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Solvay, le groupe belge de chimie, a publié ses résultats trimestriels ce mercredi. En recul car pénalisés par la fermeture d'une importante usine au Moyen-Orient et par un marché toujours "déprimé" pour le carbonate de soude, ce qui tire les prix vers le bas alors qu'il s'agit de la spécialité du groupe. L'entreprise maintient toutefois ses objectifs annuels.
Résultats en baisse mais supérieurs aux attentes ?
Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires de Solvay s'est donc établi à 1,03 milliard d'euros, en baisse de 7,4 % sur un an. L'Ebitda (bénéfices avant intérêts, taxes et amortissements) a, quant à lui, reculé de 19,5 %, à 187 millions d'euros, tandis que le bénéfice net est tombé à 64 millions d'euros, soit une chute de près de 35 % par rapport à la même période de l'année passée (99 millions). Malgré ce repli, l'Ebitda dépasse le consensus des analystes et les investisseurs semblent rassurés puisque le titre prenait plus de 3,50 % après l'ouverture de la Bourse de Bruxelles.
"Nos résultats du deuxième trimestre reflètent un environnement économique qui demeure difficile", a déclaré le CEO, Philippe Kehren. Le patron souligne néanmoins que le groupe reste concentré sur sa transformation et confirme ses prévisions pour l'ensemble de l'année 2026, avec un Ebitda attendu entre 770 et 850 millions d'euros.
Le géant belge de la chimie Solvay inaugure en Italie une usine inédite en Europe"Nous prenons les mesures nécessaires pour améliorer nos opérations et atteindre nos objectifs", a insisté Philippe Kehren.
Le coût de la guerre ? Environ 20 millions d'euros
Le principal facteur ayant pesé sur les résultats de Solvay est donc l'arrêt, depuis mi-mars, de l'usine de peroxydes de Jubail, en Arabie saoudite, à la suite de l'escalade du conflit au Moyen-Orient et des frappes dans la région.
"Nous préparons activement le redémarrage de l'usine de peroxydes en Arabie saoudite"
Selon Solvay, cet arrêt a amputé l'Ebitda du trimestre d'environ 20 millions d'euros, soit près de la moitié du recul enregistré sur un an.
"On n'est pas du tout 'boring' !": le boss de Solvay réplique aux piques avec humour, sa marque de fabrique ?"Nous préparons activement le redémarrage de l'usine de peroxydes en Arabie saoudite et nos équipes sont prêtes à reprendre la production dès que la plateforme industrielle sera de nouveau opérationnelle", a assuré Philippe Kehren, tout en reconnaissant que plusieurs scénarios restent envisagés en fonction de l'évolution de la situation géopolitique.
Les terres rares, un pari stratégique pour l'Europe
En parallèle de ces résultats, Solvay poursuit son développement dans les terres rares, un marché jugé stratégique pour la souveraineté industrielle européenne. Pour rappel, ces éléments sont très utilisés dans tout ce qui est industrie, technologie et même défense. L'une de ces terres rares, le néodyme, est par exemple utilisée pour créer des aimants puissants, à des tailles différentes. Mais la Chine reste le premier pays producteur au monde, de très loin, ainsi que premier pays "raffineur" de ces matières premières.
Le groupe Solvay mise, quant à lui, sur l'aspect "raffinage", et annonce un investissement supplémentaire compris entre 15 et 20 millions d'euros sur son site de La Rochelle, en France, afin d'augmenter ses capacités de séparation des terres rares lourdes. Après avoir lancé, en 2025, la production de néodyme et de praséodyme, Solvay prévoit de démarrer, cette année, la séparation industrielle du dysprosium et du terbium, deux métaux indispensables aux moteurs électriques, à l'électronique, au secteur médical ou encore à l'aéronautique, civile comme militaire.
La plage blanche "idyllique" de Rosignano, la cicatrice industrielle "non toxique" de SolvayPour sécuriser ses approvisionnements, le groupe a également signé une lettre d'intention avec la société brésilienne Viridis, qui doit fournir des concentrés de terres rares à partir de 2028. D'une part, la matière première venue du Brésil et, de l'autre, la matière raffinée à plus forte plus-value, extraite en France, voilà la logique.
"Notre transformation ne vise pas uniquement à améliorer notre compétitivité actuelle. Elle prépare également notre prochaine phase de croissance. Les terres rares en sont un excellent exemple", a insisté Philippe Kehren, qui a par ailleurs salué à nouveau la décision de la Commission européenne de revoir son plan de réduction des quotas d'émissions de CO2, pour laisser aux industries un peu plus de marge pour s'adapter.
Lors de la conférence de presse, mercredi matin, il a précisé que l'objectif est de construire une chaîne de valeur européenne complète, reposant sur des contrats de long terme avec les clients afin de rentabiliser les investissements. Précisons que les sources de terres rares, la matière première, restent peu présentes en Europe, bien qu'un important gisement ait été découvert en Norvège en 2024 (hors UE donc).
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