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La Grande-Bretagne veut construire l'installation électrique marémotrice la plus puissante au monde

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En 1966, la France se dotait de sa première usine marémotrice, située dans l'estuaire de la Rance. L'embouchure du fleuve, directement liée à la marée, sépare les communes de Saint-Malo et de La Richardais, en Bretagne. À l'origine, elle détenait le titre de plus grande usine marémotrice au monde. Depuis, elle a été détrônée par la centrale de Sihwa, en Corée du Sud. Un nouveau concurrent pourrait toutefois entrer en jeu: en Grande-Bretagne, un projet est lancé, mais rencontre des difficultés économiques, écologiques et administratives.

Aux abords de Liverpool, l'estuaire de la Mersey est quotidiennement exposé aux marées. Le fleuve se situe au nord-ouest de l'Angleterre et se jette dans la mer d'Irlande. Le média Ecoticias raconte que le barrage britannique en projet pourrait devenir le plus grand producteur d'énergie marémotrice. Ce mode de production d'électricité consiste à utiliser la force engendrée par la différence de hauteur entre la marée haute et basse.

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Le principe consiste à exploiter l'amplitude des marées, qui peut atteindre une dizaine de mètres dans la Mersey. La construction retient l'eau à marée haute avant de la laisser s'écouler à travers les turbines. Selon sa configuration, l'installation serait capable de produire de l'électricité lors des marées montantes et descendantes, jusqu'à quatre fois par jour.

Cette initiative n'est pourtant pas récente. Le projet remonte à 1924 et pourrait cependant ne pas débuter avant 2030. Sur le papier, l'objectif est de construire une centrale d'une capacité de 700 mégawatts, dotée de vingt-huit turbines. Le projet aura ainsi une capacité près de trois fois supérieure à celle de Sihwa, en Corée du Sud.

Une aide contre les inondations 

Parallèlement, le dispositif prévoit d'inclure des écluses afin que les navires continuent de circuler dans le port de Liverpool, ainsi qu'une liaison pour piétons et cyclistes. Les travaux devraient durer près d'une décennie, mais assureraient la production d'électricité pendant 120 ans. À condition que l'entreprise voie le jour. Début août, aucun tracé définitif n'a été retenu. Le projet n'a toujours pas de localisation précise et la demande d'autorisation, annoncée pour 2026, n'a pas été déposée.

Surtout, le financement nécessaire pour boucler le dossier n'est toujours pas sécurisé. Le coût de construction est estimé à environ 4,7 milliards de dollars (environ 4 milliards d'euros). Le projet permettrait la création de 3.300 emplois qualifiés. Il bénéficie d'un soutien local conséquent: la première consultation publique a recueilli 84% de réponses favorables. Face à l'urgence climatique, un argument joue en sa faveur: un barrage de ce type offre une protection importante face aux inondations, en particulier avec la montée des eaux.

En revanche, la société royale pour la protection des oiseaux souligne que l'estuaire de la Mersey accueille plus de 100.000 oiseaux d'eau. Elle s'inquiète des conséquences du barrage sur cet écosystème fragile. Mais pour l'instant, c'est surtout vers la (future) approbation de ce grand projet que les regards se tournent.

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