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À sept mois de l’élection présidentielle, les candidats déclarés ou supposés se mettent doucement en ordre de bataille. Ce qui n’empêche pas déjà les couacs et les tensions, tous bords confondus. Condensé de la campagne vue de Béziers. En toute subjectivité, évidemment…
Jamais déçus
Ce qui est bien avec les socialistes, c’est qu’ils arrivent toujours à nous surprendre. Prenez l’organisation des primaires. On apprend le 16 septembre dernier que Philippe Brun, député PS de l’Eure, qui avait pourtant rassemblé le nombre de parrainages requis, ne pourra pas y participer. Tout cela s’est joué la veille au soir, quelques minutes à peine avant l’heure limite de dépôt des candidatures. L’ex-collaboratrice parlementaire de Brun – avec laquelle il aurait eu une liaison – l’aurait dénoncé par téléphone pour l’existence d’un emploi dit « familial » [depuis l’affaire Fillon, un député a interdiction d’employer son conjoint ou sa conjointe], « harcèlement » et « violences physiques ». Évidemment, pour le député qui n’est prévenu de rien – pour des raisons « relatives au secret de l’instruction » [Argh ! le respect du contradictoire et la présomption d’innocence, on en parle ?] –, le réveil est difficile. Imaginez un peu : il se connecte en visio à une réunion du bureau national du Parti et, face à 80 personnes, on l’informe de la « situation » : suspension à titre conservatoire de son propre parti et exit la primaire ! Un vrai bon petit climat totalitaire. Bienvenue chez les « héritiers » de Robert Badinter…
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Prince consort
On peut tenter de nous faire avaler tout ce qu’on voudra, une chose est certaine : Jordan Bardella fait la gueule. Finalement, c’est plutôt rassurant. Il est humain. Avec ses déceptions. Ses coups au moral. Sa mauvaise humeur. Ses hauts et ses bas. On peut le comprendre : la couleuvre « Marine Le Pen candidate » a du mal à passer. Et si l’on en croit les indiscrétions de certains cadres du RN, le retour de Marion dans les bonnes grâces de la « patronne » encore plus ! Réponse officielle des cadres du parti : « Jordan Bardella ne fait pas la gueule, il se prépare à devenir Premier ministre et ça ne donne pas forcément le sourire. » Heureusement, pendant qu’il souffre en silence, il peut toujours compter sur le soutien indéfectible de sa princesse. Laquelle se confie au Figaro Magazine et revient sur ses souvenirs de vacances apparemment studieuses : « L’écriture l’absorbait tellement que, parfois, je devais presque lui demander une audience pour lui parler. » Fichtre ! On comprend mieux qu’il n’ait pas le sourire, en effet.
LFI, le retour
Je vous parlais du Parti socialiste qui ne nous déçoit jamais. Cette fois, il a été battu à plate couture par La France insoumise qui a tout bonnement décidé quels journalistes auraient le privilège d’interroger ou non ses représentants. Alors qu’il l’avait boycottée pendant une semaine, le parti d’extrême gauche a annoncé son retour sur l’antenne de BFMTV en se félicitant « des engagements pris » par la chaîne d’info sur la transparence dans le choix des invités, la fin des annulations de dernière minute, ou encore la publication de correctifs en cas de fausse information. On croit rêver. Mais attention ! LFI pose quand même des limites : elle ne reviendra pas dans l’émission de Sonia Mabrouk, et refuse tout débat avec Raphaël Enthoven ou Robert Ménard pour cause de « dérive de la ligne éditoriale vers l’extrême droite ». C’est dit ! Ben oui, il ne faudrait pas qu’on leur pose des questions gênantes quand même. Rassurons-nous, la direction de BFM a répondu qu’elle restait « libre de sa programmation et de sa ligne éditoriale » et qu’elle « ne saurait en aucun cas se voir dicter des conditions ». Ouf, l’honneur est sauf.
Service public
L’honneur est sauf, mais pas pour tout le monde. Car pendant ce temps, c’est la grève sur France Inter. Revendications salariales ? Conditions de travail dégradées ? Vous n’y êtes pas. C’est bien plus grave. Les heures les plus sombres. Le fascisme de retour. Mais oui, il s’agit bien de la chronique de Charles Sapin, cet « horrible » journaliste, directeur adjoint de Valeurs actuelles, qui s’est fendu, tenez-vous bien, de deux chroniques sur la radio de service public depuis la rentrée : la première sur la dette et la seconde sur l’IA. Sujets hautement subversifs, vous en conviendrez. Donner du temps d’antenne à un représentant de ce journal contribuerait à « banaliser ses idées », à déplacer les limites du « débat acceptable ». Et le pluralisme ne peut en aucun cas servir de prétexte à « légitimer » un discours jugé raciste ou xénophobe. C’est bien connu : la dette et l’IA, c’est xénophobe. Ce qui m’a le plus désespérée dans cette affaire ? La tentative de faire passer l’éviction de Charles Sapin pour une décision assumée de sa part. La lâcheté et l’hypocrisie de nos bonnes âmes de gauche n’ont décidément aucune limite.
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Cerise sur le gâteau
Vous l’avez entendu comme moi ? Emmanuel Macron n’exclut pas de se représenter pour un troisième mandat en 2032. Puis-je me permettre un conseil à notre prochain chef de l’État ? Changez la Constitution rapidement et écartez définitivement cette possibilité !
Lapsus
« Je ne suis pas politicien. Je suis candidat à la présidence de la République. » Aïe ! Gageons qu’Éric Zemmour ne souhaitait pas annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de cette façon. D’ailleurs, son entourage l’a confirmé en expliquant qu’il s’agissait d’une « officialisation involontaire au détour d’une phrase ». J’adore la formule. Bon, le suspense est gâché, mais sa vraie fausse annonce aura au moins eu le mérite de faire cesser les rumeurs qui prêtent des ambitions présidentielles à sa compagne, Sarah Knafo. Quoique…
Humour politique
Il pourrait faire partie de la short list pour le concours du prix de l’humour en politique. Le député Olivier Becht (macroniste) a annoncé sa candidature en ces termes : « Je suis candidat. Quand on n’a aucune chance, il faut la saisir. » Il ne pouvait pas mieux dire.


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