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L’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec font à nouveau partie du programme de protection des forêts contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Cette chenille consomme les aiguilles des jeunes pousses des sapins et des épinettes.
Les équipes de foresterie de la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) sont déjà déployées pour effectuer les suivis sur le terrain en vue de l’épandage d’insecticides par avion ou hélicoptère.
On ne sait jamais la date exacte à laquelle le programme d’arrosage va débuter. C’est en lien avec deux facteurs importants. D’abord, le développement de l’insecte, parce que le programme se fait vraiment à un stade particulier du développement de la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Ensuite, c’est l’ouverture des bourgeons sur les sapins baumiers et les épinettes. C’est important que le bourgeon soit ouvert, que les aiguilles, le feuillage, soient à découvert, explique Marie-Louise Dubé, directrice générale de la SOPFIM.
Au cours des prochaines semaines, six avions et un hélicoptère basés à l’aéroport Magny d’Amos pulvériseront un insecticide biologique sur 20 000 hectares de forêts en Abitibi-Témiscamingue, dont 250 hectares de forêts privées. C’est une superficie beaucoup moins grande que les 90 000 hectares de l’an dernier.

Les équipes de la SOPFIM sont éployées pour effectuer les suivis sur le terrain en vue de l’épandage d’insecticides par avion ou hélicoptère.
Photo : Gracieuseté SOPFIM
Il y a deux raisons à ça. La première est en lien avec une baisse de la sévérité de l'épidémie en Abitibi-Témiscamingue. Puis, le deuxième élément, c'est la stratégie des pauses de traitement, une année sur deux, précise Mme Dubé.
Cette année, on est dans une année de pause de traitement importante en Abitibi-Témiscamingue, ce qui fait qu'on a moins de superficies que l'année dernière.
Pourtant, il y a deux ans, la SOPFIM avait protégé 105 000 hectares de forêt en Abitibi-Témiscamingue.
La pause ne se fait pas les yeux fermés, répond Marie-Louise Dubé. Il faut absolument que l’année précédente, on ait réussi à protéger le feuillage suffisamment pour aller vers une pause de traitement. Étant donné qu’en Abitibi-Témiscamingue, il y avait une évolution qui se faisait, on a choisi de ne pas faire de pause l’année dernière.
En 2025, les superficies touchées par la tordeuse des bourgeons de l’épinette dans la région de Abitibi-Témiscamingue étaient de 3 783 937 hectares, contre 2 990 669 hectares en 2024, selon les données du ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
Dans le Nord-du-Québec, la base est installée à l’aéroport de Lebel-sur-Quévillon. La superficie protégée cette année sera de 14 000 hectares, dont 10 hectares en forêt privée. Dans cette région, les superficies touchées par la tordeuse des bourgeons de l’épinette sont passées de 1 043 424 hectares à 1 209 572 hectares, entre 2024 et 2025.
Protéger sans éradiquer
La SOPFIM rappelle par ailleurs que l’objectif des arrosages n’est pas d’éradiquer la tordeuse des bourgeons de l’épinette, qui est un insecte indigène bien présent dans nos forêts, mais de réduire la mortalité des arbres les plus vulnérables.

La SOPFIM utilise des avions pour effectuer l’épandage d’insecticides.
Photo : Gracieuseté SOPFIM
C’est vraiment de réduire la mortalité au bénéfice des collectivités. La pulvérisation avec l’insecticide biologique est l’un des outils que le ministère des Ressources naturelles et des Forêts a dans son coffre pour protéger les forêts du Québec. Ce qu’on veut, c’est qu’il y ait le moins de mortalité possible sur certaines essences d’arbres, en particulier celles qui sont vulnérables. Il faut que les arbres conservent 50 % de leur feuillage, fait valoir Marie-Louise Dubé.
L’insecticide biologique utilisé est le Bacilius thuriengiensis variété kurstaki, qui a fait l’objet de nombreuses études scientifiques. Il ne présente aucun danger pour la population, insiste Mme Dubé.
C'est un insecticide qui est homologué par Santé Canada, dit-elle. Il n’y a pas d'enjeux pour la santé humaine ni pour l'eau, l'environnement, la faune, la flore. Ce qui est intéressant, c'est que c’est une bactérie qui est déjà présente dans le sol à l'état naturel. Elle a un impact seulement sur la tordeuse des bourgeons de l’épinette.
En tout, 12 régions du Québec font partie du programme de protection des forêts contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette cette année, pour un total de 647 000 hectares. Une superficie de 178 918 hectares de forêts sera arrosée en 2026 sur le territoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
La SOPFIM n’est pas en mesure de préciser à ce stade-ci si l’épidémie en cours a atteint son pic au Québec.


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