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Sous le couvert de l'anonymat, certains membres ou militants du Parti libéral du Canada (PLC) dans Chicoutimi-Le Fjord ont confié à Radio-Canada ne pas avoir apprécié le processus de nomination du nouveau candidat Daniel Gobeil.
Bien que la plupart d’entre eux reconnaissent la grande valeur de l'ex-président des Producteurs de lait du Québec et son rôle éventuel pour défendre la gestion de l'offre dans les négociations à venir avec les États-Unis, ils en ont surtout contre le fait qu'on ne les ait pas consultés au cours du processus.
C'était décidé depuis longtemps , mentionne l'un d'eux. À preuve, les pancartes du candidat ont été posées dimanche, au moment où Mark Carney a annoncé l’élection complémentaire. Le choix de Daniel Gobeil avait été annoncé deux jours plus tôt.
Yvon Bouchard, un membre de l'exécutif libéral, se dit déçu. Aux dernières élections, il avait ouvertement appuyé la candidature de Stéphane Proulx. M. Bouchard déplore le manque de transparence du processus et l’absence de consultations auprès des militants.
Ce qui est décevant, c'est la manière dont ça s'est fait. Stéphane, c'est un candidat qui a eu 30 % à la dernière élection [31 % selon Élections Canada]. Il n'a pas eu un appel avant jeudi passé, juste pour prendre un café et lui dire que le candidat serait monsieur Gobeil, déplore-t-il en entrevue.
Bien qu'il reconnaisse que le PLC avait le droit de décider du candidat de son choix, Yvon Bouchard croit que les militants auraient dû pouvoir choisir par la tenue d'une investiture ou autrement. À tout le moins, ils auraient voulu être dans le coup. Il indique avoir reçu des appels de militants déçus de cette façon de faire et craint une démobilisation de leur part en vue du scrutin du 31 août.
La dernière fois, j'ai fait campagne de 7 h le matin à 7 h le soir. Je ne suis pas certain de faire la même chose cette fois.
Quant à l'ex-candidat lui-même, Stéphane Proulx, sa réponse à nos questions nous a été envoyée par courriel. C’est la décision que les instances du Parti libéral du Canada estiment être la meilleure. Pour ma part, je poursuivrai mes implications pour la région, conclut-il.
Dans les règles de l’art, selon le PLC
L'organisateur de la campagne du PLC au Québec, Frédéric Côté, a confirmé avoir rencontré Stéphane Proulx à Chicoutimi jeudi dernier par respect et courtoisie, précise t-il. Il ajoute que le processus de nomination dans Chicoutimi-le-Fjord s'est déroulé conformément aux règles de sélection des candidats du parti.
Marc-Olivier Fortin, ex-directeur de bureau du conservateur Richard Martel n'est pas surpris de la méthode. C'est la manière de faire de M. Carney, vous regardez ce qui se passe à Ottawa depuis que le premier ministre et son gouvernement est en place, tout est centralisé au bureau du PM. Je parlais à des journalistes sur la colline, puis ils me disaient : "On critiquait le gouvernement Harper, que tout était centralisé, mais ça jamais été aussi centralisé qu'on le voit aujourd'hui".
Quoi qu'il en soit, ni le Bloc Québécois ni les Conservateurs n'ont tenu une investiture pour choisir leur candidat. Ce ne sont toutefois pas eux qui ont choisi de tenir une élection en 37 jours.


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