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La patronne d'une société rennaise de livraison d'alcool mise en cause dans la "tentative d'assassinat" d'un client

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Les faits remontent à fin juin. L’entrepreneuse soupçonnée a été placée en détention provisoire deux semaines plus tard. Mais a fait appel de cette décision.

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La chambre d’instruction de la cour d’appel de Rennes a étudié l’appel de la patronne d’une société rennaise de livraison d’alcool à domicile, placée en détention provisoire, soupçonnée d’avoir joué un rôle dans la « tentative d’assassinat » d’un client régulier. (© Brian Le Goff / actu.fr)

Par Rédaction Rennes Publié le 6 août 2026 à 13h34

Le 27 juin dernier, un drame a été évité de justesse dans une commune au sud de Rennes. Cette nuit-là, un homme « très alcoolisé » se fait « livrer de l’alcool » vers 3h du matin par la patronne d’une entreprise rennaise de livraison d’alcool à domicile. Dans le même temps, il est violemment agressé par un homme, qui serait le compagnon de la livreuse. Témoin, un voisin a évoqué la scène de violence lors de l’audience devant la chambre d’instruction de la cour d’appel de Rennes, fin juillet. Cette dernière examinait l’appel de l’entrepreneuse, mise en cause dans cette « tentative d’assassinat », concernant son placement en détention provisoire depuis le 11 juillet. Si cette audience statuait sur la forme, elle a permis d’aborder le mobile de cette funeste agression, qui serait liée à la jalousie et à la domination du compagnon de la cheffe d’entreprise.

« Une plaie profonde » pouvant avoir été occasionnée par « un objet contondant de type machette »

Lors de cette audience, le voisin raconte avoir été témoin des « coups de pied » infligés par un « agresseur » venu dans une Peugeot 208 noire conduite par « une femme ». La victime – qui souffre d’une dépendance à l’alcool – s’est « rapidement écroulée », a-t-il été relaté lors de l’audience.

Son pronostic vital a d’ailleurs été, un temps, engagé : l’homme souffre d’une « plaie profonde à l’épaule et à la tête » pouvant avoir été occasionnée par « un objet contondant de type machette », selon le médecin légiste qui lui a prescrit une incapacité totale de travail (ITT) de « trente jours ».

La voiture de la femme vue sur la vidéosurveillance

Les investigations se dirigent rapidement vers Christelle : cette Rennaise de 33 ans est bien « propriétaire d’une Peugeot 208 noire » vue « sur la vidéosurveillance » de la ville.

Deux couteaux retrouvés sur place contiennent par ailleurs « le profil génétique » du « nouveau compagnon » de la trentenaire.

Les enquêteurs se sont donc « présentés » chez cette mère d’une petite fille de 8 ans, mais elle était « absente » et avait « récupéré des vêtements avant de partir ».

Des « messages » montrent que la victime a « tenté de la séduire »

Des « messages » consultés par les enquêteurs avaient permis de constater que la victime avait « tenté de la séduire à plusieurs reprises ».

Christelle a finalement été interpellée le 9 juillet 2026, sept jours après son compagnon.

La mère de Christelle a pour sa part indiqué qu’elle « savait que sa fille avait révélé » à son conjoint « qu’elle avait été draguée par quelqu’un », et que celui-ci avait alors « pris une machette ».

La trentenaire avait pourtant, dans un premier temps, mis son compagnon hors de cause avant de le dénoncer.

Elle alerte le client « sur la dangerosité » de cet homme « jaloux »

Au moment des faits, Christelle a expliqué avoir « alerté » le client « sur la dangerosité » de cet homme « jaloux », mais ce dernier avait « surgi par derrière » et porté des coups à la victime avant qu’ils ne prennent « la fuite » à deux.

Jeudi 23 juillet 2026, l’avocat de Christelle a cependant fait appel de son placement en détention provisoire devant la chambre de l’instruction.

« Sous l’emprise » de son compagnon, pour son avocat

Il a insisté sur la « situation stable » de la mère de famille qui s’en est « sortie » grâce à ses « efforts » mais qui présente « certainement des dépendances affectives à son conjoint ».

Me Olivier Dersoir estime au final que sa cliente était « sous l’emprise » de son compagnon « connu pour être dangereux » et qui « impose une domination ».

L’avocat rennais a concédé qu’une « tentative de concertation » était intervenue avant que Christelle ne se rende : elle « attendait un appel » de son compagnon espérant « naïvement » qu’il allait « assumer »…

Elle est en tout état de cause « incapable d’aller ailleurs qu’à Rennes » puisqu’elle élève seule sa fille.

« Éviter la concertation » dans ce dossier où « beaucoup de choses restent à faire », pour l’avocate générale

Mais « si on en est là aujourd’hui, c’est parce qu’on a fini par la trouver après des jours de recherches », a recadré l’avocate générale.

« Beaucoup de choses restent à faire » dans ce dossier, et notamment « recueillir des preuves » : il faut donc « éviter toute concertation », en a déduit la magistrate.

« L’emprise » ? De la « tarte à la crème habituelle »

« L’emprise » invoquée par Christelle relève quant à elle de la « tarte à la crème habituelle », a ironisé la représentante du parquet général.

La mise en cause s’était d’ailleurs « enquise de savoir quand son compagnon arrivera » à la maison d’arrêt de Vezin-le-Coquet et « pourra se procurer un téléphone ».

"J'ai agi dans la peur parce que je savais très bien qu'il était dangereux (...) et j'aurais pu avoir des représailles si je l'avais dénoncé à la police", a déclaré pour sa part l'intéressée qui souhaitait "reprendre" son activité professionnelle et "récupérer" sa fille.

Mais au final, elle n’a pas convaincu la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes, qui a décidé de la maintenir en détention provisoire vendredi 24 juillet.

CB et RB (PressPepper)

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