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MILAN – Martin Marincin ne sait pas trop comment Juraj Slafkovsky y arrive.
Le défenseur slovaque, qui a joué quelques années avec les Maple Leafs de Toronto avant de retourner en Europe en 2021, sera un joueur important aux Jeux olympiques de Milan, car il devrait être partie prenante d’un top 4 très respectable en défense.
Mais il ne reçoit pas le quart de l’attention dont fait l’objet Slafkovsky en Slovaquie.
Il est très gros là-bas, a décrit Marincin. Tout le monde veut se faire prendre en photo avec lui ou avoir son autographe. C’est un bon joueur, il joue dans la LNH et c’est le fun pour lui, mais en même temps… c’est dur.
C’est bon qu’il fasse plaisir aux gens, mais parfois, tu as aussi besoin d’un peu de temps pour toi.
Chez le Canadien, tous les joueurs de l’équipe sont reconnus partout où ils vont et doivent gérer ce genre d’attention. Slafkovsky fait partie d’une demi-douzaine de joueurs environ qui se partagent une plus grande part de la popularité.
Tandis qu’en Slovaquie, il est sans contredit le numéro un.
Il y a lui, et il y a les autres.
Et les médias locaux, qui évitent de le froisser et qui choisissent méticuleusement la formulation de chaque question, le traitent comme une vraie de vraie célébrité. Ils épient tous ses faits et gestes, et Slafkovsky a développé avec eux une relation plus tendue qu'avec les médias de Montréal.
Heureusement que la Slovaquie est un petit pays et que ce n’est pas aussi grand que le Canada, s’est-il esclaffé au terme de son premier entraînement avec l’équipe nationale à Milan.
Slafkovsky porte un peu sur ses épaules les espoirs de toute une nation. C’est un ancien premier choix universel de la Ligue nationale de hockey et, faut-il le rappeler, il est le tenant du titre de joueur par excellence des Jeux olympiques.
À seulement 17 ans et avec le sourire sillonné de broches, il avait permis à la Slovaquie de décrocher la médaille de bronze à Pékin, en 2022.
Cette fois-ci, la donne est différente. Les joueurs de la LNH sont de retour dans le tournoi olympique et le niveau de compétition sera autrement plus relevé.
Mais heureusement pour la Slovaquie, le Slafkovsky d’aujourd’hui est lui-même un meilleur joueur qu’il ne l’était il y a quatre ans.
C’est un Slafkovsky totalement différent, estime l’entraîneur-chef Vladimir Orszagh. (À Pékin) c’était un tout jeune homme, il était sur une lancée, il avait marqué huit buts, et quelqu’un avait dit que, même s’il tirait la rondelle à partir du buffet, il réussirait quand même à marquer. C’est dire à quel point il était en feu à ces Olympiques.
Mais il était jeune quand il a joué avec Hrivik, et maintenant, c’est un joueur différent. Il est beaucoup plus mature et il est l’un de ceux qui devraient prendre le relais en matière de leadership.
Hrivik, c’est Marek Hrivik, le vétéran qui avait agi comme capitaine de la Slovaquie en 2022. Une blessure empêche ce dernier d’être à Milan, et la décision logique a été de désigner l’ancien du CH Tomas Tatar comme nouveau capitaine.
Une menace, mais un meneur aussi
Slafkovsky ne portera pas de lettre sur son chandail à Milan, car les défenseurs Erik Cernak et Martin Fehervary ont été nommés adjoints à Tatar. Peut-être est-ce parce que Slafkovsky a déjà réclamé des changements au sein de la Fédération slovaque en 2024 (nouvelle fenêtre) et a affirmé que la médaille de bronze acquise à Pékin, un faux résultat rendu possible par l'absence des joueurs de la LNH aux Jeux olympiques, permettait à la Fédération de prétendre qu'elle faisait bien les choses.
Mais que Slafkovsky arbore ou non une lettre à la poitrine, c’est peut-être sur le plan du leadership que ces Jeux pourraient être les plus transformationnels pour lui. On voit ce qu’il est de plus en plus capable de réussir offensivement à Montréal, mais utiliser sa confiance grandissante pour mener tout un groupe pourrait être un développement intéressant dans sa carrière.
Je veux être celui qui va faire la différence et, pour ça, je dois être capable de jouer contre qui que ce soit, peu importe ce qu’ils font. Je veux leur rendre la vie difficile et marquer des buts.
Il serait utopique d’attendre de Slafkovsky un impact aussi grand que celui qu’il a eu à Pékin. Mais il y a assurément de la pression venant de Slovaquie pour qu’il s’illustre. Une pression pour laquelle le fait de jouer à Montréal n’aurait pas pu mieux le préparer, estime son entraîneur-chef.
Orszagh ne veut surtout pas en rajouter une couche. Il est tout à fait conscient que Slafkovsky est le fer de lance de son offensive, mais ce sera son travail d’éviter qu’il soit étouffé par toute l’attention dont il fera l’objet, sur la glace comme en dehors.
On doit réaliser qu’il est encore jeune, il n’a pas encore 22 ans, a rappelé cet ancien de la LNH qu’on a entre autres vu à Nashville pendant quelques années.
On va affronter les meilleurs joueurs, les meilleures équipes, et ils savent qu’il va être dangereux offensivement. Je suis pas mal sûr qu’ils vont le surveiller et être très attentifs aux moments où il sera sur la glace.
Bien sûr qu’il va y avoir de la pression sur lui, étant donné que c’est un joueur de la Ligue nationale et un générateur de points dans la LNH, mais il n’y aura pas que lui. Tout le monde doit s’élever, tout le monde doit mettre la main à la pâte. On s’en est parlé (dimanche) dans notre grosse réunion, on ne peut pas se permettre d’avoir de passagers si on espère avoir du succès.

Juraj Slafkovsky et Tomas Tatar, à l'époque des Devils du New Jersey, s'étaient affrontés lors d'un match préparatoire au Centre Bell, en 2022.
Photo : Reuters / Eric Bolte
Tatar et Slaf se retrouvent
La Slovaquie mise sur six autres joueurs de la LNH outre Slafkovsky, soit les attaquants Martin Pospisil, Dalibor Dvorsky et Pavol Regenda, de même que les défenseurs Erik Cernak, Martin Fehervary et Simon Nemec.
Sans oublier Tatar, qui jouera sur le trio de Slafkovsky et d’Adam Ruzicka.
C’est agréable de pouvoir jouer avec Juraj à nouveau. On a déjà joué ensemble aux Championnats du monde et je l’ai vu grandir et jouer un gros rôle avec Montréal, a dit Tatar, que Slafkovsky continue de surnommer Tuna comme dans les belles années de celui-ci avec le Canadien.
Je pense que son potentiel est très élevé, et je le sais depuis le premier jour. Ce n’est pas pour rien qu’il a été un premier choix universel. Tout dépendra de son niveau de travail. Je suis très heureux de voir que Montréal va bien et lui aussi.


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