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La poursuite réclame 12 ans de prison contre l’ex-skieur Dominique Laroche

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Qualifiant ses crimes d'odieux, la poursuite estime qu'une peine de 12 ans s'impose dans le dossier de Dominique Laroche, reconnu coupable d'avoir agressé sexuellement une adolescente pendant plusieurs années.

L'homme de 65 ans, qui a longuement témoigné vendredi, s'est surtout apitoyé sur son propre sort. L'avocate de l'ex-skieur acrobatique a suggéré de lui imposer entre quatre et cinq ans d'incarcération.

Lors de ses observations sur la peine devant la juge Marie-Claude Gilbert, le procureur du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Michel Bérubé, a justifié sa demande de 12 ans en soulignant une déviance sexuelle importante chez l'accusé.

Michel Bérubé.

Le procureur de la poursuite, Me Michel Bérubé

Photo : Radio-Canada

Me Bérubé a rappelé au tribunal que Laroche avait aménagé une chambre du sexe à son domicile de Lac-Beauport, où il utilisait des objets et des machines qu'il fabriquait lui-même lors de ses agressions. Selon la poursuite, l'accusé a littéralement réduit l'adolescente à l'état d'objet.

Il a mis fin à son enfance de façon brutale.

Les agressions se sont étalées sur plusieurs années, alors que la victime avait entre 13 et 17 ans et que Laroche, lui, était au tournant de la cinquantaine.

Il avait le devoir de la protéger, a martelé le procureur qui croit que le risque de récidive demeure entier. Il a choisi de ne pas contre-interroger Laroche au terme de son témoignage.

Battu en prison

Toujours volubile, Dominique Laroche a exposé sa situation à la juge, laissant entendre qu'il était victime du système et de sa notoriété.

L'ex-athlète a lu une lettre dans laquelle il se plaint longuement de ses conditions de détention et du traitement réservé à une vedette médiatisée.

Dominique Laroche.

Dominique Laroche au palais de justice de Québec en 2022 (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Il a raconté être une cible derrière les murs et y avoir été tabassé par des codétenus. Trois individus font d'ailleurs face à des accusations de voies de fait armés contre lui. Il a aussi évoqué un complot des autorités carcérales qui l'auraient délibérément placé dans un secteur à risque.

Celui qui considère que sa vie est finie à cause de l'opinion publique a continué de nier la nature de ses crimes.

Il a soutenu que la sexualité est pour lui une activité comparable à faire une descente en ski entre adultes consentants. Affirmant ne pas être attiré par les enfants, il a expliqué qu'à ses yeux, la plaignante n'était qu'une maîtresse parmi d'autres et qu'il regrettait de ne pas avoir décodé les signaux amoureux de celle-ci.

Dénonçant une attitude profondément narcissique, le DPCP croit que Laroche minimise sa déviance.

À son procès, il avait affirmé que les rapports sexuels avaient débuté alors que la victime était majeure et consentante. La juge avait toutefois conclu que les agressions avaient commencé beaucoup plus tôt, à un âge où l'adolescente ne pouvait y consentir. Dominique Laroche a depuis porté le verdict de culpabilité en appel.

Marquée à vie

Le procureur a insisté sur les lourdes conséquences que les gestes de Laroche ont eues sur la jeune femme, qui avait livré un vibrant témoignage au tribunal en mai dernier.

Me Bérubé a souligné que l'adolescente a vécu une profonde solitude. Incapable de raconter ce qu'elle subissait puisqu'elle jugeait la situation irracontable, elle a même caché sa relation avec Laroche à ses psychologues parce qu'elle était trop terrorisée. Son identité est protégée par une ordonnance de non-publication.

Lors de sa plaidoirie, l'avocate de la défense, Me Maria Soledad Vivas Rodriguez, a justifié sa suggestion de quatre à cinq ans d'incarcération en plaidant qu'une telle peine répondrait à l'objectif de dénonciation sans verser dans une punition excessive guidée par la vengeance.

L'avocate a tenu à nuancer les propos de la poursuite. Selon elle, il faut faire attention avec le terme perversion, disant que ces mêmes pratiques sexuelles ne seraient pas considérées comme criminelles si elles étaient réalisées entre adultes consentants. Elle a ajouté qu'il n'y avait eu aucune violence employée consciemment par son client dans le but d'humilier ou de blesser l'adolescente.

Me Maria Soledad Vivas Rodriguez.

L'avocate de Dominique Laroche, Me Maria Soledad Vivas Rodriguez

Photo : Radio-Canada / Yannick Bergeron

Responsable moralement

Même si Dominique Laroche conteste sa responsabilité juridique en s'adressant à la Cour d'appel, Me Vivas Rodriguez assure qu'il en prend la responsabilité morale et qu'il n'a jamais voulu faire de mal à la victime.

Elle souligne que la médiatisation de l'affaire représente une réalité pénible pour l'ex-athlète et personnalité publique qui est devenu un paria après avoir eu une carrière brillante.

Évoquant des conditions de détention difficiles, la défense réclame que le temps que Laroche aura purgé de façon provisoire lors du prononcé de la sentence, en septembre, compte pour le double.

Ainsi, les quelque 12 mois passés derrière les barreaux depuis son verdict équivaudraient à 24 mois, plutôt qu'au calcul habituel à temps et demi, qui donnerait 18 mois.

La défense qui avait soulevé la possibilité de déposer une requête pour présenter une nouvelle preuve dans le cadre du procès ne l'a finalement pas fait. Elle pourrait toutefois utiliser cet argument à la Cour d'appel.

Dominique Laroche doit subir un autre procès à l'automne pour bris d'engagement, puisqu'il aurait interpellé sa victime au palais de justice plus tôt dans les procédures, alors qu'il était en liberté sous conditions, dont celle de ne pas communiquer avec elle.

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