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La justification de Laurent Nuñez pour l’autorisation des grenades assourdissantes le 17 octobre

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France 16/10/2026 10:55 Actualisé le 16/10/2026 13:34

Le ministre de l’Intérieur a justifié ce choix sur France 2 ce vendredi matin, alors que de nombreux lycéens devraient être présents dans les cortèges.

Par Vincent Gibert avec AFP

Laurent Nuñez, ici dans « Télématin » sur France 2, le 16 octobre 2026.

Capture d’écran France 2

Laurent Nuñez, ici dans « Télématin » sur France 2, le 16 octobre 2026.

La journée d’action prévue samedi 17 octobre autour du pouvoir d’achat, fédérant des revendications multiples des gilets jaunes aux lycéens, est particulièrement anticipée par les autorités sur le niveau sécuritaire.

Invité sur France 2 ce vendredi matin, Laurent Nuñez a été questionné sur le sujet du maintien de l’ordre pour cette mobilisation d’envergure, et plus particulièrement sur l’usage des grenades assourdissantes que le ministre de l’Intérieur a autorisé.

« J’ai suspendu l’usage de cette grenade assourdissante uniquement pour le mouvement lycéen », rappelle-t-il dans l’émission Télématin, après qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée à Lens. « Il faut savoir qu’elles sont très peu utilisées. Demain, s’il devait y avoir des violences urbaines extrêmement graves en marge d’un cortège ou ailleurs, évidemment, ce type d’armement peut être utilisé », annonce-t-il.

Laurent Nuñez est alors interpellé sur le fait que des lycéens sont appelés à se mobiliser samedi et se trouveront dans les cortèges. « Demain, ce sont d’autres types d’actions […] d’autres mouvements », répond-il alors à cela.

« Les instructions que j’ai passées sont très claires : les policiers et les gendarmes doivent pouvoir utiliser l’ensemble des armes intermédiaires à leur disposition », insiste le ministre.

« La grenade assourdissante n’est jamais utilisée en maintien de l’ordre dans une manifestation quand les choses se passent bien. Dans un contexte extrêmement dégradé, s’il devait y avoir des affrontements graves et lourds, tous les types d’armes intermédiaires peuvent être utilisés », complète-t-il.

Le 7 octobre, Laurent Nuñez avait annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes, de type ASSD, après la blessure grave à Lens. Une suspension « uniquement pour le mouvement lycéen, le temps de comprendre ce qui s’est passé », avait-il alors précisé.

Plus globalement, les consignes données par le ministre de l’Intérieur aux forces de l’ordre pour samedi sont « d’encadrer les manifestations, qu’elles se déroulent sans débordement, et d’intervenir quand il y a des exactions ou s’il devait y avoir des débordements, notamment des atteintes aux forces de sécurité intérieure, des tentatives de pillage de commerce ». Dans ce cas, il y aura « systématiquement une intervention », a-t-il précisé ce vendredi sur France 2.

Une nouvelle plainte après la main arrachée à Lens

La famille du lycéen dont la main a été arrachée par une grenade policière en marge de manifestations à Lens avait déposé mercredi une nouvelle plainte pour obtenir « une enquête sereine, impartiale » et « connaître la vérité », selon un de ses avocats.

Me Bertrand Wattez a annoncé lors d’une conférence de presse avoir déposé une plainte, cette fois avec constitution de partie civile, pour « violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente » afin d’obtenir qu’un juge d’instruction soit saisi, avec l’espoir d’un procès devant les assises ou une cour criminelle. Selon lui, la famille de l’adolescent est « bouleversée », et « souhaite une enquête sereine, impartiale » mais « ne crie pas vengeance ».

D’après Me Wattez, Evan, 15 ans, élève en seconde professionnelle qui voulait devenir menuisier, avait l’intention d’aller en cours lundi 5 octobre. En voyant son lycée bloqué, il a entrepris de « ramasser des débris » laissés par des projectiles tirés par les forces de l’ordre « pour présenter à sa mère des preuves concrètes » qu’il n’avait pas séché les cours.

Mais concernant la grenade qui a explosé, Me Wattez a martelé que l’adolescent « était à proximité (...) mais n’avait pas du tout l’intention de la saisir ». « Evan est droitier » alors que c’est sa main gauche qui a été arrachée dans l’explosion, souligne-t-il.

Depuis des semaines, des appels à ressortir le 17 octobre les gilets jaunes emblématiques des années 2018-2019 circulaient sur les réseaux sociaux mais ils ont enflé ces derniers jours, nourris par la colère des lycéens.

Les organisateurs des marches pour le climat du 26 septembre dernier, la Confédération paysanne, l’intersyndicale des VTC ou encore le syndicat Solidaires s’y sont joints. La CGT a indiqué qu’elle participera à la mobilisation « partout où les conditions seront réunies ».

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