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Après des années d’appropriation commerciale de son histoire, la fondatrice de la société de la Journée du chandail orange, Phyllis Webstad, a ouvert un kiosque à Kamloops, en Colombie-Britannique, pour vendre les produits orange floqués du message phare « chaque enfant compte ».
Devenue symbole de la dépossession de la culture, de la liberté et de l’estime de soi dont ont été victimes les enfants autochtones pendant plusieurs générations, la Journée du chandail orange trouve son origine dans l’histoire de Phyllis Webstad.
Alors âgée de six ans, elle a été retirée de sa communauté Dog Creek de la Première Nation Stswecem'c Xgat'tem pour être envoyée à un pensionnat pour Autochtones. Lors de son premier jour, le t-shirt orange que sa grand-mère lui avait offert lui a été arraché.
Je ne l’ai plus jamais porté. Je ne comprenais pas pourquoi on ne voulait pas me le rendre , raconte Phyllis Webstad sur le site Internet de la Société. J’avais l’impression de n’avoir aucune valeur.
Le partage de son histoire en 2013 s’est transformé en journée de commémoration le 30 septembre, date à laquelle les enfants autochtones étaient généralement arrachés à leurs familles pour être envoyés en pensionnats.

Ce kiosque au centre commercial Aberdeen de Kamloops vend les produits officiels de la Société de la Journée du chandail orange, fondée par Phyllis Webstad.
Photo : Cindy Middleton
Si cette date est aussi devenue la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, Phyllis Webstad a constaté que de nombreuses personnes et entreprises profitent du chandail orange sans aucun bénéfice pour les Premières Nations.
Dix minutes de recherche en ligne lui ont suffi pour trouver des centaines de produits estampillés chaque enfant compte , mais provenant d’une dizaine de pays différents.
Le but n’est pas d’arrêter les gens d’utiliser [la phrase] "chaque enfant compte". Le but est de stopper ces personnes de pays étrangers qui en profitent sans égard pour l’histoire, explique-t-elle.

Les magasins Walmart vendaient ainsi des chandails orange à l'occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation en 2025.
Photo : Radio-Canada / Lindsay Gueï
Les profits du kiosque seront versés à la fois à la Société de la Journée du chandail orange et à Phyllis Webstad. Le kiosque au centre commercial Aberdeen de Kamloops se transformera en commerce plus permanent en novembre.
Négationnisme toujours présent
Mme Webstad a rapporté à CBC News que des employés du kiosque s’étaient fait interpeller par une personne niant l’existence de sépultures anonymes sur les sites d’anciens pensionnats pour Autochtones.
Plus tôt ce mois-ci, un rassemblement du groupe nationaliste Second Sons est survenu près des terres de la Première Nation Tk’emlúps te Secwépemc.
La cheffe (Kukpi7) Rosanne Casimir a souligné que ce rassemblement était un exemple de racisme et de négationnisme à l’approche des Journées du chandail orange et de la vérité et de la réconciliation.
Cela nous rappelle à quel point ce travail est important, a-t-elle affirmé.
D’après un article (nouvelle fenêtre) d’Arden McLeod


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