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Des films québécois, des paysages de la Gaspésie et des accents des Îles-de-la-Madeleine résonnent jusqu’en Lozère, dans le sud de la France. Jusqu’à dimanche, le festival de cinéma Vues du Québec anime un village situé au cœur du parc national des Cévennes.
Si l’événement met des films québécois chaque année à l’honneur, cette édition se consacre à notre région.
La municipalité hôtesse du festival, Florac-Trois-Rivières, est habitée par près de 2000 personnes. Elle est la porte d’entrée des gorges du Tarn et se situe au cœur du parc national des Cévennes, un des seuls de France où peuvent vivre des habitants.

Depuis 2020, chaque édition du festival Vues du Québec est consacrée à une région de la province.
Photo : Crédits de Moïse Marcoux-Chabot
Des régions cousines
Comment en vient-on à projeter du cinéma québécois dans une région rurale du sud de la France? On a les mêmes réalités, répond Guillaume Sapin, directeur du festival Vues du Québec.
Il souligne des densités de population similaires avec le Québec. Par exemple, près de 75 000 habitants résident dans le département de la Lozère, contre près de 90 000 personnes en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
On sait ce que c'est une réalité de région, d'éloignement des grands centres urbains : les problématiques liées à la distance, au tourisme, à tout un tas de sujets qu'on retrouve des deux côtés de l'Atlantique, ajoute-t-il.

Guillaume Sapin est directeur et coprogrammateur du festival Vues du Québec, à Florac.
Photo : Festival Vues du Québec
Le public d'ici se retrouve vraiment dans les thématiques qui sont abordées dans les films de la Gaspésie.
Les films sont plus difficiles à produire en région, rappelle M. Sapin. Chez nous non plus, on n'a pas de grosses boîtes de production. Les tournages en région, ça coûte cher.
Par ailleurs, des jumelages historiques existent entre les Cévennes et la belle province depuis les années 1980. C’est le cas du parc national du Fjord-du-Saguenay et de la municipalité de L’Anse-Saint-Jean.

Le village de Florac est situé au cœur du parc national des Cévennes, en Occitanie. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté - Dominic Leclerc
La programmation fait écho
La 17e édition de Vues du Québec offre une programmation très diversifiée : 102 films, courts, longs-métrages et documentaires y sont présentés jusqu’à dimanche. Une partie du programme se consacre à l’Est-du-Québec.
C’est le cas de L'Aventurine de Carlos Ferrand, récemment primé au festival de documentaire de Gaspé, Vues sur mer. Le film Capitaine, réalisé par William Mazzoleni-Valin, est aussi en compétition.
D’autres productions, comme Le cul pointu de Marie-Christine Lavoie et James Gray ou Les copains d'abord, se consacrent aux Îles-de-la-Madeleine.

L’invitée d’honneur de la 17e édition de Vues du Québec est l’actrice et réalisatrice Micheline Lanctôt. La vraie nature de Bernadette, de Gilles Carles, était diffusée pour l’occasion.
Photo : Vues du Québec
Le festival accueille une trentaine d’invités du Québec, dont l’actrice et réalisatrice Micheline Lanctôt, dont l'événement souligne ses quarante ans de carrière.
Mais des visages de la relève gaspésienne ont aussi fait la route. C’est le cas du réalisateur Antony Boudreau Savoie, originaire de Saint-Omer. Il y présente, en première, son long-métrage documentaire Y'a pas juste la mer.
J'avais l'envie de retourner sur ma terre pour prendre un peu le pouls de la jeunesse d'aujourd'hui, raconte-t-il sur son film, dressant un portrait des adolescents de la Baie-des-Chaleurs.
Donner une image de la Gaspésie, qui est autre que touristique, avec des adolescents qui vivent le territoire avec ses limites et ses avantages.

La 17e édition du festival Vues du Québec s'est ouverte avec un tintamarre, mardi, à Florac, dans le sud de la France.
Photo : Gracieuseté de Moïse Marcoux-Chabot
Inspirer le public français
Parmi les autres projections gaspésiennes, Vues du Québec présente le projet Ramaillage de Moïse Marcoux-Chabot. La série documentaire, sortie en mars 2020, dessine une réflexion sur l’agriculture et l’autonomie alimentaire.
Le matériel du réalisateur a d’ailleurs permis d’offrir de la médiation culturelle dans la région française, et ça, il s’en réjouit. Cette initative lui a donné l'occasion de voir comment les gens peuvent se reconnaître en miroir avec la Gaspésie.
Je trouve ça très touchant qu’une série qui est très locale, propre à la Gaspésie, quelques années plus tard, puisse raisonner ici, dans les Cévennes.

Les six épisodes de la série Ramaillages, de Moïse Marcoux-Chabot, ont été produits par l’Office national du film du Canada, avant la pandémie. (Photo d'archives)
Photo : David Gingras ( ONF)
L’organisation de Vues du Québec espère atteindre 3000 festivaliers cette année, incluant des cinéphiles du milieu français, québécois et des visiteurs du sud de la France. Le festival se poursuit jusqu’au 19 avril.


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