L’écosystème des dispositifs médicaux en Suisse sort de deux années compliquées en 2024 et 2025, entre ralentissement de la croissance et plafonnement des effectifs. La branche anticipe néanmoins un redressement imminent sur chacun de ces deux fronts.
L’exercice écoulé notamment s’est illustré par un tassement – inédit en dix ans – à hauteur de 0,8% des effectifs recensés dans la branche, que ne devrait pas combler le cosmétique rebond de 0,1% anticipé pour l’année en cours, note Swiss Medtech dans son point de situation bisannuel jeudi. La faîtière table sur une progression de près de 2% dès l’année prochaine.
La croissance est restée de mise sur le front des recettes, avec une cadence annualisée de 5,5% entre 2024 et 2026, contre 6,4% en moyenne sur la dernière décennie, pour un chiffre d’affaires annuel de 26 milliards de francs l’an dernier. Là également, l’association anticipe une accélération de 7,7% dès 2027.
Lire aussi: La medtech helvétique cherche de nouveaux débouchésCoûts sous pression
Si l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation consistait il y a deux ans le principal frein à l’activité, les représentants du secteur tendent désormais à mentionner en premier lieu la pression sur les coûts, en plus de difficultés dans les négociations avec les acheteurs, de la concurrence exercée par des produits étrangers moins onéreux et des réticences croissantes au remboursement.
Résolument tourné vers l’exportation, le secteur revendique derrière l’industrie pharmaceutique et l’horlogerie la troisième plus grosse contribution à l’excédent commercial du pays, à hauteur de 5,5 milliards. Les envois de dispositifs à l’étranger ont représenté 12,1 milliards, quand les importations se sont limitées à 6,6 milliards.
A la croisée de nombreux secteurs, de la microtechnique à la métallurgie, en passant par le textile, les machines ou encore l’électronique, la branche des dispositifs médicaux ne dispose pas d’une entrée distincte dans les statistiques du commerce extérieur établies par l’Office fédéral de la douane et de la sécurité aux frontières (OFDF).
La tendance à l’internationalisation de la production est d’intensité variable selon la spécificité des acteurs. Les producteurs de dispositifs finis ne sont depuis six ans déjà plus qu’un sur trois à manufacturer leurs produits exclusivement en Suisse. Deux tiers des sous-traitants en revanche restent fidèles à l’Helvétie, avec même une timide et récente tendance à la relocalisation.
Lire aussi: Déjà frappées par les droits de douane américains, les medtechs suisses n’entendent pas renoncer à ce marchéInvestissements en berne
Swiss Medtech alerte toutefois sur une érosion de l’attractivité du pays. Plus de 40% des acteurs interrogés ne disposent d’aucun projet de renforcement dans le pays et – pour la première fois depuis 2018 – l’excellence du savoir-faire helvétique ne figure plus en première place des motifs d’investissement. Les dépenses tendent en outre à migrer de l’innovation et la production vers l’informatique, la promotion et la distribution.
Le secteur se compose pour l’essentiel de petites et moyennes entreprises employant moins de 250 collaborateurs, à concurrence de 95%. Les 5% restants représentent toutefois plus de la moitié des 72 000 travailleurs recensés dans la branche.


1 day_ago
19






















.jpg)






French (CA)