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Des chercheurs de l’Université de l’Alberta ont mené un essai clinique combinant la marche et la psychothérapie qui semble indiquer une réduction des symptômes de trouble de stress post-traumatique (TSPT).
Cette thérapie multimodale de désensibilisation et de reconditionnement de la mémoire par le mouvement, ou 3MDR, a été menée auprès de 48 participants. L'étude concernait des militaires, d'anciens combattants, des premiers répondants et des travailleurs de la santé, tous atteints de TSPT.
D'après les résultats publiés en mai dans la revue Brain and Behavior, les améliorations observées se sont maintenues jusqu’à un an après le traitement.
Parmi les 48 participants, 22 présentaient un TSPT résistant au traitement, autrement dit, ils avaient auparavant suivi au moins deux autres formes de thérapie sans succès. Les participants ont suivi de 10 à 14 semaines de thérapie. Chaque séance durait environ une heure.

La thérapie 3MDR combine la marche sur un tapis roulant et l’exposition graduelle à des images associées à un événement traumatisant.
Photo : Radio-Canada / Mirna Djukic
Marcher vers ses traumatismes
La thérapie 3MDR combine la marche sur un tapis roulant, des images, de la musique et des échanges avec un thérapeute.
Relié à un harnais de sécurité, le patient avance vers trois grands écrans. Il y observe par la suite des images, qu’il a lui-même choisies, pour faire surgir des souvenirs liés à son traumatisme.
Le thérapeute lui pose ensuite des questions sur ses émotions et ses souvenirs. Une tâche visuelle permet périodiquement de détourner son attention afin qu’il puisse reprendre ses distances avec l’événement.
Ce que nous constatons, c’est que les gens vont mieux et continuent d’aller mieux avec le 3MDR. Nous demandons aux gens de se souvenir, mais pas de revivre l’événement.

Les chercheurs ont observé une diminution importante des symptômes de TSPT, de dépression et d’anxiété.
Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh
Selon elle, la marche pourrait aider les patients à demeurer dans le moment présent tout en affrontant des souvenirs qu’ils cherchent habituellement à éviter.
La chercheuse affirme voir se produire en quelques semaines ou quelques mois des progrès qui nécessitaient auparavant plusieurs années.
Un espoir pour les anciens combattants
Alex Petruk a quitté les Forces armées canadiennes en 2023, après 18 années de service.
Selon lui, le caractère physique du traitement pourrait aider des militaires à demeurer concentrés malgré l’insomnie, l’évitement ou la dissociation qui accompagnent parfois le TSPT.

Selon Alex Petruk, de nombreux facteurs peuvent empêcher les militaires de suivre des traitements thérapeutiques, notamment la stigmatisation, la gêne ou l'isolement.
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Beaucoup de militaires et d’anciens militaires aiment le côté physique. Ça les aide à rester ancrés dans le moment présent.
L'organisation Anciens Combattants Canada (ACC) affirme continuer de suivre l'évolution de la recherche. Elle indique que certains anciens combattants suivis dans les cliniques d’Edmonton et de Calgary ont pu participer aux essais, et envisage de soutenir une utilisation plus large du traitement.
D'après les informations de Serra Hamilton (nouvelle fenêtre)


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