Il y a quelques semaines, la sonde BepiColombo a éteint ses moteurs après un voyage de huit ans. Sa phase de croisière vient de se terminer, laissant place à sa phase d’approche finale en vue d’une mise en orbite autour de la planète Mercure. Après sa mise en orbite, la sonde se séparera en deux pour mener des opérations scientifiques durant au moins une année.
La planète la moins explorée du Système Solaire
Pour rappel, Mercure est la planète la plus proche du Soleil mais également, la plus petite et la moins explorée du Système solaire. Avec son diamètre est d’environ 4 879 km, cette dernière est à peine plus grande que la Lune. A sa surface, entre l’écart des température est extrême – entre -170°C et +430°C – ce qui n’empêche pas la présence de glace d’eau dans certains cratères au niveau des pôles.
Contrairement aux autres planètes telluriques, Mercure est majoritairement faite de métal (60%), comme en témoigne son noyau de fer massif (85% de son rayon) générant son propre champ magnétique. Le fait est que son faible manteau rocheux intrigue encore beaucoup au sein de la communauté scientifique. Certains chercheurs pensent qu’une énorme collision aurait arraché une partie de la croûte de Mercure peu après sa formation. D’autres pensent plutôt à des mécanismes relatifs aux conditions extrêmes ayant régné près du Soleil à l’époque.
Crédit : NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington
Un défi majeur de mécanique orbitale
En 2018, l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence spatiale japonaise (JAXA) lancent la sonde BepiColombo. Son objectif est d’effectuer une analyse complète de la planète Mercure, pour comprendre son origine, sa structure et son évolution si proche du Soleil. Dans un communiqué du 10 juillet 2026, l’ESA a affirmé que la sonde vient de couper ses moteurs à propulsion électrique, marquant la fin de sa phase de croisière. BepiColombo est donc désormais en chute libre contrôlée, guidée naturellement par la gravité de Mercure. Cette phase d’approche finale se soldera par une mise en orbite, prévue en novembre 2026.
Durant ces huit années, BepiColombo a parcouru une distance de plus de 9 milliards de km, alors que la distance Terre-Mercure est comprise entre 77 et 222 millions de km – en fonction des orbites respectives. Ceci témoigne du fait que rejoindre Mercure est un défi majeur de mécanique orbitale ayant notamment nécessité deux survols de la planète Vénus. La distance parcourue a donc servi de frein face à l’attraction gravitationnelle phénoménale du Soleil sans consommer des quantités impossibles de carburant
Deux orbiteurs pour deux missions : Mio et MPO
Précisons que la sonde BepiColombo embarque deux orbiteurs, pour deux missions scientifiques indépendantes. L’orbiteur Mio de la JAXA se libérera en premier et se placera sur une orbite polaire elliptique, à près de 12 000 km de la surface. L’orbiteur MPO de l’ESA se placera ensuite sur une orbite polaire beaucoup plus basse (1 500 km) et plus circulaire. Les opérations scientifiques de Mio et MPO devrait durer au moins un an, à partir du mois d’avril 2027. Soulignons au passage que Mio se concentrera sur l’étude du champ magnétique de Mercure, de sa magnétosphère et de ses interactions avec les vents solaires violents. De son coté, MPO effectuera une cartographie complète de la surface, analysera la composition géologique de la planète et étudiera sa structure interne.
D’une manière générale, la mission BepiColombo permettra de mieux comprendre l’évolution des mondes rocheux, notamment les exoplanètes se trouvant autour d’autres étoiles. De plus, Mercure est aussi considérée comme une sorte de laboratoire qui pourrait nous en apprendre davantage sur la formation des planètes telluriques comme Mars, Vénus et évidemment la Terre.


1 day_ago
70



























.jpg)






French (CA)