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La production d’avions-citernes pourrait augmenter, à une condition

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Après un autre été d’intenses feux de forêt et une pression de ses clients, le constructeur aéronautique De Havilland se dit prêt à augmenter la production des avions-citernes s’il reçoit une commande ferme de 50 appareils supplémentaires.

L’entreprise qui assemble ces avions à Calgary ne cache pas qu’il lorgne du côté d’Ottawa pour cette garantie de demande à long terme.

Nous avons dit au gouvernement canadien que s’il nous commandait 50 appareils, nous mettrons en place une seconde chaîne de fabrication dès demain, a affirmé Neil Sweeney, le vice-président aux affaires de l'entreprise à De Havilland Canada lors d’une récente visite à l’usine d’assemblage dans le nord-est de Calgary.

Un avion-citerne de la Sécurité civile française combattant un incendie.

Les pompiers français ont déploré le nombre d'avions-citernes suffisants pour lutter contre les multiples brasiers sur leur territoire en juillet.

Photo : Getty Images / AFP/THIBAUD MORITZ

La page d’accueil du site Internet du constructeur proclame aussi : Il est temps d’avoir une flotte nationale d’avions-citernes. Le message incite les visiteurs à écrire à leurs députés pour demander un investissement à long terme dans les appareils canadiens.

On voit là une vraie occasion pour le Canada de passer à l'action.

De Havilland Canada a déjà reçu 38 commandes de l’Union européenne et de provinces canadiennes pour son avion-citerne, dont la production a été relancée en 2025.

Détail des commandes fermes de Canadairs

Commandes internationalesCommandes canadiennes
Grèce - 7Ontario - 6
Espagne - 7Alberta - 5
France - 4Manitoba - 3
Croatie - 2
Italie - 2
Portugal - 2

Neil Sweeney explique toutefois que, malgré des délais de livraison de plusieurs années, ces commandes ne sont pas suffisantes pour justifier un accroissement de la production.

Rien n’est bon marché. On a besoin d’une commande importante pour justifier les dépenses. C’est des dizaines et dizaines de millions de dollars pour lancer une deuxième chaîne, explique-t-il.

Un travailleur de De Havilland perce une pièce de métal.

La production des avions-citernes est très peu automatisée. Environ 180 personnes travaillent à la fabrication des aéronefs à Calgary, mais le recrutement se poursuit.

Photo : Radio-Canada / Kyle Bakx

Le constructeur veut aussi éviter une répétition du passé. L’entreprise Bombardier, qui était à l’époque propriétaire du Canadair, en avait arrêté la production en 2015, faute de commandes suffisantes.

Quand on construit un appareil, on veut s’assurer de ne pas augmenter la cadence de construction pour ensuite la voir s’effondrer. Nous avons 3000 personnes qui travaillent pour nous à travers le pays, souligne Neil Sweeney.

Une flotte nationale demandée

Dans son émission radiophonique bimensuelle, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a indiqué avoir plaidé en ce sens auprès de ses homologues provinciaux pour convaincre le gouvernement fédéral de financer de nouvelles commandes.

Je vais continuer de travailler avec mes homologues pour voir si on peut avoir ces commandes supplémentaires et peut-être pourrons-nous accélérer [la production], a-t-elle souligné.

Un rapport sénatorial intitulé Le Canada en flammes et publié en juin recommande également la mise en place d’une flotte nationale d’aéronefs modernes de lutte contre les feux financée par le gouvernement fédéral.

Une femme parle devant un micro installé sur un pupitre.

La ministre Eleanor Olszewski est responsable de la gestion de la réponse fédérale aux feux de forêt.

Photo : Radio-Canada / Eli Ridder/CBC

Dans une réponse par courriel, le bureau de la ministre fédérale de la Gestion des urgences et de la Résilience des communautés, Eleanor Olszewski, reconnaît l’importance d’une approche nationale de collaboration, mais il ne dévoile pas si Ottawa est prêt à signer des bons de commande à De Havilland.

Notre gouvernement examine actuellement les commentaires reçus dans le cadre de la consultation publique sur la gestion des urgences.

Des ressources très prisées

Un premier pas vers l’établissement d’une flotte nationale a toutefois été pris cet été. Le gouvernement fédéral a loué 10 appareils de lutte contre les incendies (mais pas d'avions-citernes) qui peuvent être déployés dans tout le pays en soutien aux ressources provinciales.

Selon Awa Cissé, chargée de communication au Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC), ces aéronefs ont déjà été bien utilisés. Il y a des moments où on a dû se regrouper et se demander [...] où sont les priorités parce que, parfois, il y a plusieurs demandes qui arrivent pour les mêmes aéronefs ou les mêmes ressources, explique-t-elle.

Un bombardier d'eau survole une forêt en y jetant une importante quantité d'eau.

Des avions bombardiers d'eau combattent des incendies de forêt à Red Lake, dans le Nord-Ouest de l'Ontario.

Photo : Capture d’écran/Twitter / Ontario Ministry of Natural Resources and Forestry

Le CIFFC ajoute toutefois que, s’ils capturent l’imaginaire du public, les avions-citernes ne peuvent pas être utilisés pour tous les brasiers et ne remplacent pas les pompiers sur le terrain.

Le chargé d’enseignement du programme de gestion d’approvisionnement et d’aviation à l’Université McGill, John Gradek, est ambivalent face aux demandes d’investissement fédéral de De Havilland.

Avant de dépenser des millions de dollars, il souligne que le Canada n’a pas établi de stratégie de réponse aux feux de forêt. Des questions telles que : Lesquels sont une priorité? Quel est le temps de réponse acceptable?, n’ont pas encore de réponse.

De combien en a-t-on besoin? On ne sait pas.

Toutefois, l’intensité des feux de forêt et la pression internationale auraient provoqué une réponse plus rapide que d’autres pays, fait-il remarquer.

Le monde en a besoin aujourd’hui. Qu’est-ce que les Canadiens font? On attend des bons de commande. Voyons! C’est notre réticence à accepter le risque, déplore-t-il.

Neil Sweeney se tient devant un panneau détaillant le processus de fabrication d'une aile d'avion-citerne. Il montre de la main une autre partie du hangar à Calgary en août 2026.

Neil Sweeney est le vice-président aux affaires de l'entreprise à De Havilland Canada.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Le constructeur De Havilland pointe aussi du côté de la concurrence internationale pour convaincre Ottawa d’agir plus vite.

Nous avons le meilleur bombardier d’eau dans le monde, point à la ligne. Nous l’avons depuis 60 ans, mais les 60 prochaines années ne sont pas garanties, souligne Neil Sweeney. Nous pouvons contrôler le marché [...] si nous pouvons accélérer la production avec une seconde chaîne d’assemblage.

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