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La NASA ne retourne pas vers la Lune pour la gloire : voici ce qu’espèrent apprendre les scientifiques de la mission historique Artemis 2

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Ce mercredi 1er avril, quatre êtres humains ont été arrachés à la gravité terrestre pour un voyage de dix jours qui les emmènera plus loin que n’importe quel membre de notre espèce auparavant. Mais derrière l’exploit technique et le symbole d’un retour vers la Lune après un demi-siècle de silence, la mission Artemis 2 cache un laboratoire de l’extrême. À bord du vaisseau Orion, Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen ne sont pas seulement des pilotes : ils sont les cobayes d’expériences biologiques dont les résultats détermineront si l’humanité pourra un jour fouler le sol de la planète rouge.

Des organes miniatures pour prédire l’invisible

Parmi les bagages de l’équipage se trouve une technologie digne de la science-fiction : le projet AVATAR. Derrière cet acronyme se cachent des tissus humains vivants cultivés en laboratoire, pas plus grands qu’une clé USB, conçus pour imiter le comportement de nos véritables organes.

Pourquoi une telle installation ? La cible principale est la moelle osseuse des astronautes. Responsable de la production de nos cellules immunitaires, elle est particulièrement vulnérable aux bombardements de radiations spatiales. En analysant ces « puces d’organes » au niveau moléculaire après le vol, les scientifiques pourront observer comment des milliers de gènes réagissent au stress de l’espace profond. Cette étude pourrait enfin permettre de créer des soins de santé personnalisés pour les futurs colons de l’espace.

Crédit : Emulate
Une puce d’orgue.

Le test de résistance du « studio spatial »

Vivre à quatre pendant dix jours dans un habitacle de la taille d’un petit studio demande une endurance psychologique et physique hors norme. C’est tout l’objet du projet ARCheR. Équipés de capteurs aux poignets, les membres d’équipage verront leur sommeil, leur stress et leurs capacités cognitives surveillés en temps réel.

Mais le danger ne vient pas seulement de l’exiguïté. L’isolement et les radiations peuvent réveiller des ennemis intimes : les virus dormants. À l’image de ce qui a déjà été observé sur l’ISS, les chercheurs craignent que des virus comme celui de la varicelle ou du zona ne profitent de la faiblesse du système immunitaire pour se réactiver. Pour suivre cette évolution sans système de réfrigération à bord, les astronautes utiliseront une méthode étonnamment simple : des prélèvements de salive sur des carnets de papier spéciaux.

Face au feu solaire : les dosimètres de poche

Contrairement aux résidents de la Station Spatiale Internationale, protégés par le bouclier magnétique de la Terre, les pionniers d’Artemis 2 vont s’aventurer en zone exposée. Pour surveiller cette menace invisible, chaque astronaute transportera dans ses poches des dosimètres individuels.

Ces capteurs, couplés aux instruments du module Orion, servent de système d’alerte immédiate. En cas de tempête solaire soudaine, l’équipage sera averti instantanément pour prendre des mesures de protection d’urgence. Ces données, complétées par des mini-satellites (cubesats) envoyés dans le sillage du vaisseau, permettront de cartographier avec une précision inédite les dangers qui nous attendent sur la route de Mars.

Une cicatrice lunaire jamais vue par l’œil humain

Si le programme est chargé, une fenêtre de trois heures a été réservée pour l’observation directe de la surface lunaire. En survolant la face cachée de la Lune, à plus de 7 500 kilomètres d’altitude, les astronautes bénéficieront d’un point de vue qu’aucun humain n’a eu depuis Apollo 17.

Crédit : NASA
Le bassin Orientale présenté ici est l’une des premières étapes d’une superbe vidéo de la NASA montrant la surface lunaire en 4K à partir d’observations de la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter.

Leur cible prioritaire ? Le bassin Orientale. Cette immense cicatrice d’impact de près de 1 000 kilomètres de large, située à la lisière des faces visible et cachée, est restée l’un des grands mystères de l’ère Apollo. Formés à la géologie, les astronautes devront photographier et décrire ces formations de lave anciennes et ces cratères d’impacts. Ces observations ne sont pas de simples photos de vacances : elles dicteront les futurs lieux d’atterrissage des prochaines missions, notamment vers le pôle Sud, là où l’humanité espère un jour installer sa première base permanente.

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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