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"La reprise des attaques entre les Etats-Unis et l'Iran ont renforcé les inquiétudes des investisseurs"

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Les Bourses européennes hésitent mercredi, après avoir ouvert dans le rouge, les investisseurs restant prudents face aux pressions venant de la hausse des prix de l'énergie, qui ravivent les craintes inflationnistes et les attentes de relèvement des taux des banques centrales.

Dans les premiers échanges, Paris (+0,01%) et Londres (+0,03%) évoluaient près de l'équilibre, quand la Bourse de Francfort cédait 0,24%. Milan s'octroyait 0,26%.

A Bruxelles, le Bel20 augmentait 0,013%.

Les marchés asiatiques ont ouvert en baisse mercredi tandis que les taux obligataires se maintenaient à des niveaux records depuis plusieurs décennies, les investisseurs anticipant une hausse des taux d'intérêt au moment où de nouvelles attaques au Moyen-Orient entraînent une flambée des cours du pétrole.

Le pétrole poursuit sa hausse

Vers 04H00 GMT, le baril de WTI américain s'échangeait à 90,74 dollars, en hausse de 0,58%, au plus haut depuis fin juillet. Celui de Brent de la mer du Nord était à 95,45 dollars, grimpant de 0,88%. Tous deux avaient connu la veille des hausses respectives de 5,20% et 4,60%.

Après un mois d'accalmie durant lequel l'accent avait été mis par Washington sur la guerre économique, l'Iran a attaqué mercredi des bases militaires des Etats-Unis dans le Golfe en réponse à une salve de frappes américaines contre lui, la deuxième en quelques jours.

L'essence n'avait plus été aussi chère depuis juillet 2022

La fermeture de fait du détroit d'Ormuz, par lequel transitait habituellement environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux, ainsi que le maintien des prix de l'énergie à des niveaux élevés, renforcent les craintes d'inflation.

Cette situation, conjuguée aux inquiétudes concernant les dépenses publiques et à un afflux massif d'émissions de dette d'entreprise, a fait monter en flèche les anticipations de hausse des taux, exerçant une pression à la hausse sur les coûts d'emprunt de l'Etat.

Hausse des taux obligataires

Moins confiants sur l'avenir des grandes économies et estimant que la hausse des prix va grignoter leurs marges, les acteurs des marchés demandent une compensation plus élevée pour détenir des morceaux de dette souveraine, ce qui fait grimper les taux obligataires.

Le rendement des obligations d'Etat britanniques à 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis 1998, tandis que celui des obligations à 10 ans se situe à un niveau qui n'avait plus été observé depuis la crise financière mondiale de 2007-2008.

Le rendement des obligations japonaises à 10 ans a atteint un sommet depuis 30 ans, celui des bons du Trésor américain à 30 ans s'approche de son niveau de 2007 et le rendement des obligations américaines à 10 ans se situe aux niveaux observés lors de la crise financière.

Les entreprises technologiques - qui dépendent de taux d'emprunt bas pour financer leurs investissements - ont fait plonger les indices de Tokyo et de Séoul.

Vers 04H00 GMT, le Nikkei chutait de 2,76% et le Kospi baissait de 3,79%.

Dans le même temps, Hong Kong abandonnait 1%, Shanghai reculait de 0,82%, Sydney laissait 1,14%, Taipei baissait de 1,34% et Manille chutait de 0,79%.

Ces baisses font suite aux pertes enregistrées par les trois principaux indices de Wall Street la veille.

"Les rendements obligataires étaient déjà en hausse, et la reprise des attaques entre les Etats-Unis et l'Iran, ainsi que leur impact sur les cours du pétrole, ont renforcé les inquiétudes des investisseurs concernant les obligations", analyse Rajeev De Mello, de Gama Asset Management.

"A ces niveaux, la hausse des rendements constitue clairement un frein pour les actions asiatiques, en particulier les valeurs technologiques à long terme", estime-t-il.

Dans l'attente de résultats

Les investisseurs se préparent à la publication, la semaine prochaine, de données clés sur l'emploi et l'inflation qui pourraient influencer une éventuelle hausse des taux par la Réserve fédérale (Fed) lors de sa prochaine réunion, dans deux semaines.

Selon Bloomberg, les opérateurs estiment à 70% la probabilité d'une hausse des taux.

Le gouverneur de la Fed Michael Barr a déclaré que les décideurs devaient être prêts à relever les taux si l'inflation restait obstinément au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la banque, ce qui est le cas depuis plus de cinq ans.

G20 Finance: un seul pays refuse l'accord sur la navigation dans le détroit d'Ormuz

"Si l'évolution des données me donne une certaine confiance dans le fait que l'inflation se dirige vers les 2%, alors je pense que nous pourrons prendre un peu plus de temps pour évaluer notre orientation de politique monétaire", a-t-il déclaré dans un discours.

"En revanche, si l'inflation ne semble pas ralentir suffisamment, je pense que nous devrions agir de manière décisive pour relever les taux", a-t-il ajouté.

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