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Quelques heures avant le du botté d’envoi qui a lancé la 60e finale du championnat de la Ligue américaine de football, qui oppose les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et les Seahawks de Seattle, les restaurateurs de Sherbrooke s’affairaient à leurs derniers préparatifs.
À la brasserie La Cage de Sherbrooke, même plus besoin de publiciser l’événement : il affiche déjà complet.
On est très prêts!, affirme le directeur, Jérôme Mingot.
Selon lui, le Super Bowl permet de rejoindre différentes clientèles, notamment grâce au spectacle de la mi-temps, mais l’ambiance est la même.

Jérôme Mingot est directeur de La Cage Sherbrooke.
Photo : Radio-Canada / Laurence Frappier
C’est vraiment attendu comme LA soirée, parce que c’est la finale du football, c’est la mi-temps, le spectacle, la bonne ambiance, la bonne humeur.
D’un imprévu à un renouveau
À quelques mètres de là, au Bâton Rouge Sherbrooke, l’ambiance des préparatifs est plutôt à la fébrilité. L’an dernier, le restaurant avait reçu 31 personnes pour le visionnement du Super Bowl. Cette année? 130 réservations.
La demande était plus forte que prévu, alors on a adapté!, raconte Anthony Masecchia. L’opérateur chez Bâton Rouge Sherbrooke est au travail depuis 4 h 30 dimanche matin pour tout mettre au point.

Des téléviseurs et des projecteurs ont été installés spécialement pour la diffusion du Super Bowl LX.
Photo : Radio-Canada / Laurence Frappier
On a mis plus de staff dans la cuisine, plus de staff dans la salle, on a fait un plat spécial pour le football, on a fait une collaboration avec l’Université de Sherbrooke où on va donner des prix comme des chandails de football et des billets, on a rentré une petite station de popcorn… Des téléviseurs plus grands ont même été achetés spécialement pour l’occasion.
La vision d’Anthony Masecchia, sans souhaiter devenir un centre sportif, dit-il, est de se diversifier et d’accueillir plus d’événements.

Anthony Masecchia a décoré le restaurant à l'occasion de la diffusion de la partie.
Photo : Radio-Canada / Laurence Frappier
Sa mère et son beau-père ont bâti le restaurant il y a 18 ans. Matty, mon beau-père, est décédé au mois de février l’année passée. Et lui, dans ses 60 ans de métier en restauration […] il disait toujours : "tu ne contrôles pas la porte". Le monde rentrait. Mais aujourd’hui, j’ai vu que, si tu ne vas pas chercher du monde, ça ne rentre pas assez.
J’ai pris des mesures pour aller chercher plus de clients en allant frapper aux portes.
La succursale a organisé son premier événement à 200 personnes en décembre. Elle recevra un mariage en juillet. Elle s’est lancée aussi dans la confection de boîtes-repas.
Dans la cuisine, si on regarde les nouvelles, c’est très difficile aujourd’hui, explique Anthony Masecchia, soulignant la nécessité de cette diversification. Pour se distinguer des autres restaurants, il souhaite avoir une approche plus signature.
C’est beaucoup plus personnalisé. J’ai à peu près 10 pages de questions que je demande, et je vais offrir presque n’importe quoi qui est possible, explique-t-il.
Avec les gens qui se présentent sans réservation, Bâton Rouge pourrait accueillir 180 ou 200 amateurs de football – et/ou de bonne bouffe – ce soir.
La mi-temps, un message assez fort de diversité
La présence de Bad Bunny au spectacle de la mi-temps crée une onde de fierté dans la communauté latino-américaine qui résonne jusqu’en Estrie. Pour le Sherbrookois d’origine péruvienne Pedro Flores, c’est symboliquement très fort.
C’est une façon de réitérer l’identité de la communauté latino-américaine, dans un contexte où il y a beaucoup d’intolérance, de situations tendues, aux États-Unis, souligne celui qui est installé à Sherbrooke depuis près de 21 ans.

Bad Bunny lors de la 68e remise des prix Grammy le 1er février.
Photo : Getty Images / Amy Sussman
Bad Bunny a accepté l’invitation au Super Bowl malgré le fait qu’il a choisi de ne présenter aucun spectacle de sa tournée aux États-Unis. Pedro Flores estime que c’est à cause de la portée de cette manifestation sportive et culturelle, à quelque part.
Je pense qu’il a fait ce choix-là pour manifester que le racisme, la violence, il n’y a pas de place pour ça dans la société américaine, et mondiale.
Le Sherbrookois d’origine péruvienne a plusieurs amis qui résident dans les États de New York, de la Floride et du Texas, qui sont habités par une tension constante, et ce même si ce sont des gens qui ont déjà leur citoyenneté américaine.
Mais cette inquiétude ne se propage pas jusqu’au Québec, selon lui.
La communauté sherbrookoise, le Québec en général, c’est une communauté très accueillante, très respectueuse et très tolérante. Malgré que nous sommes très proches physiquement et géographiquement, et même parfois culturellement des États-Unis, ça ne veut pas dire que nous sommes pareils, souligne Pedro Flores.
C’est vraiment une belle communauté dynamique. Ici, à Sherbrooke, il y a beaucoup de communautés, par exemple colombienne, péruvienne, brésilienne, qui font tout le temps des activités, ils sont des bons voisins, des gens qui travaillent fort.
Il y a fort à parier que les chansons de Bad Bunny résonneront fort dans plusieurs de ces foyers, vers 20 h dimanche soir.


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