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Alors que les États-Unis sont mis en échec dans le détroit d’Ormuz par un acteur économique qui pèse 60 fois moins qu’eux, alors que l’internationale autoritaire, soutenue par Moscou et Washington, subit un revers important à Budapest, une évolution importante passe sous les radars en ce printemps 2026.
La Russie accumule les déconvenues sur le front ukrainien, alors même que la guerre au Moyen-Orient signe son déclassement comme puissance dans la région. Et ce n’est pas le coup de pouce d’une remontée passagère du prix des hydrocarbures, certes bonne pour les liquidités d’un État prédateur, qui va changer les tendances de fond.
Malgré une résilience initiale devant les sanctions occidentales, l’économie russe accuse le coup, après deux ou trois ans d’une croissance artificielle, « montée de sucre » portée par la demande militaire. Le PIB stagne désormais, tandis que l’inflation élevée, la pénurie de main-d’œuvre et des finances dévorées par le « tout-à-la-guerre » tirent le pays vers le bas.
Économie en panne, perte d’influence géopolitique (disparition des « clients » syrien et iranien, subordination croissante à la Chine)… mais aussi : un front ukrainien qui stagne et même recule dans le Donbass et le sud ; des pertes d’hommes épouvantables, qui ne sont plus compensées par les recrutements ; une mer Noire vidée de ses navires de guerre russes…
La Russie ne gagne pratiquement plus de territoire. L’idée reçue, reprise jusqu’en 2025, d’une progression lente mais inexorable est désormais contredite sur le terrain. Les 600 kilomètres carrés grugés chaque mois par l’armée russe en 2025 sont tombés à moins de 150 au début de 2026. En février et en mars, il y aurait même eu le contraire : quelques kilomètres carrés repris par l’Ukraine.
L’année 2025 a été la plus meurtrière pour les forces russes. L’état-major ukrainien affirme que les pertes ennemies se sont élevées à 418 170 soldats tués ou blessés graves, estimation très proche de celles de l’ISW (Institut pour l’étude de la guerre) ou du Center for Strategic and International Studies. Ce qui donne 35 000 soldats russes hors de combat chaque mois, alors que Moscou n’arrive plus à dépasser les 30 000 embauches mensuelles. Arithmétique fatale, qui peut expliquer le piétinement actuel.
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Et puis il y a cette « guerre des drones », où l’Ukraine surprend.
Selon Le Monde du 9 avril, « les Ukrainiens ont maintenant pris le dessus dans la guerre aérienne contre la Russie ». Portées par une nouvelle génération de drones, « les forces ukrainiennes ont réalisé un nombre record de frappes en mars, détruisant des infrastructures pétrolières et gazières russes ». Le ministère de la Défense russe a déclaré avoir abattu un « record » de 7347 drones ukrainiens en mars… mais sans jamais dire combien sont passés !
La guerre des drones devient progressivement l’aspect principal du conflit. L’adaptation de l’armée ukrainienne a été, sous cet angle, d’une rapidité et d’une efficacité stupéfiantes.
En 2025, des milliers de drones ont été lancés, dont au moins 58 ont fait mouche, jusqu’à 2000 km en profondeur. Plus de la moitié des grandes raffineries ont été touchées, ce qui a réduit de 17 % la capacité totale de raffinage du pays. Résultat : pénuries locales, carburant rationné et révisions à la baisse des exportations. L’Ukraine frappe là où ça fait mal.
À tel point qu’un nombre important de drones ukrainiens sont aujourd’hui déployés au Moyen-Orient. Les pays de la région, à l’exception de l’Iran, s’empressent de conclure des accords avec Kiev pour acheter du matériel de pointe (des drones intercepteurs) et embaucher des conseillers. Le monde à l’envers !
Le dédain, redevenu clair et explicite, de Donald Trump envers Volodymyr Zelensky et son pays, n’y change rien. Même s’il a déclaré en mars qu’il n’avait surtout pas besoin de drones ukrainiens, le New York Times a révélé que des bases américaines, notamment en Jordanie, avaient précisément acquis des drones intercepteurs ukrainiens ! Ce qui permet aujourd’hui à Zelensky de mettre de côté toute obséquiosité stratégique et de déclarer franchement : « Poutine manipule Trump. »
Le maître du Kremlin va-t-il se décider à négocier la paix ?
Pour joindre l’auteur : [email protected]


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