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La MRC des Basques prend d’assaut le dossier de la qualité de l’eau au lac Saint-Mathieu, un sujet particulièrement sensible dans la région.
L'objectif est d'identifier précisément les sources de contamination afin d'intervenir de façon durable et d'éviter les fermetures répétées de la plage municipale de Saint-Mathieu-de-Rioux.
Ces épisodes de pollution, attribuables notamment à de trop fortes concentrations de coliformes fécaux, perturbent régulièrement la saison touristique et estivale.

Le 4 août dernier, la Municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux a interdit la baignade à la plage municipale en raison d'une concentration en bactérie E. coli dans l'eau largement supérieure au seuil maximum pour fermer une plage. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Devant cette récurrence, la MRC a choisi de prêter main-forte à la municipalité en déployant ses propres ressources techniques.
On a levé la main, en estimant que la MRC a peut-être les ressources pour investiguer, raconte Roch Guèvremont, directeur du service d’aménagement et d’urbanisme de la MRC des Basques.
Une enquête resserrée autour du ruisseau du Boisé
M. Guèvremont indique que, même s’il y a d’autres sources de contamination potentielle autour du lac, la MRC a choisi de s’attarder au ruisseau du Boisé et à ses affluents en raison des conclusions des analyses menées pendant l'été 2024 par l'Organisme des bassins versants du nord-est du Bas-Saint-Laurent (OBVNEBSL) à la demande de la Municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux.

La source de pollution serait d’origine humaine et coïnciderait avec la période d’achalandage touristique dans le ruisseau du Boisé, un important affluent du lac Saint-Mathieu, à Saint-Mathieu-de-Rioux, selon un rapport de l'OBVNEBSL. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Ce secteur est caractérisé par la présence de deux campings, de quelques propriétés en amont et d'une usine de traitement des eaux usées gérée par la MRC.
Il mentionne que les échantillonnages effectués à la fin juillet et en août démontrent qu'il n'existe pas une seule et unique source de pollution.
Le patron est en train de se dessiner, mais je vous dirais que c'est multifactoriel. Ça tire dans tous les sens.
Les données compilées doivent permettre de distinguer les facteurs technologiques, anthropiques et naturels de contamination. Les fortes pluies semblent également jouer un rôle déclencheur en lessivant les sols environnants.
Des données complexes
La complexité des données oblige toutefois la MRC à faire preuve de prudence.
Des fois, ça tire dans un sens, puis l'échantillonnage suivant, on se dit : “Oh! on se réaligne ailleurs.” On danse pas mal le tango actuellement et on a hâte de réussir à peut-être plus danser la valse, illustre métaphoriquement M. Guèvremont.
Pour éliminer les doutes, son équipe a multiplié les stations d’échantillonnage et a décidé de procéder aux analyses en remontant le courant, de l’aval vers l’amont. Le but étant d’éliminer des possibilités.

Roch Guèvremont, directeur du service d’aménagement et d’urbanisme de la MRC des Basques.
Photo : Gracieuseté de Roch Guèvremont
On va tranquillement pas vite retirer des sources potentielles pour descendre l'entonnoir vers une ou deux sources peut-être plus fortes et pouvoir régler la problématique en s’attardant à trouver des solutions dans les secteurs ciblés, explique-t-il.
Une demande d’accès à l’information révèle qu'entre 2021 et 2023, le ministère de l’Environnement du Québec a reçu quelques plaintes concernant la gestion des eaux usées du Camping BSL (anciennement Camping KOA), mais que les enquêtes n’ont mené à aucun avis de non-conformité.
Une collaboration jugée essentielle
Malgré les débordements et les accusations faciles qui surviennent parfois sur les réseaux sociaux, la recherche de données probantes progresse dans un climat de concertation.

Les échantillonnages effectués à la fin juillet et en août démontrent qu'il n'existe pas une seule et unique source de pollution. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
M. Guèvremont souligne que l’ensemble des acteurs du milieu– qu'il s'agisse de la Municipalité, des citoyens, de l’Association de protection du lac ou du propriétaire du Camping BSL – coopèrent pleinement à l'investigation.
Il indique que personne ne retire de bénéfices à la contamination régulière du lac Saint-Mathieu.
Afin de faire preuve de transparence, la MRC présentera sa cartographie et son portrait de la situation aux citoyens lors de l’assemblée générale de l’Association pour la protection du lac Saint-Mathieu, ce jeudi 20 août à 19 h, à Saint-Mathieu-de-Rioux.


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