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Cratères, zones fracturées, fusion des roches... Les impacts d’astéroïdes peuvent engendrer, suivant leur taille, d'importants dommages à la croûte terrestre. Aujourd'hui, c'est grâce à ces modifications locales de la géologie que l'on peut retrouver la trace d'anciens impacts dont les cratères ont depuis longtemps disparu dans le paysage.
Une jeune Terre bombardée par les astéroïdes
Si désormais les grands impacts sont relativement rares, la situation était tout autre il y a plus de 4 milliards d'années. Le jeune Système solaire est en effet encore parcouru par de très nombreux astéroïdes et débris issus de la phase primordiale d'accrétion planétaire.
Des études fondées sur le comptage des cratères lunaires suggèrent que le bombardement de la Terre était alors extrêmement intense, les grands impacts étant jusqu'à 100 000 fois plus fréquents qu'aujourd'hui. Mais dans quelle mesure ce bombardement cataclysmique a-t-il pu affecter la formation, et l'évolution, de la proto-croûte terrestre ?
Après sa formation, la Terre a été intensément bombardée par des astéroïdes. © Ron Miller
Avant de répondre à cette question, il faut d'abord se rappeler que la Terre de cette époque était très différente de celle que nous connaissons aujourd'hui. Cette croûte primitive s'est en effet formée par cristallisation d'un océan de magma primordial.
La croûte continentale actuelle diffère de la croûte terrestre primitive
Au tout début, notre Planète n'était que roches en fusion. Le refroidissement de sa surface a formé peu à peu la croûte continentale primitive qui allait permettre d'installer les futures conditions favorables pour l'apparition de la vie sur Terre. Mais cette prime croûte terrestre n'est pas la même que celle de nos continents actuels selon une étude.... Lire la suite
Sa nature était donc très différente de la croûte que nous trouvons aujourd'hui sous nos pieds, dont la composition a été modifiée au fil du temps par les multiples événements de fusion-cristallisation qui ont accompagné la tectonique des plaques. La croûte terrestre primitive était certainement principalement de nature mafique, avec des roches riches en fer et en magnésium comme le basalte.
Une croûte intensément fracturée et perméable
Pour comprendre les conséquences d'un bombardement massif sur cette croûte, une équipe de chercheurs a réalisé des simulations numériques en faisant varier plusieurs paramètres comme l'épaisseur de la croûte basaltique, le gradient géothermique et la présence ou l'absence d'un océan d'eau liquide profond de cinq kilomètres.
Les résultats, publiés dans la revue AGU Advances, révèlent que les collisions auraient pu très fortement impacter la perméabilité de la croûte. L'intense fracturation de la croûte par les impacts hypervéloces survenus avant 4,3 milliards d'années aurait ainsi permis une circulation accrue de fluides et de gaz au sein des huit premiers kilomètres.
La jeune Terre était frappée par un astéroïde comme Chicxulub tous les 15 millions d'années
Les premières années de la Terre étaient incroyablement violentes par rapport à aujourd'hui. Géologues et astronomes pensent que la Terre était frappée par un nombre important de gros astéroïdes dont certains avaient plus de 10 kilomètres de diamètre. Le taux de bombardement de la Terre primitive vient d'être réévalué par des chercheurs. Or ce taux a un effet significatif sur la géochimie de la surface de la Terre et sur sa capacité à soutenir la vie.... Lire la suite
Chaque impact individuel aurait localement généré une activité hydrothermale 100 fois plus importante que celle observée sur le site du Yellowstone. L'effet cumulé des impacts aurait maintenu la croûte terrestre dans un état fortement perméable pendant près de 1,5 milliard d'années. Un contexte cataclysmique qui aurait, contre toute attente, été particulièrement propice à l'établissement d'une chimie prébiotique.
L'intense fracturation de la croûte par les impacts d'astéroïdes ont pu favoriser la circulation hydrothermale. Or, les scientifiques supposent que la vie aurait pu apparaître dans de tels environnements. © USGS, domaine public
Selon l'hypothèse dominante, les premières formes de vie auraient en effet émergé il y a près de 4 milliards d'années au sein d'environnements hydrothermaux, qui offrent des conditions favorables aux réactions chimiques complexes.
Alors que les impacts géants sont généralement perçus comme des agents de destruction, cette étude suggère donc au contraire qu'ils auraient pu contribuer à créer les conditions nécessaires à l'apparition de la vie en multipliant les environnements propices aux réactions prébiotiques.


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