Les dieux de la guerre seraient sans doute comblés par les années 2025 et 2026. Selon le centre de recherche de l’Université d’Uppsala en Suède (Uppsala Conflict Data Program), le nombre de conflits armés actifs a atteint des niveaux sans précédent (65 conflits en cours) et le nombre de morts officiellement liées aux conflits en 2025 (244 600) a été le plus élevé depuis le génocide au Rwanda. Les dépenses militaires atteignent également des sommets historiques: plus de 2800 milliards de dollars en 2025 (selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm). Derrière ces gros titres, le recul de la démocratie et la polarisation sociale ont ouvert la voie à une recrudescence de la violence et de la répression politiques, dans des pays comme l’Iran, le Tchad, Haïti, la Birmanie, le Népal et ailleurs.
Mars, le dieu romain de la guerre, était un défenseur discipliné de l’Etat et incarnait les vertus militaires. A l’inverse, Arès, le dieu grec de la guerre, incarnait le désordre, le chaos et la brutalité sauvage de la guerre. Il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui, c’est Arès qui domine, comme l’illustrent parfaitement les guerres à Gaza, au Soudan et en Ukraine, avec leurs crimes de guerre, leurs victimes civiles, leurs objectifs inatteignables et leurs impasses violentes. Dans ce contexte, pouvons-nous donner un sens à la grande diversité des formes de violence et de conflits armés que nous observons aujourd’hui, et à ce que l’avenir pourrait nous réserver? Au moins trois forces importantes sont à l’œuvre.


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