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Une marée orange s’est emparée des rues de Gaspé, où un millier de personnes ont marché en l’honneur des survivants des pensionnats pour Autochtones, des enfants disparus et leurs proches. Comme un peu partout au pays, cette marche était organisée pour la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, en ce 30 septembre.
La cheffe de la nation mi’gmaw de Gespeg, Céline Cassivi, se réjouit de voir autant de gens de tous les âges prendre part à ce rassemblement annuel. Elle voit dans la participation des jeunes le fruit d’un travail d’éducation.
De voir que les professeurs prennent le temps d’enseigner l’histoire des peuples autochtones aux jeunes, qui sont notre futur, je trouve ça extraordinaire, confie Mme Cassivi.
Même si nous n’avons pas vraiment vécu les pensionnats, nous sommes extrêmement solidaires des autres communautés qui vivent avec les répercussions et toutes les conséquences de cette histoire-là.

Céline Cassivi est la cheffe de la nation mi'gmaw de Gespeg.
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
Ce témoignage résonne chez David Jeannotte, membre de la communauté mi’gmaw de Gespeg. C’est une cause qui tient à cœur. Il ne faut pas oublier non plus ce qu’il s’est passé, et ça fait du bien de voir autant de jeunes justement qui participent à ce mouvement-là, soutient-il.

David Jeannotte est membre de la nation de Gespeg.
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
Marcher pour ne pas oublier
À Gesgapegiag, une marche a été organisée à partir de l’école de la communauté jusqu’au site de rassemblement du Mawiomi.
Aujourd’hui, nous avons marché pour leur rendre hommage et nous souvenir d’eux. Nous ne voulons pas oublier ce qu’ils ont vécu, pour que la même chose n’arrive pas à nos enfants et à nos petits-enfants, mentionne William Jerome, membre de la communauté.

William Jerome est enseignant de la culture autochtone à l’école Wejgwapniag de Gesgapegiag.
Photo : Radio-Canada / Julien Gautrot
Nous célébrons le fait que les enfants sont maintenant en sécurité… enfin, la plupart d’entre eux, et aussi que nous pouvons tous être ensemble, mentionne la jeune Adele Garrett.

Adele Garrett est membre de la communauté de Gesgapegiag.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Des activités comme de la danse et de chants traditionnels se sont tenues après la marche. Pour Madeleine Condo, qui enseigne les arts dans la communauté, les chants permettent d’honorer ses ancêtres.
Avec le tambour, nous rendons hommage aux ancêtres. Nous chantons toujours un chant d’honneur et nous leur demandons de venir auprès de nous, pour que tout le monde soit en paix, indique-t-elle.
Les propos de William Jerome, Adele Garrett et Madeleine Condo ont été traduits de l’anglais.
Au-delà de cette journée, la réconciliation passe aussi par une collaboration entre les peuples, estime le député du Bloc québécois Alexis Deschênes, présent à la marche à Gaspé.
Il cite notamment la participation des Premières Nations à l’industrie des pêches et aux projets éoliens en Gaspésie.
Cette politique publique du gouvernement fédéral leur a fait beaucoup de tort, c’est absolument affreux, mais ça fait partie de notre passé et la moindre des choses, c’est qu’on le reconnaisse et on leur dit qu’on est avec eux pour la suite des choses, ajoute le député fédéral de Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine–Listuguj.

Un millier de personnes ont marché mercredi à Gaspé à l'occasion de la Journée de la vérité et de la réconciliation.
Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat
Depuis 2021, le 30 septembre est un jour férié fédéral, mais il ne l’est toujours pas au Québec.
Malgré tout, en Gaspésie, les trois communautés mi’gmaw — Gesgapegiag, Listuguj et Gespeg — continuent de faire vivre cette journée de mémoire et de réflexion.
Avec les informations de Gala Dionne et de Martin Toulgoat


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