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L'archéologie raconte l'histoire des civilisations, mais aussi celle des États. Avec la guerre en Ukraine, le patrimoine culturel devient, lui aussi, une cible. Selon les informations de la chaîne de télévision ukrainienne Suspilne, relayées par le média ukrainien Euromaidan Press, la Russie mène actuellement six expéditions archéologiques dans la zone de la péninsule de Crimée, annexée en 2014.
Moscou en a bien conscience: détruire des monuments antiques et s'approprier des vestiges permet d'affaiblir l'identité d'un peuple. En Crimée, les attaques contre la mémoire nationale prennent la forme de fouilles archéologiques illégales.
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Officiellement, il s'agit d'explorer d'anciennes cryptes, une nécropole et des sites antiques. Les autorités ukrainiennes, elles, qualifient ces expéditions de vaste campagne de pillage culturel.
Vadym Maïko, directeur de l'institut d'archéologie de Crimée, a affirmé à l'agence de presse officielle russe Ria Novosti que les équipes ont investi plusieurs sites emblématiques de la péninsule: le complexe funéraire d'Opushki, où trois cryptes sont examinées, ainsi que la nécropole de Kyz-Aul, au bord de la mer Noire. Des travaux ont également lieu aux abords du site fortifié d'Artezian. Deux autres chantiers sont également évoqués, sans révéler leur emplacement.
Ces opérations pourraient bien violer le droit international. La Convention de La Haye de 1954 protège les sites archéologiques et impose aux États de prévenir le vol, le pillage et le détournement de fonds.
500.000 artefacts découverts par Moscou
Depuis l'annexion de la Crimée en 2014, Moscou a multiplié les campagnes de fouilles sur les sites antiques sans l'autorisation de Kiev. Près de 500.000 objets archéologiques ont ainsi été mis au jour. Cela inquiète les organisations internationales. En juillet 2026, l'Unesco a inscrit le site de Chersonèse, une cité grecque antique dont les ruines se trouvent dans la ville de Sébastopol, sur la liste du patrimoine mondial en péril. L'institution onusienne invoque des graves dommages causés par les fouilles et les travaux réalisés.
Le Centre national de résistance ukrainien accuse les agents de sécurité russes d'accepter des pots-de-vin. En échange, ces derniers laisseraient les pilleurs d'antiquités emporter des objets anciens trouvés.
Dans un rapport publié le 1ᵉʳ avril, les services de renseignement militaire ukrainiens ont identifié sept archéologues et historiens russes liés à des fouilles suspicieuses. Kiev a entamé des poursuites à l'encontre de certains à titre individuel. Toutefois, identifier des responsables de fouilles illégales ne garantit pas qu'ils comparaîtront un jour devant un tribunal.
Le cas de l'archéologue russe Alexandre Boutiaguine l'illustre parfaitement. Accusé par Kiev d'avoir causé près de 4,8 millions de dollars (environ 4,2 millions d'euros) de dommages sur un site antique, il a été arrêté en Pologne. Varsovie l'a ensuite remis à la Biélorussie dans le cadre d'un échange de prisonniers, en avril dernier. Alexandre Boutiaguine est depuis rentré en Russie, sans être jugé. Un exemple qui montre la difficulté d'obtenir justice pour des actions commises sur un territoire annexé.





























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