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La qualité de l’eau potable de Sept-Îles s’améliore, selon la Ville

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Peu à peu, l’eau potable de Sept-Îles rejoint les normes en vigueur, après des années de non-conformité. Selon des échantillons prélevés par la Municipalité dans les derniers mois, les taux de certaines substances potentiellement cancérigènes ont fortement diminué dans le réseau de distribution d’eau potable.

Cela fait plus d’une décennie que la municipalité est aux prises avec une eau potable qui présente des concentrations hors norme de trihalométhanes (THM) et d’acides haloacétiques (AHA), des sous-produits de la désinfection de l’eau, potentiellement cancérigènes.

Selon le bilan annuel de la qualité de l’eau potable, publié ce mois-ci, plusieurs échantillons prélevés entre mars et septembre 2025 dans le réseau affichaient encore des taux d’acides haloacétiques qui dépassent la norme québécoise en vigueur.

L'entrée de la centrale en hiver.

La mise aux normes de l'usine d'eau potable de Sept-Îles a coûté 15 millions de dollars. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alban Normandin

Ces échantillons ont été prélevés dans le secteur des rues Arnaud, Brochu, Cartier, Franquelin et Jolliet.

Mais ce bilan est peu représentatif de la situation actuelle depuis la mise aux normes de l’usine d’eau potable de la municipalité et l’introduction d’un nouveau produit de désinfection, rappelle le directeur de l’environnement à la Ville de Sept-Îles, Jean-François Grenier.

Jean-François Grenier devant des machines de traitement d'eau.

Jean-François Grenier assure que, dorénavant, les taux de THM et de AHA vont désormais respecter les normes, et ce, à long terme. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alban Normandin

Les taux ont grandement diminué, donc à ce jour, on est en-dessous des normes applicables.

Les échantillons collectés par la ville révèlent des taux de trihalométhanes de 20 à 30 μg/L, nettement inférieurs à la norme québécoise de 80 μg/L. En ce qui concerne les acides haloacétiques, leurs concentrations s’élèvent à 40 μg/L alors que la norme est plutôt de 60 μg/L.

Des progrès à surveiller

Jean-François Grenier reconnaît que ces taux pourraient changer selon les saisons et la température du lac des Rapides, la source d’eau potable de la municipalité.

Le lac rapide en hiver.

Le lac des Rapides alimente la Ville de Sept-Îles, incluant les secteurs de Moisie et la communauté innue de Maliotenam. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Michèle Bouchard

Il souligne que les échantillons prélevés en été, lorsque le lac est plus chaud, pourraient afficher des concentrations plus élevées de THM et de AHA. Mais il demeure convaincu que les normes seront respectées.

On travaille avec une eau de surface qui est fortement colorée et fortement chargée en matières organiques. C’était la meilleure solution à court terme et on avait prévu une diminution entre 30 et 50 % des teneurs de [paramètres problématiques].

Au-delà des THM et des AHA, le nouveau système à la monochloramine pourrait lui aussi générer de nouveaux sous-produits de désinfection indésirables, incluant la nitrosodimétylamine, la dichloramine, la trichloramine.

Mais, après énormément de tests en laboratoire, la Ville n’en a pas décelé.

Des résultats positifs, selon un expert

Pour le professeur et titulaire de la Chaire de recherche en eau potable à l’Université Laval, Manuel Rodriguez, ces résultats sont positifs.

Selon lui, la Ville devra tout de même poursuivre ses analyses pour surveiller les conséquences inattendues de l’introduction d’un nouveau système de traitement de l’eau.

Une conduite au sous-sol de l'usine.

La monochloramine est plus stable que l'ancien produit de décontamination et génère moins de THM ou de AHA dans le réseau. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alban Normandin

D’ailleurs, Jean-François Grenier explique que la monochloramine génère une eau de couleur jaunâtre dans certains secteurs de la Ville, notamment chez les résidences situées dans des culs-de-sac ou le long d’axes routiers courbés.

L’eau reste sécuritaire à la consommation et la Municipalité entend purger le réseau ce printemps pour atténuer le problème, ajoute-t-il.

Quand on fait ce type de changement, c’est extrêmement complexe d'arriver à une situation optimale très rapidement. Il faut faire beaucoup d’essais-erreurs, juge Manuel Rodriguez.

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