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Winnipeg accueille ce dimanche le premier match de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) de son histoire, dans le cadre de la Grande Tournée. Pour la ligue, qui envisage une expansion de deux à quatre équipes dès la saison prochaine, il s'agit d'une occasion idéale de tester le marché manitobain.
Pour les joueuses manitobaines de la LPHF, Jocelyne Larocque, Raygan Kirk et Kati Tabin, il ne fait aucun doute que Winnipeg accueillera un jour une équipe professionnelle de hockey féminin.
Je suis sûre qu’il y aura une équipe de la LPHF à Winnipeg dans le futur et je pense que la ville l’accueillera à bras ouverts.
L’engouement du public à l’annonce du match positionne la capitale manitobaine parmi la liste des villes potentielles pour la prochaine expansion de la ligue.
Les billets se sont vendus très vite dès l’annonce, assure Jayna Hefford, vice-présidente et directrice des opérations hockey de la LPHF. Chaque fois que nous organisons un match, nous en apprenons beaucoup sur un marché. Et il ne fait aucun doute que Winnipeg est l'un de ceux qui ont connu du succès.
Cependant, l’enthousiasme du public n'est pas le seul facteur déterminant pour la ligue. Une dizaine de critères sont évalués, tels que les infrastructures, les inscriptions au hockey mineur, les marchés médiatiques et les partenariats potentiels avec des entreprises locales.
Même si les experts et les joueuses s’accordent pour dire que Winnipeg accueillera probablement une équipe dans le futur, d’autres villes comme Chicago, Détroit ou Edmonton semblent être des candidates plus sérieuses pour la prochaine saison.

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PWHL Takeover Tour Vancouver women hockey game LPHF grande tournee Rogers Arena Fans lphf26
Photo : Radio-Canada / Justine Beaulieu-Poudrier
La priorité numéro un : les infrastructures
Selon Karissa Donkin, journaliste pour CBC Sports, les infrastructures constituent la priorité numéro un de la ligue. Les joueuses de la LPHF doivent avoir accès à un amphithéâtre de niveau professionnel, incluant des vestiaires dédiés et un centre d'entraînement permanent.
À Winnipeg, seul le Centre Canada Vie répondrait aux ambitions de la LPHF. Un aréna universitaire ne conviendrait pas aux standards recherchés par la ligue, confirme Karissa Donkin. Or, le Centre Canada Vie accueille déjà deux autres formations professionnelles : les Jets de Winnipeg (LNH) et le Moose du Manitoba (LAH).
Selon la Manitobaine Raygan Kirk, gardienne pour les Sceptres de Toronto, les infrastructures actuelles sont insuffisantes. Elle estime qu’il serait nécessaire de construire ou d'aménager un autre aréna disposant de l’espace et de l’équipement requis pour une équipe professionnelle.
Il faudrait créer un autre aréna avec l’espace et l’équipement suffisant pour une équipe professionnelle.

Les Jets de Winnipeg et le Moose du Manitoba jouent au Centre Canada Vie. (Photo d'archive)
Photo : Radio-Canada / Prabhjot Singh Lotey
Toutefois, l’analyste et ancien vice-président des Canadiens de Montréal, Ray Lalonde, considère pour sa part qu’il est tout à fait possible de faire cohabiter trois équipes professionnelles dans un même amphithéâtre. Selon lui, le véritable enjeu réside plutôt dans les lieux d'entraînement.
Les Canadiens de Montréal ne s’entraînent pas au Centre Belle, ils ont leur propre centre d'entraînement. La plupart des équipes professionnelles ont leur propre centre d'entraînement.

Raygan Kirk, originaire de Sainte-Anne, joue pour les Sceptres de Toronto. (Photo d'archive)
Photo : Radio-Canada / ILRICK DUHAMEL
Winnipeg, un marché de taille moyenne
Pour Ray Lalonde, un autre enjeu s'avère bien plus préoccupant que les infrastructures : le marché de Winnipeg possède-t-il un pouvoir économique suffisant pour absorber une nouvelle équipe professionnelle?
Avec moins d’un million d’habitants, Winnipeg est un marché beaucoup plus restreint que ceux de Montréal ou de Toronto.
Contrairement à une ville comme Québec, la capitale manitobaine compte déjà de nombreuses franchises professionnelles solidement établies.
C'est un peu plus difficile, car ce sont souvent les mêmes personnes que l'on sollicite constamment pour acheter des billets.
Ray Lalonde se demande donc si une équipe de la LPHF serait capable de remplir l’aréna tout au long de la saison. Il souligne que même les Jets, qui disposent du plus petit amphithéâtre de la LNH, ont éprouvé des difficultés à vendre tous leurs billets l’an dernier, alors qu’ils trônaient au sommet de Conférence Ouest.
À cela s’ajoute l’argument des revenus médiatiques. Selon la journaliste Karissa Donkin, la LPHF cherche prioritairement à décrocher des contrats avec la télévision américaine, ce qui donne un avantage net aux grandes métropoles des États-Unis, comme Chicago ou Détroit.

Keira Johansson, une jeune passionnée de hockey de 18 ans, a hâte de voir les joueuses manitobaines de la LPHF s'affronter à Winnipeg.
Photo : Soumise par Keira Johansson
De nouvelles perspectives pour les joueuses manitobaines
Comme de nombreuses hockeyeuses, Keira Johansson rêve de voir une équipe de la LPHF s’installer à Winnipeg. Selon elle, une telle franchise serait une source d'inspiration inestimable pour les futures générations d’athlètes féminines.
Keira Johansson considère qu’il y a énormément de talent au sein des équipes de hockey féminin amateur de la province.
Pour les jeunes filles du Manitoba, le hockey féminin a tellement progressé par rapport à l’époque où j’ai commencé , confirme la joueuse manitobaine Raygan Kirk.
J’ai tellement de fierté pour ce sport et beaucoup d’amour pour ces filles qui jouent dans la ligue.
Pour la gardienne, l'arrivée d’une franchise au Manitoba représenterait également une occasion exceptionnelle pour la relève locale. Dans sa ville d’adoption, Toronto, l’équipe de la LPHF organise régulièrement des rencontres entre les joueuses et la communauté.
Selon Raygan Kirk, l’établissement d’une équipe à Winnipeg permettrait aux jeunes filles de bénéficier de davantage de modèles de réussite. Si tu peux la voir, tu peux le devenir , affirme la gardienne, soulignant ainsi l'importance de la représentation et de la visibilité dans le sport féminin.
Avec des informations de Brittany Greenslade


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