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Le projet doit permettre de doter les armées française et allemande d’un nouveau char à l’horizon 2040.

SAKIS MITROLIDIS / AFP
Le char Leclerc, utilisé actuellement par l’armée française, cédera d’ici quelques années sa place à un tank d’un genre nouveau et conçu en étroite collaboration entre la France et l’Allemagne.
Après le naufrage du Scaf, programme emblématique de l’avion du futur emporté par les rivalités industrielles, la France et l’Allemagne ont conclu, ce lundi 22 juin, un accord sur la stratégie et la gouvernance « paritaire » du groupe franco-allemand KNDS, au cœur du projet de char du futur MGCS.
Celui-ci doit permettre aux deux armées de se doter d’un nouveau char à l’horizon 2040. Le MGCS est censé succéder au Leopard 2 allemand et au Leclerc français et est présenté comme un programme reposant sur un intérêt stratégique des États avec un industriel désireux d’avancer.
« Avec l’Allemagne, nous posons aujourd’hui un acte majeur de souveraineté pour notre défense. En renforçant ensemble KNDS, nous donnons à nos armées les moyens de se défendre, de produire et d’innover par elles-mêmes », a commenté sur X Emmanuel Macron.
L’annonce intervient alors que plusieurs voix, parmi lesquelles le patron du géant allemand de l’armement Rheinmetall Armin Papperger, avaient spéculé sur un possible désengagement français du MGCS. Mais, aux termes de l’accord entre les deux gouvernements, la France et l’Allemagne se sont engagées à « devenir coactionnaires, à travers des transactions visant à un actionnariat paritaire entre les deux pays ».
Un acteur clé de l’industrie européenne de défense
Créé en 2015 par la fusion du français Nexter, alors détenu par l’État français, et de l’allemand KMW, propriété de la famille Bode-Wegmann, KNDS est l’un des acteurs clés de l’industrie européenne de défense terrestre face à la concurrence américaine.
L’Etat français détient actuellement 50 % du capital tandis que Berlin va monter à 40 %, les deux gouvernements futurs coactionnaires visant à terme « un actionnariat paritaire », selon le communiqué.
Cette participation dans KNDS va permettre de « sécuriser des technologies clés, de la valeur industrielle et des emplois en Allemagne », a commenté la ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche. C’est « une étape décisive pour nos armées, nos emplois industriels et l’autonomie stratégique de l’Europe », ont réagi les ministres français des Armées Catherine Vautrin et de l’Économie Roland Lescure.
KNDS fournit aux armées des chars de combat, des véhicules blindés de transport de troupes, des canons Caesar, très prisés en Ukraine ainsi que des ponts portables et des véhicules robotisés.
Vers l’une des plus importantes introductions en Bourse en Europe
Les négociations entre l’Etat allemand et Wegmann & Co., la holding regroupant les propriétaires familiaux de KNDS, avaient auparavant achoppé sur la question du prix d’entrée en Bourse dont le calendrier n’a pas été dévoilé. Des dissensions internes ont également eu lieu au sein du gouvernement concernant la taille de la participation, certains plaidant pour un investissement plus modeste, à hauteur de 30 %.
Côté français, on insiste que l’accord repose sur une « parité parfaite » entre Paris et Berlin, en ajoutant qu’une future introduction en Bourse pourrait diluer la participation française.
L’accord scellé par Paris et Berlin reste toutefois soumis à l’approbation du Parlement allemand, la commission budgétaire du Bundestag devant se prononcer mercredi sur la question. Interrogé sur le prix de l’opération, le porte-parole du gouvernement allemand, Stefan Kornelius, a refusé d’avancer un montant.
L’accord ouvre la voie à KNDS, dont le siège est à Amsterdam, à l’une des plus importantes introductions en Bourse en Europe ces dernières années. L’opération valoriserait KNDS entre 15 et 18 milliards d’euros, écrit Bloomberg, avec une cotation envisagée à Paris et Francfort.
Outre KNDS, l’allemand Rheinmetall et le groupe français Thales participent au projet MGCS. La semaine dernière, KNDS a par ailleurs dévoilé son char de transition baptisé Capint, destiné à remplacer le français Leclerc à horizon de 2035 en attendant MGCS, au salon mondial de défense Eurosatory.


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