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Le Camp Jeunesse en marche est presque disparu à jamais. Mis en veilleuse pendant quatre ans à la suite de la pandémie de COVID-19, le camp de vacances francophone du Témiscamingue ontarien a considéré vendre son terrain avant qu'une nouvelle génération de bénévoles a décidé de lui redonner vie.
Le Camp Jeunesse en marche est presque disparu à jamais. Mis en veilleuse pendant quatre ans à la suite de la pandémie de COVID-19, le camp de vacances francophone du Témiscamingue ontarien a considéré vendre son terrain avant qu'une nouvelle génération de bénévoles a décidé de lui redonner vie.
Aujourd'hui, les rires des enfants résonnent de nouveau sur les rives du lac Gillies dans le canton de Coleman, une quinzaine de kilomètres au sud de New Liskeard. Le camp, fondé en 1978, connaît un second souffle depuis sa relance en 2024.
On a vraiment eu peur de perdre le camp après la pandémie , raconte Louise Laroque-Denis, membre du conseil d'administration et responsable de la programmation. C'était toujours les mêmes bénévoles. Mais on a vu, par la demande du public, à quel point ce camp tenait à cœur aux familles. On s'est retroussé les manches et on a recommencé.
Le retour n'a pourtant pas été simple. Avant même d'accueillir les premiers campeurs, il a fallu reconstruire une équipe de bénévoles, recruter des moniteurs, remettre les installations aux normes et redonner confiance aux familles.

Gérard Vachon, président du Camp Jeunesse en marche
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
Nous avons rénové les salles de bain, remplacé le toît, refait des balcons et investi dans plusieurs améliorations avant la relance , explique Gérard Vachon, le président du Camp Jeunesse en marche.
L'engouement a rapidement suivi. Après cinq semaines de programmation l'an dernier, l'organisme ajoute une semaine supplémentaire. Le Camp accueille environ une trentaine de jeunes par semaine.
Profiter du plein-air en français
Au-delà des activités nautiques, des randonnées, des expériences scientifiques et des feux de camp, le Camp Jeunesse en marche demeure l'un des rares endroits où les jeunes francophones du Témiscamingue ontarien peuvent se divertir entièrement en français.
Ici, tout se déroule en français , souligne Gérard Vachon. Les activités, les repas, les échanges entre les jeunes… tout se fait en français. C'est extrêmement important parce que nous sommes une communauté francophone en situation minoritaire.

En 2026, le Camp jeunesse en marche accueille des jeunes sur six semaines de programmation.
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
Selon lui, le camp contribue depuis près d'un demi-siècle à former des leaders et à renforcer le sentiment d'appartenance des jeunes envers leur langue et leur communauté.
Ils viennent ici d'abord pour s'amuser. Ensuite, ils développent leur leadership, leur sens du civisme et repartent avec des souvenirs qui les suivent toute leur vie. Plusieurs anciens campeurs reviennent aujourd'hui comme bénévoles ou nous appuient financièrement.
Une deuxième maison
Contrairement à un camp de jour, les enfants passent toute la semaine sur place. Ils dorment dans les dortoirs, prennent tous leurs repas ensemble et participent aux activités du matin au soir.
Pour Louise Larocque-Denis, cette formule favorise des liens uniques.
Les cousins et les cousines s'inscrivent souvent la même semaine. J'ai déjà reçu douze inscriptions d'une seule famille en une journée. Les plus jeunes aiment avoir leurs grands cousins avec eux. On voit vraiment des liens se créer.
Le camp accueille principalement des jeunes d'Earlton, d'Englehart, de New Liskeard et des municipalités environnantes; mais aussi des familles expatriées qui reviennent de Thunder Bay, de Parry Sound ou du Québec afin de permettre à leurs enfants de vivre la même expérience qu'eux autrefois.
L'organisme souhaite d'ailleurs attirer davantage de familles québécoises, notamment de Ville-Marie, Notre-Dame-du-Nord et Rouyn-Noranda.
La frontière est à seulement quelques kilomètres. On croit qu'il y a un beau potentiel à développer , affirme Mme Larocque-Denis.
Une semaine de croissance
Chaque été, la coordonnatrice du camp, Myriam Boucher voit les effets positifs du séjour sur les jeunes.
Plusieurs arrivent le lundi très timides. À la fin de la semaine, ils chantent, participent aux jeux, prennent des initiatives et parlent avec tout le monde. C'est incroyable de voir leur évolution en seulement quelques jours. , avance-t-elle.
La coordonnatrice souligne également l'importance du camp pour les enfants qui fréquentent les écoles francophones, mais qui vivent dans une région majoritairement anglophone.
C'est une occasion de continuer à parler français pendant l'été, lance Mme Boucher.

Le Camp Jeunesse en marche est incorporé depuis 1978.
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
Les traditions du Camp Jeunesse en marche contribuent aussi à créer un sentiment d'appartenance : la danse du jeudi soir, les jeux dans les sentiers, les feux de camp, les chants et les empreintes de main que chaque campeur laisse sur les murs de la salle à manger.
Des parents reviennent aujourd'hui déposer leurs enfants et cherchent encore leur empreinte de main qu'ils avaient faite lorsqu'ils étaient jeunes , raconte Myriam Boucher.


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