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La politique antisyndicale de McGill s’étend à l’École des sciences infirmières Ingram

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Au cours des cinq dernières années, l’Université McGill a dépensé plus de 1,1 million de dollars en frais juridiques pour lutter contre la syndicalisation, et elle ne semble pas disposée à ralentir. Elle dirige actuellement ses tactiques antisyndicales contre la demande d’accréditation syndicale déposée par le personnel enseignant en sciences infirmières.

McGill est désormais la seule université du Québec dont le personnel enseignant n’est pas entièrement syndiqué. En tant que membres de l’Association du personnel enseignant en sciences infirmières de McGill (AMNAS), nous posons la question suivante : de quoi McGill a-t-elle peur ? Après plus de 200 ans de centralisation des pouvoirs, pourquoi est-elle si réticente à relâcher son emprise et à les partager avec son personnel enseignant ?

Le 15 juillet 2026, l’Université McGill a contesté la demande d’accréditation syndicale déposée par l’AMNAS auprès du Tribunal administratif du travail. Une audience devant le Tribunal est prévue pour le 28 août. Il s’agit de la septième demande émanant du corps enseignant de McGill en moins de cinq ans. Bien qu’elle ne soit pas surprenante, cette contestation constitue un affront pour les membres de l’AMNAS, qui cherchent simplement à exercer leur droit de participer pleinement aux discussions et aux décisions ayant une incidence sur leur travail.

Les universités reposent sur la liberté académique, le respect de l’expertise et un dialogue constructif avec ceux qui forment la prochaine génération de professionnels. Lorsqu’une université s’oppose activement au droit de son propre personnel enseignant à se syndiquer, cela soulève d’importantes questions sur les valeurs qu’elle prétend défendre.

Renommée internationale

Qu’est-ce que l’AMNAS ? Nous sommes des enseignants et des chercheurs de l’École des sciences infirmières Ingram de l’Université McGill. Bon nombre d’entre nous ont été récompensés pour leur excellence pédagogique et leur esprit d’innovation ; bon nombre d’entre nous sont des chercheurs renommés à l’échelle nationale et internationale.

Nous sommes également des infirmières et infirmiers. Nous défendons depuis longtemps des conditions propices à la santé et au bien-être de la population. Bien que nous soyons principalement des universitaires, plusieurs d’entre nous travaillent également en milieu clinique et communautaire, comme infirmières ou comme infirmières praticiennes.

Tout comme vous, nous tenons à ce que la prochaine génération d’infirmières et infirmiers soit composée de cliniciennes, de leaders, d’éducateurs et de chercheuses hautement qualifiés, résilients et créatifs. Alors, comment en sommes-nous arrivés là, à devoir lutter contre McGill pour nous syndiquer ?

Un malaise grandissant s’est installé à mesure que nous, les enseignants-chercheurs en sciences infirmières, avons été relégués en marge des discussions et des prises de décisions. L’alourdissement de la charge de travail sans adaptation de la rémunération en conséquence, l’absence de perspectives de promotion et la difficulté croissante à recruter des chercheurs de haut niveau ne sont que quelques exemples des raisons qui ont poussé l’AMNAS à déposer une demande de syndicalisation.

Le traitement hiérarchique et exclusif que nous réserve l’Université a créé des conditions qui menacent l’excellence pédagogique. Lorsque les enseignants en sciences infirmières n’ont pas leur mot à dire dans les décisions touchant directement à l’enseignement et à la recherche, les conséquences s’étendent bien au-delà de l’établissement. Les étudiants se voient offrir moins de possibilités, la profession peine à attirer des leaders et à les retenir et ce sont les soins aux patients qui en souffrent.

Choquant témoignage

Forts de notre engagement en faveur de la santé et du bien-être d’autrui, nous prenons la parole pour défendre la qualité de notre propre environnement de travail. Plus de 75 % des enseignants admissibles ayant signé leur carte syndicale, le message du personnel enseignant de l’École Ingram est sans équivoque : « ça suffit ».

S’appuyant sur son histoire de résistance à la syndicalisation afin de préserver un contrôle hiérarchique, l’Université McGill engage, encore une fois, des dépenses importantes pour contester la demande de l’AMNAS. Cette somme de plus de 1,1 million de dollars est un choquant témoignage de la résistance à laquelle nous devons faire face et, peut-être encore plus significatif, constitue un exemple flagrant d’argent qui pourrait être mieux alloué.

L’Université McGill se targue de valoriser l’innovation, l’excellence et une culture de recherche collaborative. C’est aujourd’hui l’occasion pour elle de démontrer que les valeurs qu’elle prône sont bien celles qu’elle met en pratique. L’Association du personnel enseignant en sciences infirmières de McGill appelle l’Université à mettre fin à ses manœuvres antisyndicales, à retirer sa contestation et à s’engager avec nous dans un dialogue constructif.

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