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La nomination du Conseil des ministres suscite des réactions en Estrie

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La nomination de Bernard Sévigny au titre de ministre de l’Alimentation, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) n’est pas passée inaperçue, tout comme le dévoilement du reste du Conseil des ministres.

Le principal intéressé était de passage dans les studios d’ICI Estrie, jeudi, pour commenter ce rôle qui l’attend, qu’il accepte avec beaucoup de fierté .

Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, c'est un gros ministère, c'est un ministère stratégique, économique, et le premier ministre voulait quelqu'un qui avait une expérience, politique, la capacité de naviguer dans des enjeux complexes. Ça m'a fait beaucoup plaisir qu'il m'accorde cette confiance-là.

Le passé de Bernard Sévigny en tant que maire de Sherbrooke en poussait plusieurs à croire qu’il deviendrait ministre des Affaires municipales, mercredi. La relation conjugale qui unit la mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau, et le nouveau ministre a toutefois rendu ce choix impossible, a indiqué M. Sévigny.

Il y avait une incompatibilité, ne serait-ce que sur la perception de conflits d'intérêts. Donc ça a été, je pense, évacué assez rapidement au cours de la campagne électorale, parce que la question nous avait été posée et avait été posée à Paul St-Pierre Plamondon. Le choix qu'a fait le premier ministre, c'est aussi celui de me confier un ministère qui a beaucoup moins d’impact dans les activités de la Ville de Sherbrooke, qui est essentiellement urbaine. Donc, ça venait de régler en même temps ce problème-là.

J'aurai [tout de même] des discussions intéressantes avec le nouveau ministre des Affaires municipales, Nicolas Girard.

En présentant Bernard Sévigny, le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, a mentionné qu’il s’agissait d’un ministère clé sur le de plan de la sécurité publique. Ce dernier a aussi souligné l’importance économique du MAPAQ. Le ministre est bien d’accord avec cette observation.

La responsabilité des productrices et des producteurs agricoles, c'est de nourrir le Québec. Évidemment, il faut prendre soin des producteurs, des entreprises et des gens qui les animent, qui les font fonctionner. C'est donc une question de sécurité alimentaire. [...] On parle de 29 000 entreprises sur l'ensemble du territoire québécois, a-t-il fait savoir avant de rappeler la promesse du Parti québécois de réduire la charge fiscale des entreprises agricoles de 20 %.

L’opposition prête à collaborer

Le chef du Parti libéral du Québec et député d’Orford, Charles Milliard, dit voir sa collaboration avec M. Sévigny très positivement.

Moi, j'aurai des questions pour le ministre responsable de l’Estrie sur la dotation de personnel à l'hôpital Memphrémagog, la crise d'itinérance qui sévit de plus belle à Sherbrooke, la santé de nos lacs à Orford, énumère-t-il.

Quand un gouvernement fait élire des gens dans une région, il doit avoir des ministres responsables autour de la table. Alors, en Estrie, on en a un et on va travailler avec lui, a déclaré Charles Milliard.

Le chef de l'opposition croit cependant que les ministres sont surchargés. Plusieurs occupent plus d’une fonction. Le Conseil des ministres comptera 22 personnes, 23 en incluant le premier ministre. C'est six de moins que le Cabinet de Christine Fréchette.

Je comprends qu'on veut faire des économies, mais on ne peut pas faire l'économie d'avoir une bonne gestion du Québec.

Nicolas Girard, entre autres, est le nouveau ministre des Transports, de la Mobilité durable, ainsi que celui des Affaires municipales. Le regroupement de ces fonctions fait couler de l’encre.

Jacques Demers, le maire de Sainte-Catherine-de-Hatley, préfet de la MRC de Memphrémagog et président de la Fédération québécoise des municipalités, a déjà vécu cette situation sous le gouvernement de Pauline Marois. Sylvain Gaudreault a occupé ces mêmes postes entre 2012 et 2014.

Ce sont deux ministères qui font affaire au quotidien, souligne-t-il.

M. Demers a aussi déjà travaillé avec Bernard Sévigny, alors qu’il présidait le Conseil régional des élus. Le nouveau député de Richmond en était le vice-président. On a déjà eu à travailler ensemble sur des dossiers régionaux. Je pense qu'il est très conscient, il les connaît très bien.

Les producteurs de lait ont hâte de travailler avec Bernard Sévigny

Les producteurs de lait de l’Estrie espèrent tirer profit des nouvelles fonctions de Bernard Sévigny, a affirmé le président du regroupement, Christian Kaiser.

On ne le connaît pas trop, c'est un nouveau député, mais ce qui est intéressant, c’est qu’il est bien de la région de l'Estrie où on produit quand même 11 % du lait du Québec.

Je pense que l'agriculture est un moteur économique en Estrie. On a hâte de lui montrer les préoccupations qu'on a, de parler et de travailler avec lui pour faire avancer l'agriculture, puis d'en faire une encore plus grosse partie de l'économie.

Christian Kaiser voudrait que le gouvernement provincial et le MAPAQ appuient la gestion de l’offre en faisant des démarches auprès du gouvernement fédéral pour bien lui mentionner qu'aucune concession n'est acceptable concernant la gestion de l'offre.

Pas de ministère du Tourisme, une première en 63 ans

Pour la première fois depuis 1963, il n’y aura pas de ministère du Tourisme au gouvernement du Québec. La responsabilité est absorbée par le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Énergie, dirigé par Stéphane Paquet.

Je vais vous le dire bien franchement, on est sous le choc.

Il n’y a plus de ministre qui va nous représenter. [...] On veut savoir qui va défendre les intérêts de l'industrie touristique à l'Assemblée nationale, implore la directrice représentation et communications de Tourisme Cantons-de-l’Est, Shanny Hallé.

La décision soulève beaucoup de questions sur l’avenir de ce secteur, qui génère annuellement 19 milliards de dollars au Québec. Dans les Cantons de l'Est, les visiteurs dépensent 1,3 milliards de dollars chaque année.

Mme Hallé admet que le tourisme est un secteur d’exportation. On vend la destination, les visiteurs viennent ici et amènent de l'argent neuf directement injecté dans notre économie, donc on comprend pourquoi on est intégrés dans le secteur de l'économie. Toutefois, l'industrie du tourisme, c'est une bibitte à part, c'est vraiment transversal.

Elle ajoute que son domaine a des liens avec toutes sortes de ministères, donc on veut avoir quelqu'un vraiment qui va comprendre la réalité, qui va nous permettre de répondre aux besoins de nos entreprises touristiques.

La réalité du tourisme en région est également bien différente de celle dans les grandes villes, insiste Shanny Hallé. Montréal, Québec, ce sont de grosses machines touristiques, mais dans les régions, on génère aussi beaucoup de retombées économiques, conclut-elle.

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