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La pêche sportive de moins en moins accessible au Québec

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L’Association des pêcheurs sportifs du Québec s’inquiète d’un phénomène, qu’elle juge en croissance, celui des tarifs d’accès aux lacs. L’association s’inquiète pour le futur de la pêche sportive au Québec.

Le président de l’Association des pêcheurs sportifs du Québec cite en exemple son expérience au lac William, au Centre-du-Québec. Y accéder avec son petit bateau peut lui coûter plus de 100 $ par jour. Un autre pêcheur raconte même avoir abandonné ses plans sur ce plan d’eau, prévoyant une facture de 300 $ pour deux journées de pêche.

Les frais d’accès sont souvent plus élevés pour les non-résidents. À Trois-Rives, les résidents déboursent 10 $ par jour pour mettre leur embarcation à l’eau alors que les visiteurs doivent payer 60 $. Dans certains cas, l’accès leur est même carrément interdit.

Je suis un grand-père qui veut emmener sa petite-fille à la pêche et c’est compliqué pour moi, déplore le président de l’Association des pêcheurs sportifs du Québec, François Paquette. Il craint un exode des jeunes pêcheurs à l’extérieur de la province.

De plus, il s’explique mal la situation alors que le gouvernement du Québec investit dans certaines installations et améliorations qui ne seront pas accessibles à tous. Parce qu’il faut le dire : partout, ailleurs qu’au Québec, c’est des accès gratuits ou à très faible coût, affirme le président, citant en exemple le lac Champlain.

Repenser l’accès aux berges

La question de l’accès aux cours d’eau est sous la responsabilité des municipalités. Sébastien Rioux, professeur au département de géographie à l’Université de Montréal, explique que la situation est surveillée depuis la fin des années 60.

Je pense que la première chose que tout gouvernement doit faire, c’est au moins de mettre un moratoire sur le développement de ce qui reste comme rives, estime le chercheur. Selon ses travaux, moins de 2 % des rives sont accessibles au public au Québec.

Le professeur propose aux élus de se pencher sur une stratégie de désenclavement des rives. L’association des pêcheurs de son côté croit que l’enjeu de l’accès aux cours d'eau devrait être mis de l’avant dans la prochaine campagne électorale provinciale.

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