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La population invitée à signaler la présence de tortues mouchetées

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La Direction de la gestion de la faune de l’Abitibi-Témiscamingue poursuit ses efforts pour documenter la présence de tortues mouchetées sur le territoire, en particulier en Abitibi-Ouest. Elle invite la population à lui faire part de ses observations de cette espèce menacée afin de mieux la protéger.

Au fil des années, des observations ont été faites au Témiscamingue et dans la MRC d’Abitibi, mais surtout dans la MRC d’Abitibi-Ouest.

On a découvert une première tortue mouchetée dans la région en 2001, ce qui nous avait beaucoup surpris. Et depuis ce temps-là, on accumule les observations, sauf que dans les dernières années, on n’a pas reçu de nouvelles observations, explique Jean Lapointe, biologiste à la Direction de la gestion de la faune.

On demande toujours la collaboration de la population pour nous aider parce que seulement avec nos yeux, c'est difficile de voir partout.

La tortue mouchetée est assez facile à reconnaître.

On la reconnaît très facilement parce qu'elle a la gorge jaune. Quand on voit seulement la tête sortir de l’eau, on dirait une grosse grenouille. Puis, en plus de la gorge jaune et de ses gros yeux globuleux, la carapace est noire avec des mouchetures pâles. Elle est très bombée. Puis c'est la seule qui est comme ça parmi nos tortues, précise M. Lapointe.

La tortue mouchetée fréquente surtout les étendues d’eau et les milieux humides, comme les marais, les étangs et les lacs peu profonds. Si des gens en voient une, ils sont priés de la prendre en photo et de bien noter la date et le lieu où ils l’ont vue.

Jean Lapointe montre une affiche décrivant la tortue mouchetée.

Le biologiste Jean Lapointe invite la population à signaler la présence de tortues mouchetées sur le territoire de l'Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Une présence certaine

Il ne fait aucun doute que des tortues mouchetées sont présentes dans la région. En plus des observations visuelles, la Direction de la gestion de la faune a aussi pu trouver des traces de son ADN dans l’environnement.

L’ADN environnemental, c’est une méthode relativement récente. Ça nous permet, quand on récolte des échantillons d’eau, de voir s’il y a de l’ADN libéré par l’espèce qu’on recherche dans l’échantillon. On a eu quatre échantillons positifs depuis qu’on utilise cette méthode, soit depuis 2021. Le seul problème, c’est qu’on ne peut pas exactement savoir où les individus se trouvaient, parce que l’ADN circule avec le courant d’eau, indique Jean Lapointe.

D’ailleurs, la Direction de la gestion de la faune a retrouvé des traces d’ADN environnemental dans un secteur où une tortue mouchetée avait été observée et photographiée au milieu des années 1990.

Ça pourrait être le même spécimen. On ne sait pas s’il y en a plus qu’une. La méthode ne permet pas de le savoir, du moins pour l’instant. Les tortues mouchetées peuvent vivre jusqu’à 90 ans, souligne le biologiste.

Un étang en Abitibi-Ouest.

L’étang où de l’ADN environnemental de tortues mouchetées a été trouvé en 2021 correspond à un habitat idéal pour l’espèce, selon le biologiste Jean Lapointe. Il s’agit d’une tortue surtout aquatique. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Pour mieux la protéger

En documentant la présence et la répartition, il sera plus facile de protéger la tortue mouchetée sur les terres publiques. Il s’agit d’une espèce menacée au Québec. Elle est désignée comme espèce en voie de disparition en vertu de la loi fédérale.

Quand on a une observation, on appelle ça une occurrence, une espèce dans son habitat, on peut appliquer des mesures de protection. On en applique depuis un bout de temps dans la région. Par exemple, quand il y a des opérations forestières, on peut préserver des bandes riveraines plus larges pour éviter de mettre en danger des endroits fréquentés par l’espèce, mentionne Jean Lapointe.

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