu’eux qui récupèrent la monnaie de leur pièce » quand « les colis continuent malgré tout d’arriver en France », résume le cabinet de M. Papin. « Notre objectif, c’était (…) de pousser l’Europe à prendre des mesures » et « nous avons obtenu gain de cause », a-t-il insisté. « La France a vraiment été pionnière », a abondé le cabinet du ministre de l’action et des comptes publics, David Amiel.

Le Monde avec AFP