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La guerre au Moyen-Orient fait exploser les coûts pour les fermiers canadiens

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Le prix de l’engrais a augmenté considérablement au Canada depuis les menaces de l’Iran de bloquer les bateaux qui empruntent le détroit d’Ormuz dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient, ce qui suscite des inquiétudes chez les fermiers au pays.

Codie Nagy fait partie des agriculteurs les plus affectés. L’entrepreneur fait pousser du canola, des lentilles rouges et des pois chiches sur une ferme d'environ 2850 hectares située près d’Ogema, en Saskatchewan. Il constate l’explosion des coûts d’exploitation depuis le début du conflit, à la fin février.

Les prix ont grimpé de 60 % par rapport à l’automne dernier. C’est une très grande augmentation sur les prix des intrants, et c’est substantiel, dit l’agriculteur.

Ce dernier croit pouvoir être en mesure de s’approvisionner régulièrement ce printemps, mais il aura besoin de plus d’engrais d'ici l'automne, selon ses estimations.

Ces augmentations font en sorte que les marges de manœuvre deviennent encore plus serrées. Ça ajoute du stress, convient Codie Nagy, ajoutant qu’il ne sait pas à quoi s’attendre.

Il indique par ailleurs que le prix de l’essence est appelé à augmenter, produisant un effet domino sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, car les coûts du transport des marchandises connaîtront une hausse généralisée.

L’avis des experts

Tout comme les producteurs agricoles, les experts s'inquiètent des répercussions à long terme de cette situation.

De l'avis de Stuart Person, conseiller en exploitation agricole chez la firme MNP, la prochaine année risque d’être difficile si rien n’est fait pour assurer un meilleur contrôle de ces augmentations. La hausse [du prix] du blé, du canola, du maïs, du soja pourrait compenser pour certains de ces fertilisants, a-t-il mentionné en entrevue avec CBC.

Le directeur général de l'Institut canadien des politiques agroalimentaires, Tyler McCann, abonde dans le même sens. Selon lui, le plus grand défi auquel feront face les consommateurs canadiens sera les prix en tant que tels, et non la quantité limitée des produits.

Il explique que le gaz naturel est une composante majeure dans la production d’engrais, et que la région du détroit d’Ormuz, au sud de l’Iran, abrite certaines des plus grandes réserves de gaz naturel au monde, en plus de servir de point de transit important.

Pour ce qui est de l’engrais, les prix sont réglementés à l'échelle mondiale, et lorsqu’ils augmentent, les prix au Canada suivent nécessairement la tendance.

Ce sont des substances qui ont tendance à être chères à produire, fait remarquer Tyler McCann, qui ajoute : Les infrastructures pour les construire sont assez difficiles.

Dans le passé, le Canada misait en grande partie sur des importations d’engrais provenant de la Russie, mais cela a changé depuis la guerre en Ukraine. Désormais, le Canada se fie en grande partie aux importations en provenance des États-Unis et d’Algérie, comme le souligne Tyler McCann.

Cependant, la santé financière des fermiers au pays est actuellement plus précaire qu'elle l'a été au début du conflit en Europe de l’Est, il y a quatre ans. Et les répercussions se manifestent.

Les impacts financiers se font de plus en plus sentir, et la situation est probablement la pire en 10 ans, ajoute l’expert.

Avec les informations d'Eric Stachowich

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